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dimanche 21 septembre 2025

Le 22 septembre 2025, la République française reconnaît la Palestine comme État

Pour ceux souhaitant que l'accumulation organisée de timbres et l'étude du service postal reste un loisir et veulent collectionner en paix, veuillez passer à un autre article.


 Demain, lundi vingt-deux septembre 2025, la République française par l'intermédiaire de son président Emmanuel Macron reconnaîtra l'État de Palestine dans le cadre de la quatre-vingtième Assemblée générale des Nations unies, au siège de l'organisation à New York.

Cette semaine à venir, l'Assemblée générale entre dans sa « Semaine de haut niveau », comprendre en présence des chefs d'État et de gouvernements pour tenter de conclure des négociations dans des domaines multiples (guerre et paix, santé et éducation, environnement, etc.) préparées par les ministres, ambassadeurs et autres représentants des États membres au quotidien des relations diplomatiques.


Dès les années 1980, quand les États arabes voisins d'Israël et des Territoires occupés, et accueillant encore aujourd'hui des camps de réfugiés palestiniens, ont cessé la guerre contre leur nouveau riverain, l'Organisation de libération de la Palestine (O.L.P.), dirigée par Yasser Arafat, avait pris le relai, mêlant terrorisme, militantisme populaire et diplomatie.

Le quinze novembre 1988, à Alger, le Conseil national palestinien avait déclaré l'indépendance de la Palestine. À cette époque, les pays du Bloc communiste, la majorité de ceux d'Asie et d'Afrique avaient reconnu immédiatement le nouvel État, suivis dans les années 2010 par l'Amérique latine, sortie des dictatures militaires.

Si les évolutions politiques et électorales, voire la crainte des dirigeants actuels des États-Unis, ont fait varier le vote à l'Assemblée générale des Nations unies des pays d'Europe de l'Est et d'Amérique du Sud, la colonisation violente acceptée par l'État de la Cisjordanie et le règlement du cas du Hamas par l'anéantissement matériel et humain de la bande de Gaza décidés par le gouvernement israélien  depuis les massacres dans le sud d'Israël du sept au neuf octobre 2023 entraînent une mobilisation d'une partie des opinions publiques et de gouvernants dans le monde.

N'ayant pas oublié la colonisation britannique pour l'Irlande et la dictature franquiste pour l'Espagne, des habitants et dirigeants de ces deux pays rappellent que, depuis 1945, l'extermination tous azimuts des civils pour éliminer une menace précise n'est pas acceptable.

Bloc de timbres en l'honneur de Jacques Chirac, émis par la poste de l'Autorité palestinienne, en février 2005 (via le site zobbel.de).

Évidemment, en plaçant la loupe sur les agitations médiatiques de chaque pays, les morts, prise d'otages et souffrances des civils israéliens, touristes et travailleurs migrants en octobre 2023, et celles des générations successives de Palestiniens de 1948 aux morts et souffrances actuelles, sont caricaturées entre politiciens et éditorialistes en vue des élections suivantes.

Non, les guerres civiles du Soudan et de l'est du Congo ne sont pas oubliées (dont les actions en douce des Émirats arabes unis - ah, le rôle des influenceurs fric et fashion à Dubaï - et du Rwanda), ni le fait que les putschistes sahéliens préfèrent lutter seuls contre les groupes djihadistes (en ajoutant les exactions des mercenaires russes pour leurs concitoyens ou pour cacher d'autres raisons ?). L'hebdomadaire The Continent ou les chaînes internationales (comme RFI) le montrent à chaque article et reportage.

Sans compter les philosophes français d'opérette qui estiment que tout Gazaoui est un membre du Hamas ayant mérité son sort... L'influence du groupe islamiste (comme celle des mesquineries contagieuses de Donald Trump) peut rappeler l'importance du Parti nazi et la passivité-profitabilité de la majorité des Allemands des années 1930.

Mais, depuis 1945, on aurait pu espérer que l'Israël du vingt-et-unième siècle avait les moyens de renseignement (Pegasus ?), technologiques et logistiques (bipeurs au plastic ?) pour éliminer les chefs et relais principaux de ce groupe sans avoir à réinventer les ghetto nazis ou le gouvernorat général de Varsovie.

Ah, les drapeaux nationaux, leur symbolique,... Mais, oh ! C'est quoi cet ordre des couleurs !
Timbre des États-Unis pour le bicentenaire de la Révolution français (via Mystic Stamp).

Une fois dépassées les comparaisons avec d'autres conflits (pour lesquels les bonnes volontés de l'Union africaine et des puissances régionales s'épuisent comme celles des pays européens face à la guerre en Ukraine), le dernier « doigt du sage » en France est le débat absolument vital pour les Gazaouis, Palestiniens et Israéliens, la paix dans le monde, et le passage de nos âmes au Paradis :


Puisque le chef de l'État reconnaît un nouvel État,
les élus ont-ils le droit de pavoiser les hôtels de ville du drapeau dudit État ?
Voire de quel n'importe quel drapeau étranger ?


Entre symbole de solidarité et d'appel au public pour les uns, croyance qu'un bout de chiffon n'a aucune influence sur les événements pour d'autres, ou, au contraire pour certains, fantasme d'islamisation des esprits de montrer un drapeau étranger sur un bâtiment républicain...

En France, depuis le Onze-Septembre 2001, avons-nous dans les émotions des grandes tragédies trop abusé de slogans faciles et de mots-dièses au lieu de réflexions et d'actions concrètes pour aider immédiatement et assurer un mailleur avenir : « Nous sommes tous Américains » ne justifie pas l'invasion de l'Irak en 2003 ayant ouvert grand la porte à Daesh, le « Je suis Charlie » de la liberté d'expression en 2015 mais pas jusqu'à soutenir l'intolérance (non, Voltaire ne le croyait pas non plus),...

Et donc, au lieu de s'enquérir des civils victimes en 2003, pourquoi leur gouvernement n'était pas prêt, pourquoi des Gazouis ont célébré ; au lieu de cibler des meneurs-clés et des membres convaincus plutôt que frapper aux missiles en zone urbaine,... chamaillons-nous sur les drapeaux au fronton des mairies (Ukraine, Israël, Palestine, des Fiertés, de la région d'identité reprise de l'Ancien Régime, etc.).

Les mêmes commentent déjà le manque de francité des binationaux ou biculturels montrant des drapeaux étrangers dans les stades, les cortèges de mariage, les manifestations... Et toujours contre les mêmes pays partageant les couleurs panarabes.


De mon petit et insignifiant coin philatélique, je propose d'afficher ou projeter le portrait de Jacques Chirac (1932-2019) sur fond de drapeau palestinien, mis en timbre par la poste de l'Autorité palestinienne, émis en février 2025, dans le cadre de la série « Les Amis de la paix ».

Le vingt-deux octobre 1996, en imposant qu'il visite la vieille ville de Jérusalem, le président de la République française avait vertement rappelé à l'ordre les services de protection israélien qui empêchaient avec brusquerie les habitants palestiniens de pouvoir s'approcher. Déjà Netanyahou au pouvoir.


Tous les problèmes du monde sont anciens, les solutions idéales sûrement des fantasmes de jeunes écolo-gauchistes-woke - expressions rappelant l'accusation de « judéo-bolchévisme » d'antan.

Les solutions actuelles une relance de la barbarie humaine pour plusieurs décennies. Et je ne parle pas seulement de Gaza, du Soudan, de Goma, mais aussi du professionnalisme pantouflards je-retourne-ma-veste des politiciens jusqu'à ce que la sagesse ou l'inhumanité les touche, et donc des inégalités à toutes les échelles, et du changement climatique face à des capitalistes bourgeois aveuglés et aveuglants.



dimanche 1 décembre 2024

"With Gaza" : émission commune des postes arabes

 Découverte sur le réseau social X (moribond Twitter), plusieurs postes de pays arabes ont émis les vingt-huit et vingt-neuf novembre 2024, un timbre à l'illustration commune en soutien aux civils de Gaza, subissant depuis octobre 2023 une offensive anti-terroriste de l'armée israélienne devenue depuis une vengeance divine ? Un crime de masse ? Un nettoyage ethnique ? Un génocide ?

L'annonce de l'émission With Gaza par la poste de Jordanie.

Avec pessimisme de ma part : un nouvel épisode de la cruauté humaine accompagnée d'un nouveau moment d'aveuglement d'autrui. Les Occidentaux menacent sans action, ni effet de ne plus autoriser les exportations d'armes vers Israël ; l'Iran titille Israël par l'intermédiaire de ses groupes alliés paramilitaires à Gaza et au Liban, et son allié le dictateur syrien ; et les pays arabes alentours en sont à accueillir des discussions confidentielles et à émettre un timbre-poste.

L'annonce de l'émission With Gaza par la poste d'Algérie.

D'après la mention marginale en alphabet latin du timbre marocain, l'illustration commune est créée par Maran H. Al-Mazahreh.


L'annonce du timbre With Gaza par la poste du Maroc.

Une enfant, portant un keffieh blanc et noir, regarde, à travers un trou dans un mur d'immeuble bombardé, flotter le drapeau palestinien dans un ciel bleu, accompagné de trois colombes blanches.

Chaque élément est un symbole d'après le communiqué du Ministère de la poste et des télécommunications d'Algérie : de la souffrance vers la justice et l'histoire millénaire de la population de la Palestine.

L'annonce du timbre With Gaza par la poste du Qatar.

Le sujet étant diplomatiquement difficile, j'ai remarqué que le compte X de la poste du Qatar place le timbre à l'unité et en bloc en minuscule sur l'image d'illustration. De plus, contrairement aux autres émissions philatéliques, pas de photographies d'officiels en cérémonie premier jour pour ce timbre - diplomatie ou respect du deuil.

L'annonce du timbre With Gaza par la poste de la Tunisie.

Le vingt-neuf novembre est, depuis 1978 suite à un vote de l'Assemblée générale des Nations unies, la Journée internationale de la solidarité avec le peuple palestinien.

À l'écriture de cet article, le dimanche premier décembre vers dix-neuf heures de Paris, voici les pays que j'ai trouvés par moi-même (détails techniques via les vendeurs eBay ; * : différence avec la source suivante) :

- Algérie (communiqué de presse en anglais du Ministère de la poste et des télécommunications),

- Jordanie,

- Maroc,

- Qatar,

- Tunisie* (non citée par Richard Zimmermann ; feuille de vingt timbres).

Le blog Joint Stamp Issues de Richard Zimmermann, à la page des nouvelles de novembre 2024, signale une liste des pays (en anglais ; *différences entre les deux listes) :

- Algeria, 

- Egypt*, 

- Iraq* (dont la majorité gouvernementale est chiite actuellement), 

- Jordan, 

- Libya* (où le conflit civil se refroidit lentement, mais avec toujours deux entités face à face), 

- Morocco, 

Le feuillet With Gaza de la poste d'Oman.

- Oman (feuille de huit timbres et un bloc-feuillet), 

- Palestine* (ou ce que l'Autorité palestinienne parvient à tenir en Cisjordanie face aux colons israéliens),

- Qatar

- Syria* (voir ci-dessous).


Illustration du timbre With Gaza émis le sept octobre 2024 par la poste de la Syrie.

Ainsi que la poste de Syrie a émis deux timbre dès le sept octobre 2024... le jour anniversaire des massacres par le Hamas dans le sud-ouest d'Israël, provoquant la guerre qui s'ensuit depuis.

Avec la prise d'Alep ces derniers jours par les groupes rebelles et la fuite du président syrien à Moscou... il semble y avoir un retour de karma pour un des alliés du Hamas gazaoui.[1]

Sur eBay, le timbre ici illustré est vendu soixante dollars des États-Unis, plus cent les deux timbres sur enveloppe premier jour.


Note du huit décembre 2024 :

Karma tel que le président Bachar el-Assad a fui le pays et que son Premier Ministre organisait avec l'armée rebelle le transfert de pouvoir ce week-end des sept et huit décembre 2024.

dimanche 29 octobre 2023

Soutien philatélique à Gaza en Jordanie

 Ce vendredi vingt-sept octobre 2023, la Société philatélique et numismatique jordanienne tenait une vente aux enchères de bienfaisance : ses bénéfices contribueront au soutien de la population civile de Gaza, victime actuellement d'une violente opération militaire israélienne en représailles des barbares massacres de civils commis par les combattants du Hamas dans plusieurs localités d'Israël, le samedi sept octobre dernier.

Timbre de Jordanie de 1991, surchargé en soutien à la résilience de Gaza en octobre 2023 (page Facebook de la Société).

La vente était accompagnée par Jordan Post, l'opérateur public jordanien, qui a réémis avec surcharge deux timbres-poste et proposés une oblitération premier jour tricolore palestinienne au slogan "Gaza Resilience 2023".

Le timbre de 1991 illustrait la (première) intifada (soulèvement, résistance en arabe) de 1987 au début des années 1990, dont l'image médiatique fut des jeunes enfants et adolescents des Territoires occupés lançant des pierres vers les soldats et les chars de Tsahal, l'armée israélienne.

Si une colombe semble espérer la paix, la nécessité de la violence populaire pour l'obtenir et la carte d'une Palestine unie donne la direction espérée par le pouvoir jordanien de l'époque.

Timbre de Jordanie de 2003, surchargé en soutien à la résilience de Gaza en octobre 2023 (page Facebook de la Société).

Le second timbre de 2003 représente l'arc de triomphe dédié à l'empereur romain Hadrien, un vestige du site de Gérasa, à Jaresh, au nord de la Jordanie.

Pourquoi ce timbre ? Seulement mes suppositions : largement disponible en stock, le symbole du triomphe, le rappel de la tolérance jordanienne contre l'intolérance d'autres acteurs : Daech avait détruit nombre vestiges et statues à Palmyre, en Syrie. La première émission de Jordan Post de 2024 sera consacrée d'ailleurs à « la coexistence interconfessionnelle en Jordanie »...

... après de nombreuses images troublantes à Jérusalem (crachats de juifs orthodoxes sur des pèlerins chrétiens) et en Cisjordanie (de plus en plus fréquentes confiscations de propriétés palestiniennes par des citoyens israéliens), et les horreurs commises par le Hamas d'une part et aveuglément par les gouvernements de Benyamin Netanyahou d'autre part.

Il ne faut pas omettre dans ce geste l'hypothèse de la politique intérieure jordanienne : présence des réfugiés palestiniens et leurs descendants dans le pays, une opinion publique appelant à la remise en cause du traité de paix avec Israël de 1994 - alors que celui-ci garantit une quantité d'eau du Jourdain à la Jordanie -, etc.


Sources :
- page Facebook de la Société philatélique et numismatique jordanienne par ici,
- page de Jordan Post sur Facebook par là.
Sur Twitter, @mfgahtany, membre de la Société philatélique saoudienne, permet de suivre nouvelles émissions de timbres autant que les événements philatélique des pays arabes et d'Asie.