Affichage des articles dont le libellé est Daguin. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Daguin. Afficher tous les articles

vendredi 17 juin 2016

Paris-Philex (4) : de l'exotisme

Outre les marchands allemands et scandinaves à Paris-Philex, du dix-neuf au vingt-deux mai 2016, la compétition philatélique permettait de se balader dans le monde... sans l'excuse de timbres classiques français.

Deuxième épisode de mon commentaire sportif (amateur, partiel et partial) du championnat de France de philatélie.

Petite précision : je ne lie pas les noms des exposants avec leur fiche sur le site fédéral si elles signalent des coordonnées privées précises.

Sans aller trop loin :  quatre escales en Espagne.
Juan-José Ara Somohano exposait deux collections, toujours sur le thème de la Guerre d'Espagne et des Républicains espagnols, dont l'exil fait l'objet d'une collection lors de la compétition départementale de Montpellier, en mars dernier.

À Paris, l'histoire postale de La Guerre d'Espagne poursuit un long chemin, depuis 2002 selon la page du philatéliste sur le site fédéral. Elle confirme désormais un niveau de Grand Vermeil pour la seconde fois de suite, avec cette année les félicitations du jury. Pourquoi ? Aucune idée.

Mais, le Biterrois a profité de l'innovation de Paris-Philex : l'invitation adressée à l'Association arc-en-ciel regroupant les errinnophiles, collectionneurs de vignettes non postales (les Cinderella/Cendrillon britanniques). Sa collection Une page de l'histoire espagnole - secteur républicain 1936-1939 a participé dans cette catégorie hors concours en laissant le jury mixte débattre vendredi matin de son classement : le juré philatéliste reconnaissant une collection de philatélie - une grande partie des vignettes ayant pour but affirmé l'affichage sur le courrier voire une fonction postale d'urgence ; ses collègues erinnophiles confirmant l'entre-deux du travail de M. Ara Somohano.

Quatre-vingt points au milieu du classement errinophile... Vivement des publications fédérales, associatives et journalistiques commentant et expliquant ces scores aux visiteurs.

Pour les curieux de cet épisode de l'histoire espagnole, deux philatélistes espagnols - fédération invitée - ont complété : José Barros Calchadora avec la philatélie de la République espagnole (1931-1939) et Estanislao Pan de Alfao sur l'histoire postale du camp de concentration de Miranda de Ebro, au nord de la Castille, qui servit à enfermer successivement les républicains, les étrangers fuyant l'avancée allemande en France, puis les déserteurs allemands et nazis fuyant la Libération de l'Europe occupée.

Quand les machines Daguin voyagent hors de France...
... pour reprendre le titre de la collection de Brigitte Abensur.

Les machines manuelles d'oblitération françaises de l'ingénieur Eugène Daguin, fort populaires chez les collectionneurs de marques postales et de flammes illustrées, ont eu une carrière à l'exportation. Par exemple, sur le site Exponet, le Roumain Dan N. Dobrescu propose sa collection de marques Daguin en Roumanie entre 1890 et 1909.

Plus voyageur, Jean-Michel Garaud de l'Amicale philatélique des pays de la Fillière, en Savoie, les a suivies jusqu'au Chili après une collection plus mondiale exposée de 2003 à 2011 ayant atteint le grand vermeil.
Un exemple de Daguin mixte de 1934, petit résumé à mon avis des usages de ces machines au Chili (collection Jean-Michel Garaud).
Après un Catalogue des empreintes Daguin chiliennes de 1898 à 1950, médaille vermeil en 2014, voilà l'application sur cadres. Et c'est exotique pour le lecteur qui redécouvre ses classiques sous de nouvelles formes graphiques et d'usage : flamme muette, publicitaire ou illustrée, marque jumelée ou borgne, voire mixte.


Minute gueulante :
encore une fois, une collection difficile 
à lire et photographier
à cause d'un éclairage inacceptable
pendant qu'on avait sorti les projecteurs
de stade de football pour Phil@poste...


De l'exotique histoire postale de Nemours
Exotique Nemours ? Le nom colonial de Ghazaouet avant l'indépendance de l'Algérie.

Non, non : Nemours en Seine-et-Marne, à moins de cent kilomètres au sud de Notre-Dame de Paris.

...

Le Béarnais Jean-Claude Ferret remporte mon prix de l'exotisme en classe ultra-traditionaliste pour compenser une simple médaille d'argent à soixante-douze points malgré...

Ultra-traditionaliste : l'étude de l'évolution des marques postales d'une commune française des origines pré-philatéliques à 1876, date-repère-barrière entre les Cérès/Napoléon et le type Sage. À titre personnel - et sûrement j'ai tort..., j'en ai lu une complètement en exposition à Montpellier et j'ai l'impression de revoir la même chose quelque soit la ville, le département choisi, sauf à me parler de lieux qui me sont intimes ou si la présence d'une gare ou d'un port apporte un brin de variété.

M. Ferret ose aller jusqu'à nos jours !
Une oblitération ROC Toshiba sur enveloppe ouverte à la Moldu dans une exposition philatélique : scandale ! (collection Jean-Claude Ferret).
Oui, des Daguin et des flammes touristiques SECAP... et même une Toshiba à code ROC anonyme pour ne pas savoir où se trouve votre centre de tri.

Scandale diront certains : il faut dé-cou-per ! Et jeter les flammes ondulées :p

Visionnaire diront d'autres : pour créer un marcophile aujourd'hui, il faut partir du courrier qu'il reçoit ou trouvera en explorant les poubelles d'une entreprises.

Normal à mon sens : les découpages chronologiques classiques sont commodes pour se repérer et étudier efficacement. Mais, comme le découpage en grandes ères de l'Histoire, en quoi cela dérange-t-il de les dépasser ?

Encore une fois, savoir comment les jurés ont évalué cette présentation serait fort pédagogique. Complète chronologiquement, cette collection n'est-elle pas assez approfondie dans ses explications par époque ? L'inclusion d'une plate-forme courrier de Melun a-t-elle gêné et était considérée comme hors-sujet ? Ou est-ce simplement un problème de mise en forme des informations pour l'accessibilité du lecteur ?

À côté de la collection Nemours, la Fédération aurait dû placer le stand de vente des deux tomes de L'Oblitération mécanique en France d'Yvon Nouazé pour éclairer les curieux.

Vivement une médaille plus jaune pour cette collection.


L'exotisme philatélique à Paris-Philex continuera dans un prochain épisode.

dimanche 7 novembre 2010

Salon d'automne et du seul regret

Ayant peu de goût pour courir entre une fin de boulot et un week-end toujours trop court pour aller au Salon d'automne à Paris, je me contente des avis et trouvailles des autres blogueurs.

Un seul regret : voir la machine Daguin en action comme le chanceux JD.

Une vidéo quelqu'un, please ? Pitié !

dimanche 27 mai 2007

Arcachon : de la Daguin au timbre 2007

Voici la deuxième empreinte réalisée par une machine Daguin, que j'ai achetée lors des Quatre Jours de Marigny, il y a deux semaines.


Cette empreinte avec flamme touristique d'Arcachon rappelle la seconde vie des machines Daguin en France. Fin XIXe siècle, ces machines mécaniques sont dépassées par les machines à oblitérer électriques. Mais, une décision du secrétaire d'État des Postes va changer cela en 1923 : les oblitérations peuvent désormais délivrées un message, à certaines conditions. La Daguin présente alors l'avantage de ses deux timbres à date, dont un peut être remplacé par un carré publicitaire. Cette période va durer jusqu'aux années 1960, voire plus dans le cas de bureaux de poste dans lesquels on a attendu le départ en retraite d'un vieux postier pour supprimer la Daguin.

Actualité liée à cette flamme : depuis lundi 21 mai, un timbre de France à 0,54 € est en vente à l'occasion du 150e anniversaire de la commune d'Arcachon. Le dessin de Thierry Mordant, qui s'est illustré sur plusieurs timbres de Monaco, mêle la vue sur le bassin, la ville, ses maisons et une barque, passant des bleus maritimes à gauche, au vert central et aux jaunes et aux oranges à droite.

Voyez le timbre sur le site de la Boutique de La Poste.

samedi 19 mai 2007

Daguin à Oran en 1896 ?

Important : la version initiale de l'article est mise en ligne le 19 mai 2007 indiquait que cette oblitération provenait d'une machine Daguin. Suite à un mail d'Yvon Nouazé, j'ai réécrit une petite partie de l'article le 24 juin 2007 dans le souci de montrer toutes les erreurs que j'ai commises sur ce sujet-tarte à la crême des oblitérations jumelles.

Voici une des deux premières lettres oblitérées par un machine Daguin que je pensais avoir achetées aux 4 jours de Marigny auprès d'un négociant en lettres installé sur l'avenue de Marigny.

Au dos, on apprend qu'elle est envoyée par « RASCOL-ORAN / 6, rue Péraldi » à un « Monsieur / G. Lemaitre, [?] / à Francheville / (Eure) ». Elle est affranchie avec un 15 centimes bleu Sage au type « N sous U ».

L'oblitération est apposée le 31 mars 1896 au bureau de Karguentah, à Oran. L'Algérie est alors française et utilise depuis janvier 1849 les timbres de France (ce fut le cas jusqu'en 1924).

C'est sur cette double oblitération que mon erreur d'appréciation commence. Mesurer l'écartement entre le centre des deux cachets est loin d'être évident, surtout, comme dans mon cas, on a du mal à situer les centres (à partir des mesures relevées par M. Nouazé, 3 cm sur cette enveloppe au lieu de 2,8 pour une Daguin). La rotation entre les cachets est réelle, mais bien faible. Surtout, M. Nouazé, qui a eu la gentillesse de me donner spontanément son avis, ne trouve aucune différence d'usure entre les couronnes et blocs dateurs des deux cachets.

Cette enveloppe n'est pas une Daguin (le diablotin à mon oreille me souffle que la machine est peut-être neuve et les cachets posés correctement et le matin même, mais... ne rêvons pas - de toute façon, ce sont des choses bien invérifiables). Néanmoins, je n'en suis pas déçue, elle reste bien conservée et je ne pense pas croiser fréquemment de tels cas de courrier venant d'Algérie françaises de la fin du XIXe siècle.

Quant à la marque supposée du piston toucheur (qui bloquait le pli pour une frappe claire et nette), comme je l'écrivais en mai, elle paraît bien petite et proche de l'oblitération, et n'est pas du crayon à papier. Elle reste un mystère : origine postale ou liée à d'autres événements dans les 111 années d'existence de cette enveloppe ?

Je remercie Yvon Nouazé, auteur de L'Oblitération mécanique en France, prix de l'Académie de philatélie 2007, pour m'avoir envoyé un mail sur cette empreinte d'Oran. Merci donc de m'avoir permis de corriger une erreur de débutant.

Au dos, le timbre à date de Francheville indique une arrivée le 5 avril suivant, soit six jours après. Belle période où les étapes d'un courrier recevait ainsi un timbre à date... mais je reviendrai sur cela avec un exemple britannique dans un article de juin ou juillet 2007.