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dimanche 5 avril 2026

Initiation aux sciences de l'archéologie au musée Unterlinden de Colmar

 À Colmar, en Alsace, le musée Unterlinden existe depuis 1853 au sein d'un ancien couvent féminin, dont les religieuses furent expulsées pendant la Révolution française, avant que le projet muséal sauve le bâtiment, ses éléments archéologiques, et le patrimoine matériel religieux confisqué.

Il a été enrichi dans de nombreux domaines : archéologie du Haut-Rhin, arts décoratifs et religieux d'Alsace, un cabinet de gravures modernes, des peintures du dix-neuvième siècle à nos jours, des œuvres au crayon, etc. Et surtout, restauré récemment et exposé de manière à la voir en entier : le retable d'Issenheim de Matthias Grünewald (début seizième siècle), parmi plusieurs autres retables.

Le Char de la mort de Théophile Schuler, de 1851 (photographie de Gzen92, via la base documentaire libre de droits Commons de Wikimedia).

Deux moments marquants pour moi, dont un lié aux collections de ce blog, parmi les nombreux objets et œuvres.

D'abord, la découverte du grand tableau de 1851 du Strasbourgeois Théophile Schuler, Le Char de la mort qui exprime magnifiquement, à mon humble avis, l'époque romantique entre espoir de la Révolution, conviction chrétienne, et désespoir face à la trop lente agonie des mauvais sentiments humains, tous incarnés par de nombreuses allégories.

Une petite collection de pièces de monnaie antiques de peuples celtes au musée Underlinden, à Colmar, en février 2026.

Le musée accueille aussi une longue galerie sur la préhistoire et l'antiquité régionale (au sens élargi, l'Alsace ayant participé aux espaces et réseaux celtes et romains), classées par âges bien entendu, mais surtout par thématiques des disciplines spécialisées de l'archéologie.

Pour montrer et expliquer le passage et les techniques des âges de pierre et des métaux, les objets trouvés sont accompagnés de grands panneaux expliquant les techniques employés découvertes par Homo sapiens.

À hauteur d'enfant, l'explication du métier de numismate placée sous les monnaies (tous droits réservés, musée Underlinden, Colmar).

Ces panneaux sont accompagnés d'objets reconstitués à toucher, toujours utile avec des enfants, et aussi de petits blocs en vitrine. Sur ces blocs sont posés des trouvailles archéologiques et sur la face avant, l'enfant peut découvrir un des spécialistes étudiant, pendant et après les fouilles, les objets d'un site pour le dater, comprendre les interactions humaines, la chronologie de l'occupation, etc.

Ici, les exemples monétaires permettent de présenter le numismate, ancienne spécialisation de l'archéologue et de l'historien, qui interprète la vie du site selon les monnaies que les archéologues ont trouvées.

Un lapin et de petits dessins attirent le regard enfantin sur ce métier.

Devant le cube, un petit lexique donne les éléments-clés pour comprendre comment les monnaies sont créées (tous droits réservés, musée Underlinden, Colmar).

Enfin, posé devant, un lexique illustré explique en quelques mots et l'action de frappe comment les monnaies sont créées.

Il ne reste plus qu'à organiser ponctuellement des journées archéologiques avec frappe monétaire, reconstitution de vases avec moulage au plâtre de morceaux manquants, etc.

Et une visite au Musée de la Monnaie de Paris, notamment la galerie des métaux, même s'il sera moins touche-à-tout.

Métallurgie, étude des graines fossiles, etc. Toutes les passions et curiosités des visiteurs sont servies par ces petits cubes illustrés.

Couverture du livre Qu'est-ce que la Préhistoire ? de Sophie A. de Beaune, édition Folio, 2016. 


La boutique du musée colmarien dispose de propositions sur préhistoire, antiquité et archéologie.

Pour les lecteurs de bon niveau, la préhistorienne et ancienne universitaire lyonnaise, Sophie de Beaune, a proposé en 2016 un Qu'est-ce que la Préhistoire ? au sens ce qu'est la discipline Préhistoire qui étudie les humains et leurs sociétés avant l'écriture... ou avec...

Je n'en suis qu'aux premiers chapitres de définitions, mais déjà, sont posées la diversité et la complémentarité des spécialisations des archéologues et des préhistoriens : la fouille qui recense strictement, mais détruit aussi, n'est pas l'analyse interprétative des paléontologues, des sociologues et anthropologues, des numismates,...

J'ai trouvé ce livre quelques jours après Colmar à la boutique du musée des Confluences, à Lyon, héritier des musées d'histoire naturelle et autres cabinets de curiosités de la ville.


dimanche 16 mars 2025

Europa 2025 : un "raté" pour le timbre français ?

 Le thème 2025 de l'émission commune Europa des opérateurs postaux historiques européens est « Les découvertes archéologiques nationales », mais la diffusion des premiers visuels des timbres à venir semble indiquer une confusion entre « archéologie », « paléontologie », voire « patrimoine » ou « récit » historique à l'Île de Man.

Un dinosaure sur le timbre Europa français, dessiné par Ségolène Derudder (Philaposte via Phil-Ouest.com).

Comme San Marino, le service philatélique de La Poste française a choisi de représenter le squelette d'un gigantesque animal - à coup sûr un dinosaure qui n'a jamais cotoyé le genre Homo.

Les collectionneurs thématistes de la paléontologie et des fossiles d'animaux anciens seront ravis et n'auront pas à attendre le prochain bloc Nature de France sur les animaux de la très ancienne préhistoire, comptée en millions d'années avant le présent.


Cependant, les archéologues peuvent trouver ce choix erroné.

Malgré (ou grâce aux) critiques d'Elon Musk et du magazine Le Point, l'encyclopédie en perpétuelle construction Wikipédia propose, en français, cette définition d'archéologie : « une discipline scientifique dont l'objectif est d'étudier l'être humain à travers l'ensemble des vestiges matériels (artéfacts et faits archéologiques) ayant subsisté au cours des siècles, provenant de fouilles ou non. » (j'ai remanié la fin de la phrase).

S'ensuit la longue liste de traces matérielles possibles : ossements et postures de ceux-ci dans les tombes, monnaies, bijoux, objets du quotidien, caca fossilisé des fosses du château de Versailles avec leurs bactéries fossilisés de maladies diverses, etc.). Il y a de quoi combler les thématistes et la culture des collectionneurs.

L'actualité fournit constamment des exemples de découvertes et d'hypothèses vérifiées sur les découvertes archéologiques en France et ses cinq départements d'outre-mer : depuis le sarcophage de Joachim du Bellay sous le sol de Notre-Dame de Paris jusqu'aux fouilles avant construction d'immeubles ou de voiries par l'Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP). Ce dernier vient d'ouvrir un site public avec tous les rapports de ces fouilles : avis aux passionnés de leur localité, il y a plein de lieux et activités préhistoriques, antiques et médiévaux sous nos pieds.

Certes, Ségolène Derudder a travaillé selon un cahier des charges (Quel était-il ?) et les contraintes chronologiques de Philaposte. Sa page sur Behance et ses timbres de France depuis 2022 prouvent que, si elle maîtrise magnifiquement la représentation des animaux, elle sait travailler les bâtiments et les portraits. Et, peut-être, s'il y a eu plusieurs artistes au travail, a-t-elle produit l'illustration qui a le plus convaincu l'agent-comptable selon les critères prévus, parmi eux la capacité à attirer le public et à faire vendre.



Le timbre Euromed Postal de 2022 sur l'archéologie sous-marine (via Phil-Ouest.com)

En reprenant l'idée que les concepteurs du programme ϕl@télique [oui, je reviens encore sur ce φ] souhaitent éviter les répétitions, il est vrai que l'émission à thème commun Euromed Postal de 2022 a montré des archéologues sous-marins du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM) en action sur des contenants de vin d'un navire échoué au large de la Corse à l'époque romaine.

Si on y ajoute les blocs annuels sur la reconstruction de Notre-Dame de Paris, avec illustration d'une forme d'archéologie de reconstitution... cela faisait-il beaucoup de vestiges archéologiques jugés « traditionnels » aux yeux du public et déjà timbrifiés pour certaines œuvres sculptées ou peintes : amphores, monuments, objets et statues réputées... ?

Si ce sont ces représentations mentales-là qui ont mal inspiré le commanditaire (ou l'artiste qui aurait pu être redirigée en cours de projet), la liste des traces étudiées, la représentation d'un chantier de fouilles au laboratoires d'analyses, ou la célébration de l'Inrap ou d'un autre institut national archéologique auraient été plus adaptées à l'émission Europa.

Mais, cela aurait-il été en porte-à-faux avec l'actualité politique française : coupe budgétaire des institutions publiques, débat autour des grands projets de voirie (autoroute A69 dernièrement)

Si vraiment, la préhistoire était considérée comme pas assez récemment représentée sur timbre de France, en évitant les lieux déjà sur-médiatisés telles que les grottes de Chauvet ou de Tautavel, les études récentes de paléoanthropologie doivent permettre de montrer autre chose des Homos d'Europe de l'Ouest tout de même ! Le timbre du cinquantenaire de la découverte du squelette australopithèque Lucy l'année dernière n'a tout de même pas interdit l'humanité préhistorique, recadrée vers Neandertal et Sapiens, pour plusieurs programmes annuels ? 

Il vient de sortir sous licence d'une série de films hollywoodiens, il est aussi stéréotypé... D'accord, il coûte plus cher que la feuille de timbres Europa : le T-Rex en Lego (set 76968).

Je n'en sais rien (yaka, fokon) : ce temps de recherche sur un thème Europa débattu et annoncé à l'avance est-il à préparer par le commanditaire ou l'artiste ? Et donc, qui en supporte le coût temps/revenu ?



Enfin, et là, c'est mon point de vue personnel : le programme philatélique de France est celui de l'Hexagone continental, de la Corse (timbre de 2022 donc) et aussi de cinq départements et deux collectivités d'outre-mer dans les Caraïbes aux peuples primitifs disparus avec l'arrivée européenne, au nord de l'Amazonie avec nos compatriotes Indiens natifs, majoritairement de tradition musulmane au large de l'Afrique ou inhabitée initialement dans l'océan Indien...

Vraiment vraiment vraiment, aucune « découverte archéologique nationale » :

- côté Antilles et Guyane sur les Arawaks, les Kalinago/Carib, d'autres ? C'est bien la peine que le président Jacques Chirac a initié un musée entier sur ces peuples. Plusieurs postes européennes ont prévu un timbre sur des objets simples anciens.

- côté Mayotte, rien sur les chantiers en cours ?

- et, évidemment, plus dérangeant, rien sur l'archéologie de l'esclavage et des plantations ?

Enveloppe premier jour de l'émission Ancient Britain de 2017 : un vestige photographié et, au crayon noir, la réalité de son époque d'usage.

Et, opinion personnelle qui n'accuse pas La Poste française bien entendu : du côté des caves du Musée de l'Homme, à Paris, n'y a-t-il pas quelques dix-huit mille vestiges paléoanthropologiques pour incarner les milliers d'anciens habitants du pays retrouvés au cours de fouilles archéologiques... en s'inspirant de l'inventive et vivante émission britannique de 2017.

Ah, non : cela risque de rappeler les quelques centaines autres crânes d'Africains, qui ont osé se rebeller face à la France de Charles X à la Troisième République apportant la civilisation en Afrique, et comment ces victimes ont servi aux thèses racistes de scientistes du dix-neuvième siècle ayant conduit aux génocides coloniaux et européens du vingtième.


L'archéologie est une science très intéressante en notre vingt-et-unième siècle ; il est dommage que La Poste française ne la présente pas de manière à attirer le public vers les petits musées et chantiers archéologiques régionaux.

Carte postale : cheval en coquilles de tellines, 100 avant notre ère, retrouvé à Lattes (Hérault), vendue à la boutique du musée Lattara. Idée à mettre en art d'un beau timbre. Tant pis.

Si vous passez par Montpellier, le musée Lattara - Henri Prades retrace l'histoire du port étrusque et des circulations maritimes et commerciales tout autour de la Méditerranée et avec l'intérieur des terres celtes ; et la description des quelques nécropoles trouvées dans le sud montpelliérain. Des panneaux légers signalent une découverte fort inattendue due aux fouilles préventives sur les collines dominant Lattes, pour cause d'urbanisation galopante (soupir) : un bourg gaulois dominant, mais à distance, le port.


Le blog Europa Stamps liste les émissions Europa 2025 à cette adresse web-là au fur et à mesure de leurs annonces par les postes émettrices.


Compléments du mardi vingt-deux avril 2025 :

Hop, disparu, le dinosaure laisse place à un vase antique d'après une annonce du trois avril 2025.

La nouvelle mouture du timbre Europa français de 2025 (compte X @toutsurletimbre, 3 avril 2025).

Le dinosaure est encore visible dans le catalogue 106 daté mars-mai 2025 de Philaposte, reçu la semaine dernière, avec un papillon volant annonçant le changement de visuel et l'arrivée tardive du timbre Eric Schwab.

Désormais, un pichet à vin antique richement décoré, une céramique attique à figures noires qui est -actuellement - la plus septentrionale trouvée en Europe, et correspond à une définition de « découvertes archéologiques nationales » sur des sites funéraires découverts avec des objets de banquet intacts lors de fouilles préventives de l'Inrap, à Lavau et alentours, dans le département de l'Aube.

Quelle progression en une quinzaine de jours entre les réactions des archéologues et le nouveau timbre ! Évidemment, le vase seul ne montre pas l'ensemble funéraire - notamment le positionnement du défunt et des objets sur et autour de lui -, du travail minutieux sur le terrain, et du hasard d'une zone à aménager suscitant de vérifier son sous-sol.

On peut se référer à l'émission Carbone 14 de France Culture du dix juin 2017 sur ces découvertes de Lavau et leurs études en laboratoires. Au cours de celles-ci, les chercheurs expliquent dépasser le seul « beau » ou la seule « valeur » (vase, certes intact ; monnaies) pour analyser en profondeur le tout.

Actuellement, la volonté politicarde de supprimer ou limiter des normes, dont les fouilles préventives, rend le contexte de ce timbre-ci important dans le débat public, mais il faudrait, lors de l'émission du timbre et de certains chantiers honteusement mené par des élus pressés par les élections de 2026, beaucoup d'articles de presse et de messages sur les réseaux sociaux sur les musées archéologiques et l'intérêt des fouilles pour reconstituer le territoire des populations qui nous ont précédés.


Complément du vendredi vingt-cinq avril 2025 :

Trouvée sur X une caricature animée sur la différence entre paléontologie et archéologie :

Dessin de Céline Piret, 2018.

« Pour la dernière fois... l'archéologue... ne cherche... pas de dinosaures ! »

Céline Piret est une archéologue belge et illustratrice dans cette discipline, notamment reconstitution graphique à partir des traces, os et objets retrouvés. La planche de définitions fait partie de sa série Arkéofacts (avec quelques-unes traduites en anglais et en russe).

dimanche 5 septembre 2021

La poste de Chypre Nord et Twitter ; retour sur la Jeanne-Élisabeth

 Une petite note pour annoncer un complément à l'article de ce blog du vingt-deux octobre 2020 évoquant une « guerre philatélique » mêlant un commerce philatélique spécialisé sur l'Arménie et un compte de réseau social dans le contexte de la guerre Arménie-Azerbaïdjan sur le Haut-Karabakh. Le compte Twitter @KKTC_Posta a évolué : à relire ici. Cette note est reprise sur l'article cité.


Deuxième note sur la Jeanne-Élisabeth, navire naufragé dont la cargaison avait avivé l'appât du gain métallique de pirates héraultais. Suite aux études scientifiques évoquées grâce à la presse sur ce blog en février et décembre 2016, l'histoire de cette piraterie, du naufrage et de ses trouvailles font désormais l'objet d'une exposition au Musée de l'Éphèbe et d'archéologie sous-marine d'Agde (octobre 2019-19 septembre 2021) et de la première émission de la saison 2021-2022 de l'émission Carbone 14 de France Culture, hier, samedi quatre septembre 2021, Carbone 14. Cette note est reprise aux deux articles cités.

mercredi 17 juillet 2019

Collectionner ou savoir (2) : de l'archéologie

Suite des réflexions posées le lundi quinze juillet 2019.

Depuis le vingt-trois février et jusqu'au deux septembre 2019, le musée archéologique Henri Prades (avec programme par ici) accueille une exposition, Torques et compagnie, qui permet de découvrir un siècle d'archéologie dans le département de la Marne, à partir des collections du musée d'archéologie régionale d'Épernay, actuellement en travaux.

Portant le nom de l'archéologue autodidacte et directeur d'école qui a étudié le site dans les années 1960, le musée Henri Prades se trouve à Lattes, au sud de Montpellier. Il jouxte le site de Lattara, port lagunaire antique fondé par des Étrusques au sixième siècle avant Jésus Christ et en activité jusqu'au troisième siècle après. De récentes fouilles préventives sur les hauteurs de Lattes ont révélé l'existence d'un gros bourg gaulois, apparemment lié à l'existence de ce port étranger.

L'intérêt de l'exposition Torques et compagnie dépasse les objets présentés : torques (collier ouvert de métal), vase, etc. Des panneaux de tissus présentent comment les archéologues de la fin du dix-huitième jusqu'au milieu du vingtième ont travaillé les sites marnais et en ont tiré des connaissances sur la vie des populations antiques.

Quelques citations participent du questionnement philatélique et marcophile, présenté sur ce blog avant-hier : collectionner le beau ou ce qui apporte des savoirs ?
« Objets de vitrine souvent sans état civil » : fouiller pour ne garder et montrer que les objets jugés beaux de nos jours, sans conserver le lieu, la position, l'origine de l'objet...

La recherche demande des sources. Ces sources demandent des documents. Un document est une trace dont on connaît le plus précisément possible le contexte de création et d'usage.

« Ne se sont point préoccupés des vases brisés » : les premiers archéologues, et de là, les paysans qui trouvaient des vestiges dans leurs champs, ont ignoré les objets brisés ou jugés insignifiants.

Sauf que l'exposition montre un intrigant vase en forme de canard... recollé car retrouvé en morceaux dans une tombe.

Pire : l'essentiel des premières trouvailles étaient des tombes et des nécropoles ; le monde des vivants ayant pu être réutilisés ou, matières organiques, ont disparu.

Comment connaître l'ensemble de la vie des hommes et femmes d'une époque en n'observant que les objets trouvés intacts plus de deux mille ans après ?

En philatélie, cela résonne : timbres abîmés, neufs sans gomme, à oblitération imparfaite, lettres actuelles, faux pour tromper, etc. etc. Tous à jeter ?

#Jesuisundesdeux


Et voilà comment les archéologues du vingtième siècle ont révolutionné leur discipline : s'intéresser à tout et faire des hypothèses.

L'introduction de l'exposition signale que les terres de Champagne étaient bien plus vallonnées et fertiles qu'actuellement : outre la modernisation, de bonnes terres ont au gré des événements naturels recouverts la région. Retiré ces bonnes terres noires a permis de retrouver les couches géologiques précédentes et les vestiges anciens.

Notamment, ces excavations creusées dans l'Antiquité qui ne sont ni belles, ni transportables sur une étagère de collectionneur !

Certes, l'hypothèse de Brisson et Loppin est sûrement éronnée : ces excavations ne sont pas les restes des habitats d'alors ; plutôt des lieux de stockage et de dépôts de déchets. Mais, au moins, leur erreur étant fondé sur des relevés précis,...

... la connaissance peut être reprise, vérifiée et améliorée.

Des expositions, qui montrent les vestiges autant qu'elles expliquent comment la science autour d'eux a évolué, j'espère en voir très souvent.

Des collections, qui montrent les timbres et courrier autant qu'elles expliquent comment la philatélie et l'histoire postale autour d'eux, ont évolué, j'espère en voir très souvent.

dimanche 4 décembre 2016

Semaine n°2016.48 dans l'actualité postalo-philatélico-caissedesdépôts

Il gèle, il pèle, il bise, même dans le sud de la France... L'hibernation approche. C'est peut-être pour cela que j'apprécie de faire le point, le soir, sur la démonétisation en Inde.

En attendant, quelques nouvelles variées glanées au long de cette somnolente semaine.

Dimanche vingt-sept novembre : écumez, écumez Gallica, il en sortira toujours quelques choses.
L'auteur du blog Timbres au type Semeuse est parvenu à retrouver les photographies d'un reportage de presse à l'Atelier du timbre du boulevard Brune, à Paris, réalisées en 1913. Il en remercie Gallica, le site à explorer de la Bibliothèque nationale de France.

Une recherche avec l'expression Boulevard Brune, et en limitant aux photographies. Mais, sûrement que d'autres trouvailles discrètes restent à explorer. Un portail philatélique ?

Jeudi premier décembre, le soir à Nouméa : la lettre au Père Noël au journal de la 1ère.
Au journal télévisé de la chaîne publique Nouvelle-Calédonie 1ère (en rediffusion à la demande par ici), les enfants des écoles maternelles de Nouméa sont venus poster, sous un sapin entouré de palmiers, leurs lettres au Père Noël, préparées en classe.
La gigantesque boîte aux lettres du Père Noël à Nouméa (Nouvelle-Calédonie 1ère, journal de 19h30 du premier décembre 2016).
Certes pas d'enveloppes, pas de timbres, pas d'entier postal de service en retour - quoiqu'une fête est annoncée pour le vendredi vingt-trois...

Attendrissant de sincérité avant de passer aux déplorables nouvelles adultes suivantes >:)

D'ailleurs, ce reportage fut un des derniers non politiques diffusés sur la version télévisée de France Info, dans sa case outre-mer, avant que le président de la République annonce son départ anticipé en retraite.

Jeudi premier décembre, en journée à Montpellier : condamnation en appel pour le pillage de la Jeanne-Elisabeth.
Hier samedi, Yannick Philipponat a résumé l'affaire et signaler les condamnations prononcés en appel à Montpellier contre les pilleurs de l'épave d'un navire marchand - mais transporteur de fonds - suédois, pris dans une tempête entre Cadix et Marseille, mi-novembre 1755.

La localisation, à quelques mètres de la plage de Maguelone, ensevelie sous une couche de sable, fut trop tentante pour un pêcheur de Palavas-les-Flots condamné à quatre ans de prison dont deux avec sursis. Quatre complices sont condamnés à du sursis. Le groupe doit un peu plus d'un million d'euros de dommages et intérêts à l'État pour les dommages causés.

Par contre, le numismate mis en examen est finalement relaxé faute de preuves : aucun des prévenus n'a avoué l'identité de celui qui aurait acheté les cinq cents kilogrammes de pièces d'argent agglomérées.

Cette triste histoire avait permis, en février dernier, au journal Le Monde d'expliquer le travail du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASS) de Marseille et les conditions inouïes de l'échouage qui ont permis une excellente conservation du bateau.

Vendredi deux décembre : pas de grand feu d'artifice à Genève ? Des étincelles en France.
Lors de la vente aux enchères de prestige, la veille, les deux pièces uniques proposées chez David Feldman se sont vendus moins cher que l'estimation quoiqu'à des sommes défiant mon imagination économique limitée : 1,23 million d'euros pour la plaque d'impression des Post Office de Maurice et le double pour la lettre de Bombay.

Côté français du lac Léman, les silex s'entre-choquent pour mettre de nouveau le feu à l'émission à tirage excessivement limité sur papier de tellement haute technologie qu'il fallut s'y reprendre à plusieurs fois avec des phosphorescences différentes...

Oui, encore l'émission confidentielle pour spéculateurs du bicentenaire de la Caisse des dépôts. Désolé.

On aurait cru que la vente privilégiée aux abonnés des associations fédérées et aux visiteurs prévenus à l'avance du Salon d'automne de quelques milliers d'exemplaires de plus, aurait clos l'affaire... Tout en interrogeant sur combien de privilèges faut-il accumuler pour acheter un timbre commémoratif dans ce pays LOL

Non ! Il a fallu que les plus curieux sortent leurs lampes à ultra-violet et signalent, dès le premier jour du Salon d'automne, des différences entre la vente premier jour du vingt-huit avril et la vente quasi-générale de novembre.

Jusqu'à l'incendie débattoire. Certes, le blog choisi, sur la phosphorescence, paraît approprié sur le thème, mais pourquoi martyriser le pauvre article sur le Nouvel An chinois de 2014 sans barres ? Le webmestre a sifflé, vendredi, la fin de partie en prenant un recul bienvenu sur les acteurs en présence.

Où les joueurs trouveront-ils un nouveau terrain de jeu ? À suivre sur le plan des stands du prochain salon philatélique national ?

Samedi trois décembre: des timbres d'émirats arabes sur lettres !!!
Parmi les nombreuses discussions continuées ou lancées sur le forum StampBoards, une rappelle que certains timbres des émirats arabes des années 1970 peuvent présenter un intérêt au-delà de la thématique oblitérée dès l'imprimerie : s'ils ont servi sur courrier.

Voire davantage pour les errinophiles pour les vignettes de propagande indépendantiste acceptées seules sur lettre par la poste d'un État-soutien : c'est ainsi le cas de timbres du Dhufar (ou Dhofar) sur une enveloppe recommandée de 1972 à destination d'un marchand londonien de timbres, avec cachet de la poste syrienne.

Face à la dureté du régime absolu de l'époque, la région, particulièrement exploitée, s'est rebellée contre le sultan d'Oman dans les années 1960. Dans le contexte de la Guerre froide, la rébellion finit par opposer les voisins communistes du Yémen du Sud et les deux Grands communistes aux autres pays arabes liés au Royaume-Uni.


Complément du dimanche cinq septembre 2021.
Hier, samedi quatre septembre 2021, Carbone 14, l'émission consacré à l'archéologie de France Culture, revient sur la Jeanne-Élisabeth, ce navire naufragé de la côte languedocienne qui a fait les titres des faits divers par le pillage qu'il a subi. Après quelques années d'étude, le public peut désormais découvrir le navire, son histoire et le contenu qui a pu être étudié sur site, au Musée de l'Éphèbe et d'archéologie sous-marine d'Agde.

jeudi 25 février 2016

Monnaies en métaux précieux entre pirates, collectionneurs et l'État

D'un navire oublié, mais pas perdu...
Le mercredi trente septembre dernier, le tribunal correctionnel de Montpellier condamnait sept personnes - des pilleurs d'épaves et deux numismates - pour le pillage du navire de commerce suédois Jeanne-Elisabeth qui fit naufrage dans la nuit du quatorze au quinze novembre 1755 au large de l'île de Maguelone, à une dizaine de kilomètres au sud de la préfecture héraultaise.

Dans son supplément scientifique du mercredi dix février 2016 et prépublié le lundi huit février sur son site, Le Monde a fait une synthèse en deux articles de l'affaire policière et judiciaire, mais également du travail archéologique réalisé depuis 2007 et la découverte du délit, dont au moins un condamné est récidiviste. Le récit du procureur adjoint du Tribunal de grande instance de Montpellier est éloquent sur les pillages réalisés : jardin décoré d'amphores par exemple.

Le navire de commerce aurait pu avoir une vie tranquille sur sa route de Cadix à Marseille pour transporter du blé... si le contexte géopolitique de l'époque n'en avait fait un discret transporteur de fonds de trente deux mille piastres espagnoles en argent pour soutenir la France... alors que les tensions avec le Royaume-Uni vont aboutir quelques mois après à la Guerre de Sept Ans.

Un fort vent et le littoral sableux du Bas-Languedoc en décidèrent autrement : le navire s'échoue et coule, reposant sous une couche de sable protectrice, pas très profond, pas très loin du rivage, mais nécessitant volonté et matériel pour être sorti de là... L'appât du gain par exemple.

La consultation des archéologues du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASS) par Le Monde explique l'importance de l'épave : le bois très bien conservé sous le sable va permettre d'étudier comment était construit ce type de bateau au dix-huitième siècle, les autres objets la vie quotidienne à bord... Au-delà de maigres centaines de kilogrammes d'argent, vendus au poids par les condamnés.

... à beaucoup de navires perdus mais pas oubliés...
Un troisième article du dossier contextualisait cette affaire dans les problèmes des État européens face aux pilleurs d'épave ou même à la propriété des épaves explorées : l'Espagne vient de remporter un procès contre une compagnie états-unienne pour récupérer le contenu d'un navire espagnol coulé en 1804, et envisage désormais celui d'un autre navire disparu au large de la Colombie...

L'article concluait sur l'intérêt des États à mieux surveiller ces activités archéologiques pour lutter contre la fraude fiscale et le blanchiment de revenus illégaux, sans compter le commerce clandestin de vestiges archéologiques dans les pays en guerre civile (en Syrie ?) : un achat de petites pièces anciennes en métaux précieux, voyageant avec la menue monnaie dans la poche et revendue dans le pays où le capital a besoin de se trouver.

... à l'État français qui n'oublierait rien.
Hélas, le dernier dispositif imposé par l'actuel gouvernement français pour surveiller ces transactions de métaux précieux heurte la CBG, à la fois commerce et association numismatiques, comme en témoigne Joël Cornu dans l'éditorial du Bulletin numismatique numéro cent cinquante et un daté mars 2016 (bientôt en ligne à cette adresse).

Depuis le décret 2015-1295 du quinze octobre 2015, toute transaction de métaux précieux subit la législation sur les contrats avec une période de rétractation de vingt-quatre heures au cours desquels ni le commerçant-acheteur, ni le consommateur-vendeur ne peuvent donc s'échanger la monnaie du premier contre les objets du second.

Vous lirez les formulations du décret : le gouvernement protège-t-il le consommateur que le professionnel est allé chercher à domicile, ou par l'intermédiaire d'une offre d'expertise par correspondance, etc. ? Ou, comme le craint la CBG, toutes les ventes volontaires de pièces et de billons (entendre les monnaies démonétisées) sont-elles concernées au grand dam du commerce...

... et de la fiscalité des particuliers : qui dit contrat dit liste des biens vendus, valeur d'échange, nom et adresse du vendeur... Contrôle fiscal ?

Difficile et incomprise reste la collection de monnaies et billets.

...

Au fait, et le commerce des timbres ?


Complément du jeudi six avril 2017 :
Sur le site de Ouest France, en date du vingt mars 2017, Nicolas Montard propose un reportage sur la restauration des pièces d'argent espagnoles retrouvées sur la Jeanne-Élisabeth par le Département des monnaies, médailles et antiques de la Bibliothèque nationale de France.

L'étude après nettoyage confirme l'origine hispano-américaine du métal et des pièces frappées en 1754 et 1755 - pour un naufrage en novembre 1755 : frappe à Lima au Pérou, à Potosi en Bolivie - un premier article sur cette région monétaire pour les curieux - et à Mexico. Reste un travail d'historien à mener : le taux d'argent dans ces pièces est plus important que ce qui est connu à l'époque. Quel aurait dû être le devenir de ces pièces : refonte, usage pour quelle voie de commerce lointain ?

Surveiller les mises à jour du menu Conférences du site de la BNF : l'archéologue Marine Jaouen a expliqué cette enquête lors d'une conférence mardi dernier, le quatre avril.

Ensuite, direction le Musée de l'éphèbe à Agde, dans l'Hérault, où les découvertes de la Jeanne-Élisabeth seront exposées dans quelques années.

Complément du dimanche cinq septembre 2021.
Hier, samedi quatre septembre 2021, Carbone 14, l'émission consacré à l'archéologie de France Culture, revient sur la Jeanne-Élisabeth, ce navire naufragé de la côte languedocienne qui a fait les titres des faits divers par le pillage qu'il a subi. Après quelques années d'étude, le public peut désormais découvrir le navire, son histoire et le contenu qui a pu être étudié sur site, au Musée de l'Éphèbe et d'archéologie sous-marine d'Agde.

lundi 17 décembre 2012

Poste et communication sur France Culture

Au début de ce mois de décembre 2012, Emmanuel Laurentin a proposé une semaine postale et communicative dans son émission quotidienne La Fabrique de l'histoire, diffusé de 9 à 10 heures les matins de semaine sur France Culture (et réécoutable à partir de son site web).

Lundi 3 décembre : deux résistantes, Denise Vernay et Anise Postel-Vinay racontent leurs expériences d'agents de liaison au sein des réseaux de résistance pendant l'Occupation. Toutes ont été déportées au camp de Ravensbrück et libérées en avril 1945.

Le sujet illustre « Communiquer pour résister », le thème du Concours national de la Résistance 2012-2013, sur lequel travaillent collégiens et lycéens volontaires.
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Mardi 4 décembre, les cinquante ans du secrétariat du Père Noël font l'objet d'une étude avec, notamment, Jean-Pierre Guéno (Cher Père Noël), Sébastien Richez (Comité pour l'histoire de La Poste) et Véronique Teulières du Service clients de Libourne.
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Mercredi 5 décembre, rediffusion d'une documentaire de 2011 par Olivier Chaumelle et Anne Fleury, sur la poste pneumatique depuis les systèmes londoniens et parisiens jusqu'aux systèmes internes à certains lieux sensibles, tels les hôpitaux. Le musée de La Poste est représenté par son conseiller historique Pascal Roman, de nouveau Sébastien Richez, François Aron ancien technicien du ministère des PTT.
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Jeudi 6 décembre, plongée dans l'histoire pré-philatélique (c'est peu de le dire) avec poste et communications dans l'Empire romain par les historiennes Claire Sotinel et Sylvie Crogiez-Petrequin.

Sur ce dernier thème, un auditeur signale l'existence du numéro 343 de janvier-février 2011 des Dossiers d'archéologie sur les voies romaines.
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Une intéressante semaine pour dépasser le cadre habituel de l'histoire philatélique et postale.




lundi 30 mars 2009

Nouvelles d'outre-mer

À raison d'une dizaine de timbres chaque année, le Conseil général de Mayotte et la commission philatélique locale présentent chaque année la collectivité d'outre-mer par les timbres. Collectivité dont la population a choisi le statut de département à part entière hier, dimanche 29 mars 2009.

Ce programme philatélique montre principalement la faune, la flore et les paysages des îles de la collectivité. La seconde partie présente la culture et les traditions mahoraises pour une dernière partie institutionnelle (bâtiments publics, personnalités).

En 2011, au terme de la départementalisation, l'autonomie philatélie disparaîtra-t-elle ? Le service postal est assuré par le service Outre-Mer de La Poste.


À Tromelin, du 27 octobre au 1er décembre 2008, a eu lieu une expédition scientifique menée par Max Guérout, qui, Biterrois, a donc droit à un article du Midi Libre de ce lundi 30 mars 2009. L'objectif était de poursuivre la recherche des traces du naufrage de L'Utile en 1761.

Pour en savoir plus : le site du Groupe de recherche en archéologie navale dispose d'un site consacré à Tromelin et au journal de la mission. Les photographies pour oublier les « saints de glace » et autres giboulées métropolitaines de mars.

Tromelin et son histoire, de futurs sujets de timbres aux TAAF ?


Enfin, du côté des Antilles : je me souviens qu'un responsable postal d'une des îles devenues collectivité d'outre-mer en 2007, Saint-Martin ou Saint-Barthelémy dans les Antilles, avait évoqué dans un des magazines philatéliques français la possibilité d'émission de timbres-poste dès 2007. Pas de nouvelles ?

Évidemment, pas moyen de retrouver le numéro en question.