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mercredi 13 mai 2026

De la fin du service universel postal au Danemark sur la philatélie organisée

 Cela avait secoué les médias européens lors de l'annonce par étapes entre 2023 et 2025, et lors de l'application le premier janvier 2026 : le service postal universel a été aboli par le gouvernement et le parlement du Danemark, sauf subventions pour les îles isolées et les cécogrammes.

Le distributeur privé de journaux et colis, DAO, a remporté le contrat de la poste aux lettres, sans boîtes aux lettres de rue, ni bureau de poste, et des étiquettes interdites d'être appelées timbres-poste (privilège légal désormais inutile de PostNord Danmark). DAO a passé un contrat avec la poste autrichienne pour le courrier international sortant et entrant.

Un article de ce blog du premier janvier dernier, avec deux compléments en février et mars, a résumé les premières conséquences pour les Danois, et surtout les philatélistes et négociants de timbres : la fédération philatélique danoise s'inquiétant de la lenteur du courrier international dans les échanges commerciaux ou amateurs de timbres et lettres historiques.


Dans le numéro daté mai 2026 de The London Philatelist, Chris King, spécialiste du Danemark classique, poursuit son suivi didactique de cette réforme après un premier article en mars 2024 - repris dans FEPA News de juillet 2024.

Après un rappel du choix des politiciens, de l'origine de l'entreprise centenaire Dansk Avis Omdeling, des tarifs et offres postales de celle-ci, King évoque les premières conséquences attendues avant même le jour de l'an : plaintes de retard, association nationale des personnes âgées inquiets de la lenteur des courriers médicaux.

Les Danois sont en attente de mesures statistiques du régulateur, mais le courrier international pose déjà problème : la poste autrichienne imprime ou colle bien ses étiquettes pour montrer son rôle, mais il n'y a aucune date dessus...


Ces délais internationaux sont renforcés par une deuxième alerte des négociants philatéliques et leurs clients pour laquelle King apporte les raisons dues à la réforme : tout courrier de plus de deux cent cinquante grammes doit être envoyé en colis pour DAO ; tout contenu commercial n'est pas une lettre, mais un colis pour DAO... et son concurrent PostNord !

Ainsi, King explique les témoignages de collectionneurs et négociants danois, féroïens et étrangers dont les lettres recommandées avec timbres, enveloppes d'histoire postale, magazines de moins de deux cent cinquante grammes ou petits objets de collection être refusées par les postes des Féroé et d'Autriche et revenir après plusieurs semaines à leur expéditeur.


Enfin, et là, il faudra que l'ensemble des partis politiques danois qui ont accepté cette réforme reprennent les inchangés de la principale loi postale : DAO ne peut transmettre en lettre recommandée intérieure que des lettres de faible valeur. Aucun objet de valeur ne peut être pris en charge en recommandé intérieur ou vers les Féroé par DAO.

Pire, DAO a interdiction de transmettre ou recevoir des lettres recommandées internationales qui restent le monopole de PostNord Danmark !!!

L'auteur signale ainsi que de grandes entreprises danoises envoient en recommandé leurs courriers importants depuis PostNord à Malmö, en Suède de l'autre côté du détroit de l'Öresund... Et, en retour, il conseille aux correspondants internationaux souhaitant assurer une prompte arrivée au Danemark d'envoyer en lettre recommandée les envois nécessitant de la confiance, ce qui fera aboutir directement à PostNord Danmark.


Mon point de vue conclusif : les dirigeants de l'opérateur historique ont donc touché le pactole. Ils n'ont plus la charge d'un réseau de poste aux lettres, concurrencent le prestataire du courrier national sur le colis, et ont encore les lettres recommandées internationales ; tout en forçant les Danois à envoyer tout objet commercial même imprimé au tarif libre des colis.

Et comme l'indique Chris King, l'argument libéral politicard de l'entrée de nouveaux acteurs sur la poste aux lettres a fait long feu : DAO est en monopole de droit puisque le seul à avoir répondu à l'appel d'offres du gouvernement.


Mais, il y a pire que pire pour les philatélistes lorsque King observe les conséquences fonctionnelles et financières du retrait de PostNord Danmark de la poste aux lettres et de l'émission de timbres-poste, pourtant encore inscrites dans la loi générale.

L'actuel musée des postes et télécommunications, ENIGMA, est l'héritier privé du musée historique. Le musée, mais aussi l'accès aux archives et à la bibliothèque, sont dépendants des subsides alloués par les deux compagnies historiques (la poste et les télécommunications), avec bien sûr les entrées et achats des visiteurs.

Aucune subvention publique.

Désormais, les demandes des chercheurs en histoire de ces administrations et entreprises reçoivent un courriel reproduit par King. Les consultations sur place et les recherches par les documentalistes sont drastiquement limitées et si vous ne recevez pas de réponse dans les trois mois... c'est qu'il n'y a pas les moyens financiers et humains de vous répondre ou recevoir.


De là, et les philatélistes du monde entier le savent bien, une poste même libéralisée, voire privatisée, est [trop ?] essentielle au financement de la philatélie organisée : émissions de timbres suscitant manifestations locales et souvenirs d'associations, participation financière et événementielle des expositions philatéliques, etc.

La Danmarks Filatelist Forbund, qui connaissait les mêmes difficultés que d'autres fédérations nationales, voit l'année 2026 devenir une période de décisions graves aux yeux de l'auteur britannique.

Par la fin du courrier affranchi en timbres illustrés, PostNord Danmark cessent le financement direct ou indirect de la philatélie danoise, confrontant les collectionneurs fédérés ou non aux choix budgétaires de la Fédération et des représentants de ses associations membres.

Outre des décisions logiques en période difficile, la bibliothèque fédérale, trop peu utilisée, vient d'être fermée et dispersée entre ce qui a été rendu au musée ENIGMA, des éléments précis transmis à la Société d'histoire postale danoise pour numérisation et publication en ligne, et le reste vendu à la maison Göta Frimärken.

La Société philatélique royale de Londres, l'American Philatelic Society et une poignée d'autres bibliothèques en Allemagne, en Amérique du Nord, jusqu'aux associations locales, ont montré l'importance d'une bibliothèque de recherche adaptée aux intérêts de leurs membres.


King, qui a montré qu'il tient à une philatélie organisée solide et financièrement autonome, conclut que la situation danoise l'inquiète grandement et sert de preuve qu'il ne faut pas attendre pour aller vers le grand public, et apparemment pas certains opérateurs postaux actuels.

vendredi 26 décembre 2025

La vie en philatélie organisée de Chris King

 Le numéro automne-hiver 2025 de la Philatelic Literature Review, journal de l'American Philatelic Research Library, et, en version longue sur le blog de l'auteur, l'historien de la philatélie Abhishek Bhuwalka propose un long entretien avec le Britannique Chris King, qui depuis un quart de siècle participe de l'évolution de la Société philatélique royale de Londres (RPSL) d'une part, et de la philatélie organisée d'autre part.

En-tête de l'article posté le sept novembre 2025 sur le blog The Philatelist, version longue de l'entretien.

Devenu semestrielle cette année et allégée des listes d'entrées d'ouvrages de la bibliothèque de l'American Philatelic Society, la Philatelic Literature Review vise à l'actualité des bibliothèques philatéliques, la recherche sur comment furent établies de grandes publications depuis origines des commerces ou études philatéliques et postales, ainsi la biographie de leurs auteurs.

Dans ce cadre, l'Indien Abhishek Bhuwalka (ici se présentant sur son site d'auteur et collectionneur) y transmet régulièrement des entretiens avec des bibliophiles, des libraires philatéliques.


À soixante-seize ans, et entré en philatélie exposée à cinquante, le cheminement de Chris King demande de nombreuses pages puisque son parcours personnel permet de voir apparaître le collectionneur spécialisé, mais aussi l'administrateur organisé et réfléchi dont la RPSL et la philosophie de la philatélie avaient besoin en ce début de vingt-et-unième siècle.

La lecture de cette autobiographie guidée permet de voir comment Chris King fut un collectionneur comme beaucoup (enfant ayant abandonné jeune adulte, mais repris avec plus de passion encore), et que sa vie professionnelle et politicienne l'a formé à des compétences indispensables aux sociétés philatéliques dans lesquelles il s'est, tardivement, investi.

Le rôle de son épouse, la Danoise Birthe Troelsen, rencontrée lors d'un stage professionnel à Venise, est déterminant, au point qu'ils ont créé le Double Geneva Club, en 2016, pour les couples philatélistes. Birthe a permis le déchiffrement et la traduction des courriers que Chris étudiait dans ses spécialités autour des duchés du Schleswig et de Holstein, puis des routes postales autour de la Scandinavie. À tel point que sa première exposition en classe ouverte au London Stamp Show 2000 est autant la sienne que celle de sa femme. Ensuite, celle-ci se prend de passion avec des collections sur la Seconde Guerre mondiale au Danemark et en lien avec le génocide perpétré par les nazis.


Je laisse la découverte des détails d'avant cette collection exposée, et surtout, de la suite. Mais quelques points m'ont intéressé.

Parmi les réponses aux questions d'Abhishek Bhuwalka, Chris King rappelle que la présidence de deux de la RPSL est en fait un parcours d'une décennie au sein de son Bureau, et dont la présidence est la partie centrale. L'étude de la modernisation du 41 Devonshire Place, siège historique de la RPSL, puis de sa vente et la gestion quotidienne et sur place du chantier du 15 Abchurch Lane, ont eu lieu après, sous le titre de Past President.

Cela permet à King de montrer qu'avant son adhésion en 2005, les membres du Bureau sont déjà en train de faire évoluer cette société d'apparence élitiste en une société explicitement ouverte à de nouveaux membres, mais surtout à offrir au plus grand nombre ses ressources de recherche.

Tragiquement, Frank Walton (1953-2022) fait partie de ce grand moment d'ouverture et de projets... avec leur fragilité. La genèse de la Global Philatelic Library, incluses les négociations avec le Smithonian en charge du Musée postal national de Washington, montre le bouillonnement d'idées entre King et Walton, mobilisant les cadres de la RPSL autour d'eux. Mais, également que depuis la mort prématurée de ce dernier, il manque une cheville ouvrière pour la Bibliothèque globale.

Car, au terme de la lecture qui montre un Chris King ayant déjà une année 2026 déjà bien remplie, son souci constant est : comment rendre l'ensemble des ouvrages, archives, collections de la Société philatélique royale de Londres, mais aussi du plus grand nombre de sociétés et associations philatéliques accessibles, au moins qu'un moteur de recherche permette d'en connaître l'existence ?

Le séminaire Crawford, en liaison avec le musée intégré à la RPSL, des présentations reprenant les définitions des disciplines et classes d'exposition philatéliques, et donc ouvrant les possibles ouvertures vers l'histoire sociale, les autres collections d'objets (monnaie, affiches, pamphlets, etc.).


À une autre échelle, enfin, Bhuwalka demande à King s'il pense que, depuis les confinements du covid-19, le développement rapide des conférences virtuelles, en parallèle des rencontres physiques, est une bonne chose pour la philatélie.

Là, il est pessimiste. Certes, le virtuel a permis de rapprocher les membres lointains de leurs sociétés, en particulier la très-londonienne RPSL. Cependant, cela a fortement ralenti l'adhésion de membres, leurs visites au 15 Abchurch Lane, la découverte des idées et compétences de chacun.


Je conseille vivement la lecture des entretiens réalisés par Abhishek Bhuwalka, et plus généralement la lecture de la Philatelic Literature Review. La philatélie a besoin d'une mémoire, d'un Who's Who qui ne soit pas qu'une parade des propriétaires de British Guyana, plus de la biographie de ce qu'ils ont apporté à leur échelle à la collection, à l'exposition, à la curiosité générale. Avec remise dans le contexte de l'époque car on est rarement seul comme Chris King le rappelle pour la période 2000-2015 concernant la Direction de la RPSL.

jeudi 14 août 2025

Archives, recherches et rédaction dans The London Philatelist été 2025

 Dans le numéro juillet-août 2025 de The London Philatelist et ses compléments sponsorisés, les membres de la Société philatélique royale de Londres (RPSL), l'Association internationale des journalistes philatéliques (AIJP) et deux grandes maisons de commerce proposent abondance de conseils et de ressources passés et à venir sur le rôle des archives, de la recherche et de la rédaction en philatélie.


Ce qui a attiré d'abord mon regard a été le fascicule édité par l'AIJP et la maison aux enchères allemande Heinrich Köller pour annoncer un Sommet sur la littérature philatélique suivi de la vente de « La Bibliothèque "PARIS" », les treize et quatorze novembre 2015 pour le premier, le quinze pour la seconde ; le tout à Wiesbaden, en Hesse.

Le Suédois Tomas Bjäringer cède son immense bibliothèque philatélique aux enchères, dont une partie est photographiée au siège de la maison d'enchères, rangée comme au départ dans ses étagères d'origine.

Le catalogue est téléchargeable en pdf sur le site de vente, sous le nom donc The "PARIS" Library (sa seconde ville de résidence), et numéro 387, ISBN 978-3-911997-32-4.

Plus de mille deux cents ouvrages des origines de la timbromanie aux ouvrages récents de référence aux tirages limités ; présentés pour certains comme rares et/ou reliés luxueusement, de provenance à faire frémir les fans d'autographes ; ou, plus utile à mon avis, annotés par l'auteur, le marchand aux enchères, ou un de ses propriétaires.

Attention aux spécialistes de la Suède, la partie de la bibliothèque de Tomas Bjäringer sur son pays sera proposée le trente novembre par GÖTA Frimärken, à Göteborg, même si la liste des lots suédois est reproduite dans le même fichier pdf.

Le catalogue comprend plusieurs pages sur l'œuvre philatélique de Bjäringer, principalement ses réalisations en écriture philatélique, sa participation à l'organisation de grands moments bibliophiles tels une partie de sa collection lors de Stockholmia 2019 pour les cent cinquante ans de la RPSL ; ainsi qu'une sorte de « généalogie » philatélique, à la fois familiale et de ses mentors.

Avant la liste des lors, Bjäringer présente les dix livres qu'il emporterait sur une île déserte et une page présente celle à qui il confie la reliure de ses ouvrages depuis deux décennies : Annika Baudry de ateljé b, une Suédoise, diplômée et installée à Paris.

Vue l'inflation des tarifs postaux, notamment pour les colis express avec assurance, Henrich Köller offre deux pour cent de ristourne sur les frais du vendeur (buyer's premium) aux acquéreurs qui viendront retirer leurs lots le lendemain, dimanche quinze novembre.


Pour ces objets spécifiques que sont les livres philatéliques, à la fois fruits de la recherche, outils de travail des chercheurs suivants, et objets de collection, l'AIJP organise un sommet sur la littérature philatéliques, toujours à Wiesbaden, les deux jours précédents cette vente.

Certes, avec un hôtel partenaire, on pressent que cela aidera à attirer des acheteurs à de petites vacances philatéliques en Allemagne, mais le titre des exposés et discussions montre le développement des questionnements.

Venus d'Allemagne, du Royaume-Uni et de Suède principalement, et quelques autres pays européens, les animateurs s'interrogeront, entre autres le premier jour :

- la littérature philatélique se limite-t-elle aux timbres et donc à la période depuis le six mai 1840 (Chris King) ;

- Karl Louis, connu pour tenir des bases de données philatéliques, d'histoire postale et de littérature, présentera l'intérêt et les limites des catalogues de vente aux enchères comme fondements de « registres philatéliques ». Il sera suivi par James Podger sur comment collectionner lesdits catalogues ;

- L'après-midi du premier jour verra la question des collectionneurs renommés (provenance, valeur de placement, j'imagine) autant que celle de la conservation d'une bibliothèque privée.

Le deuxième jour sera celui des études de cas, entre autres :

- des grandes bibliothèques de référence allemandes : à Wuppertal, Hambourg et celle nommée en mémoire d'Heinrich Köller à Francfort-sur-le-Main ; et celle de la RPSL à Londres ;

- des éditeurs passées (Jean-Baptiste Moens, et un panorama sur la littérature suisse) et actuels avec The Stuart Rossiter Trust.

Pour clore, Claudio Manzati posera une question d'actualité : « Lancer un journal international d'histoire postale de nos jours : une idée folle ou un défi raisonnable ? »


Néanmoins, il faut bien que ses livres aient été rédigées, des recherches menées pour les emplir de connaissances aussi fiables que possible.

Et là, le numéro lui-même du London Philatelist présente le compte-rendu du Crawford Festival qui s'est tenu les vingt-quatre et vingt-cinq juin 2025, au siège de la RPSL, 15 Abchurch Lane, à Londres.

Les archives étaient le thème de ce colloque annuel sur la recherche philatélique, nommé d'après James Lindsay, comte de Crawford (1847-1913), grand bibliophile et sûrement un des premiers à acquérir et mettre en valeur les épreuves et essais qui participent de la genèse des timbres-poste.

La première présentation par le Français Maurice Hadida et le Gibraltarien Richard Garcia a montré comment leur ouvrage sur les postes locales et chérifiennes du Maroc a précisé, corrigé, voire découvert des connaissances en partant des archives diplomatiques de Gibraltar, Espagne, France, Royaume-Uni et Allemagne.

Un labeur de quelques décennies, dans des archives non postales a priori, mais qui contiennent des informations indispensables pour comprendre des services tenus par des étrangers, parfois sur des périodes très courtes... à peine le temps pour la presse philatélique de l'époque de les découvrir.

Cette réflexion est commune avec le troisième intervenant, Richard Scott Morel, conservateur des Collections philatéliques de la British Library, quand il présente des objets des collections nationales du Royaume-Uni : diplôme d'un grand scientifique portant un timbre fiscal de quarante shillings (cher !), une lettre supposée écrite par Jack l'éventreur,...

Des items parfaitement identifiés, catalogués pour leur importance historique, mais pas philatélique ou postale. Le conservateur d'insister sur l'importance des méta-données : cette formalisation des archivistes et documentalistes pour décrire et indexer au départ de la conservation... au risque sinon que les chercheurs suivants ne puissent redécouvrir faute de pouvoir rechercher dans le catalogue général, aussi informatisé soit-il.

Notamment pour des domaines spécialisés, que je dirais « de niche », pour lesquels la connaissance ou prise de consciences des professionnels peut manquer, vu l'immense champ des possibles face aux archivistes (et aux documentalistes dans les bibliothèques).


Justement, la numérisation d'archives a été l'objet de deux exposés, les deux pour mettre à disposition plus aisément au public potentiel, mais le but de la conservation n'est pas la même.

Éviter d'user les archives, pouvoir indexer leur contenu pour faciliter des recherches et la consultation immédiate chez soi sur un ordinateur, a été le but et les étapes du travail mené par la RPSL et des membres volontaires pour les archives de production de timbres-poste de l'imprimeur Perkins-Bacon en possession de la Société. Le processus de numérisation depuis la manutention des registres jusqu'à la livraison des fichiers a été expliqué par deux responsables de Max Communications, l'entreprise spécialisée au Royal Warrant, qui a réalisé cette tâche.

Cependant, David Beech, ancien président de la RPSL et prédécesseur de Morel à la British Library, rappelle comment Alan Druce et lui ont développé les connaissances sur cette imprimerie quant il s'est révélé que, difficiles à trouver et consulter, des archives se trouvaient également à la British Library et aux Archives nationales... alors que les chercheurs n'allaient que vers celles possédées par la RPSL, les seules dont le public avait le plus facilement connaissance grâce à l'achat et à la numérisation par l'association.

D'un autre point de vue, comment conserver les collections d'exposition compétitives qui sont, par nature, temporaires puisque le collectionneur crée un bilan de recherche philatélique, thématique, classe-ouvertiste sur un sujet donné à partir d'objets collectionnés... avant de les sortir de cet ensemble pour en revendre une partie, constituer une autre approche, remplacer par mieux, passer à tout autre chose, etc.

C'est pourquoi l'actuel président de The Museum of Philately, Simon Martin-Redman, a expliqué l'initiative de David Feldman, fondateur de la maison d'enchères éponyme, et Marcus Orsi de conserver sous forme numérisée les collections ayant obtenu une médaille Grand Or dans une exposition internationale. Devenue une entreprise non-profitable, le musée virtuel utilise ses bénéfices pour développer la philatélie dans le monde.

L'avantage du colloque-séminaire est que le public présent semble avoir répondu de manière critique au Museum of Philately. L'intérêt est vu immédiatement pour retrouver des connaissances et des objets à l'avenir ; assurer la provenance et l'histoire des propriétaires d'un objet ; la simplicité de consultation.

Néanmoins, la question de l'indexation est revenue, ce dont le président a conscience : actuellement, l'organisation vise la facilité d'accès, pas encore les méta-données de chaque item inclus dans les collections...

Personnellement, pour revenir au Sommet sur la littérature philatélique de novembre prochain, j'espère que les intervenants présents à Londres en juin s'interrogeront alors sur comment indexer les lots de chaque catalogue de vente aux enchères... Tout indexer, quels lots ? Et, questions posées au festival : la reconnaissance automatique de caractères et des logiciels d'indexation de mots sont-ils déjà efficaces ? Les deux participants de Max Communications n'écartent pas ces outils, mais signalent la constante nécessité d'une vérification humaine du travail réalisé par la machine. 


C'est ainsi que, lors de la quatrième et dernière demi-journée, Chris King seul, puis en discussion avec un panel, a insisté sur l'importance d'aller aux archives, aux sources primaires pour construire la connaissance philatélique et d'histoire postale.

Les auteurs reprenant pour argent comptant les écrits antérieurs sans vérification, mais King déplore également la difficulté à accéder aux archives principales, non numérisées ou nécessitant de trop coûteux voyages. En plus du problème de l'indexation et des méta-données.

Et là, je ne peux conseiller à ceux qui sont intéressés par ses questions à s'abonner à la revue de l'American Philatelic Research Library, qui est partie de l'American Philatelic Society, mais dont la cotisation-abonnement est dissociée : nul besoin de prendre les deux.

En effet, ce sont des enjeux permanents en archives et même en bibliothèque-documentation que le panel a évoque comme l'APRL : indexation ; durabilité des moyens de stockage numérique (autant matériels que logiciels) ; et puisqu'un représentant des archives postales britanniques était présent pour signaler ce qui pouvait intéresser les philatélistes, la nécessité d'identifier les acteurs-clés des archives sur un temps long : propriétaire [idée personnelle : le dépositaire le reste-t-il ?], conservateur, financeur [voir premiers crochets ; autres financements pérennes ?],...

Évidemment que les philatélistes, qui ont acheté des essais et tirages particuliers d'imprimeries philatéliques privées ayant liquidé leurs archives, sont heureux... Les chercheurs moins.


Pour illustrer tout cela, des articles de philatélie sociale sur les civils pendant la Seconde Guerre mondiale sont proposés dans ce numéro. Les auteurs ayant le souci de retrouver les correspondants et le contexte de leurs échanges.

Et un article de John Stimson sur l'achat grâce à deux mécènes (dont Patrick Maselis) et le dévoilement par la RPSL d'une des trois copies historiques du portrait de la Reine Victoria par Alfred Edward Chalon, dont l'original est passé de la Famille royale britannique à celle de Belgique, et est connue des philatélistes de l'Empire colonial britannique, de l'Océanie au Canada, en passant par les Indes occidentales.

L'avantage des archives et des recherches bien documentées permet ainsi à l'auteur d'expliquer comment le « Chalon portugais » est dit « portugais » et quel parcours l'a mené jusqu'à Londres.


Enfin, le deuxième cahier publicitaire est véritablement un périodique de connaissances en lui-même : le dixième numéro de The Corinphila Gazette daté août 2025, publié par la maison d'enchères allemande Corinphila.

Certes, un journal par une entreprise marchande est bien pour attirer des collectionneurs souhaitant vendre leurs biens les plus précieux, et signaler le contenu des prochaines ventes.

Néanmoins, l'activité d'édition de collections médaillées internationales en coopération avec Heinrich Köller, la série Édition d'Or ; les principales dates des cent années de la CORportation INternationale de PHIlatélie ; et les annonces de nouveaux livres spécialisés ; complètent la presse philatélique grand public.


Au final, comment conserver un linéaire de livres, catalogues, journaux, « presse publicitaire », timbres en albums et classeurs, dont plusieurs adaptés aux enveloppes, voire morceaux de colis,...

Sans parler du temps de loisir nécessaire...

Je comprend mieux pourquoi se spécialiser.


Merci à toutes les personnes, institutions et entreprises mentionnées pour cette lecture estivale qui sert de piqûre de rappel à tous, même à moi (mes articles sur la Corée doivent être bourrés d'erreurs ou de manques de recherche ; que mes libellés ne doivent pas permettre de retrouver facilement des informations ; etc :(

vendredi 31 décembre 2021

De la bibliophilie philatélique

 Je ne savais pas trop à quoi m'attendre quand j'ai pris l'abonnement à The Philatelic Literature Review en 2017, inspiré par l'inauguration en 2016 de la nouvelle bibliothèque de l'American Philatelic Society dans une ancienne fabrique d'alumettes, à Bellefonte, en Pennsylvanie.

Ces deux dernières décennies, je tends davantage à lire magazines et livres philatéliques, à postcrosser quand j'y pense, à m'amuser des formes actuelles du courrier sur ce blog, et, un peu rarement, à collectionner et étudier les éléments de cette collection.

Lire une revue consacrée aux livres et à la documentation philatélique s'est donc avérée une expérience intéressante : historique des premiers ouvrages et catalogue, récit de la constitution de grandes œuvres et de leurs sources, biographie des bibliophiles et auteurs importants, interrogation sur l'indexation à l'ère d'internet,...

La couverture du quatrième numéro de 2021 de The Philatelic Literature Review, mettant en avant la vente Turner et les souvenirs de marchand bibliophile Bill Hagan.

En plus de l'actualité du réseau de la Global Philatelic Library et des acquisitions de l'American Philatelic Research Library - le nom officiel de la bibliothèque de l'APS, l'adhérent-chercheur appréciera l'accès à des ventes d'ouvrages entre membres et, sur devis, à la recherche à distance à l'aide des bibliothécaires-documentalistes sur place.

The Philatelic Literature Review est une excellente parenthèse trimestrielle parmi les articles sur timbres et histoire postale de type « Trouvons tous les types du catalogue » - ce qui demande en effet une lecture pertinente de nombreux ouvrages, alors : Citez vos sources ! -, surtout depuis que Abhishek Bhuwalka y publie des entretiens avec des marchands spécialisés en littérature philatélique.

Le dernier en date est paru dans le numéro du dernier trimestre 2021 : les souvenirs de carrière de William Hagan (né en 1940) dans les années 1970 et 1980. Il s'illustra entre autres dans une rubrique de la PLR sur les tendances des prix des ouvrages philatéliques.

Ce qui est un point de départ intéressant pour les leçons qu'il partage au fil de l'entretien sur les questions que les bibliophiles et les collectionneurs de timbres et d'histoire postale devraient se poser avant d'acheter quoique ce soit. Ainsi, pour certains ouvrages publiés par épisodes sur abonnement, quel est le degré de complétude de l'accumulation proposée dans une vente ? Pour des publications comprenant des reproductions de timbres collés ou des créations de faussaires célèbres, quelles figurines s'y trouvent ? Un propriétaire précédent ne s'est-il pas servi pour compléter sa propre collection ?

À destination du public général, c'est une leçon généralement admise que Hagan rappelle, mais fort opportune à répéter en ce jour de bilan qu'est le trente-et-un décembre. La bibliothèque d'une personne cédant une collection et la manière dont il va l'utiliser devant le potentiel marchand pour prouver comment cette bibliothèque justifie l'intérêt de la collection est un élément essentiel qui distinguera l'évaluation basse - et très rapide - d'une collection revendue en bloc d'une évaluation fort correcte à finaliser lors d'une vente aux enchères.

Accumuler sans savoir, sans mettre en forme, sans faire savoir ne permet pas de revendre à bon prix.

 Lectures et études permettent cela, d'où l'intérêt de la bibliothèque personnelle et des multiples adhésions aux sociétés variées dotées d'une bibliothèque collective et du réseau de connaissances - dans tous les sens de ce dernier terme.

Et, par l'histoire de la dispersion aux enchères d'une importante collection bibliophile, Hagan explique le principe économique sous-jacent : décrire un lot pour une vente prend autant de temps que le lot ait une valeur potentielle seul ou dans un vaste ensemble. Donc, le temps coûtant de l'argent, quand il n'y a plus assez d'argent pour justifier de repousser la vente, on liste des cartons entiers sans vraiment savoir ce qu'ils contiennent.

L'abonnement à The Philatelic Literature Review est possible sans forcément adhérer à l'APS ; cette dernière adhésion comprend cependant le mensuel The American Philatelist, un marché entre membres et un service d'expertise. Les articles publiés de Abhishek Bhuwalka se trouvent par ici, et ses activités aussi sur son fil Twitter et son blog The Philatelist.

mercredi 1 juin 2016

La Bibliothèque Crawford est en ligne

Depuis lundi trente mai dernier, une immense partie de la bilbliothèque philatélique du 26e comte de Crawford est enfin recherchable et lisible en ligne depuis le site de la Bibliothèque philatélique globale.

Cette mise à disposition est le fruit du travail de conservation et de microfilmage des employés de la British Library sous la direction du conservateur David Beech des années 1980 à 2000, suivi d'une grande opération de numérisation organisée par la bibliothèque nationale britannique, avec financement du British Philatelic Trust et le volontariat des dirigeants de la Royal Philatelic Society London, hôte des serveurs de la Global Philatelic Library.
La page donannt accès aux catalogues de la bibliothèque et, sur le côté, aux suppléments du London Philatelist liés (copie d'écran réalisée le mercredi premier juin 2016).
Sur la page d'entrée de la Global Philatelic Library, il suffit de cliquer sur le logotype de la British Library pour atteindre le menu de recherche. Néanmoins, cliquer sur le Click here en-dessous permet de trouver le catalogue de la bibliothèque et, sur le côté droit, l'édition renouvelée de 1991 du catalogue (en haut) et les deux suppléments du London Philatelist consacré à James Ludovic Lindsay (en bas), à sa biliothèque philatélique et sa conservation (au milieu).
Le résultat de la recherche "france" (capture d'écran du mercredi premier juin 2016).
Une lecture du catalogue aidera grandement. Certes la bibliothèque Crawford contient l'essentiel de la toute la littérature philatélique jamais publiée jusqu'en 1911, et la numérisation ayant compris quatre-vingts pour cent de la bibliothèque (moins les ouvrages non microfilmés et ceux couverts par un copyright comme les premiers catalogues Yvert et Tellier...).

Mais, mes premières recherches avec des noms de colonies britanniques ont été décevantes ou données des résultats peu nombreux :'(

Ci-dessus, les premiers résultats des 714 occurences de France dans la Bibliothèque. Le tout premier fut publié en 1909 par C.A. Howes dans un journal philatélique de Boston, d'après les publications d'Arthur Maury : c'est le récit des tribulations des émissions d'usage courant françaises entre l'impopularité du type Mouchon et les multiples retouches du dessin de la Semeuse de Roty. Dans le style savoureux - désormais pompier - de l'époque.


Clip de présentation de la Royal Philatelic Society London, postée sur youTube le jeudi vingt-six mai 2016.

Le lancement de la Bibliothèque Crawford en ligne a été organisé pour coïncider avec l'exposition internationale de New York. Dans ce contexte, l'une des institutions fondatrices de la Global Philatelic Library et habituées à la numérisation des archives philatéliques (celles de De La Rue par exemple), la Société philatélique royale de Londres a désormais une vidéo publique sur youTube présentant ses activités, ses locaux dont les trois salles de lecture-bibliothèque, et les collections de périodiques et de catalogues de vente sur plusieurs décennies.

Bon, le rat de bibliothèque que je suis va aller se vautrer dans la Crawford Library avant de plonger dans les ouvrages plus récents du 41 Devonshire Place cet été.

mercredi 2 mars 2016

La bibliothèque Crawford prochainement à portée de clic

En cadeau avec le numéro daté mars 2016 du London Philatelist, la Royal Philatelic Society London joint un supplément signé David Beech sur l'histoire de la conservation de la bibliothèque philatélique de James Ludovic Lindsay, 26e comte de Crawford, depuis la naissance en 1847 du bibliophile par héritage paternel jusqu'à la mise en ligne d'une grande partie de ces ouvrages le lundi trente mai 2016 sur la Global Philatelic Library, regroupant sept bibliothèques britanniques, états-uniennes et une allemande.
Le personnage saisi par Leslie Ward (signant Spy) pour le numéro de Vanity Fair, le onze mai 1878. Il est alors député, astronome bibliophile, mais pas encore comte Crawford (domaine public à partir des collections du Smithsonian).
Inscrit comme un des « pères de la philatélie » sur la première page fondatrice du Roll of Distinguished Philatelists en 1921, Crawford vécut de 1847 à 1913 et suivit la passion bibliophile de son père en constituant la Bibliotheca Lindesiana dont deux parties ont marqué les esprits par les gestes de leur propriétaire.

Passionné d'astronomie au point de financer, organiser et participer à des expéditions dont une pour l'île Maurice pour observer le transit de Vénus devant le Soleil, le neuf décembre 1874, une des actions qui sont récompensées du titre de Fellow de la Royal Society à l'âge de trente ans. Il donna sa bibliothèque d'astronomie (quinze mille livres et pamphlets du treizième au dix-neuvième siècle) à l'Observatoire national d'Édimbourg.
Ex-libris de la Bibliotheca Lindesiana, communément appelée la bibliothèque Crawford (vers 1900).
Côté philatélie, il a connu la collection jeune, avant une très longue parenthèse jusqu'à un achat d'un lot de manuscrits arabes et grecs qui comprenait également la collection de timbres du Colonel John Chard, mort en 1897. Comme pour d'autres domaines, il plonge dans la recherche philatélique : constitution de la bibliothèque la plus exhaustive de tout ce qui a pu être publié avec, notamment, deux achats monumentaux des collections de l'États-Unien John Kerr Tiffany et de l'Allemand Heinrich Fraenkel.

Mais également, ce qui est inédit en ce tout début du vingtième siècle, il collectionne les essais et épreuves, des fraudes, et compile les évolutions de nuances, de dentelure,... et les contextes des émissions. Bref, la philatélie spécialisée telle qu'elle est pratiquée depuis.

L'accumulation léguée à la nation à la mort du comte est telle que rien que l'établissement du catalogue par Edward Denny Bacon, publié en 1911, est considérée comme un tour de force et une œuvre essentielle en tant que telle : la bibliothèque comprendrait 95% de toute la littérature jamais publiée alors et le catalogue liste même les 5% manquants !

Surtout, et c'est la deuxième partie du texte du conservateur retraité David Beech qui va intéresser le bibliophile et le philatéliste contemporain. Devenu un des trois conservateurs des Collections philatéliques du British Museum en mars 1983, il peut enfin découvrir le Graal de la bibliothèque léguée par le comte Crawford à la nation... dans un bien piètre état, la rendant difficile à consulter par le public.

Les deux guerres mondiales et les crises économiques successives ont limité les capacités financières pour s'occuper dignement des milliers de volumes. Beech parvient à lancer un plan de conservation et d'entretien à partir de juillet 1985, à raison de cinquante à soixante-dix milliers de livres sterling par an. Un nouveau catalogue est établi en 1991 et la collection logée par la nouvelle British Library depuis 1972 et sur son site de Saint Pancras depuis 1997.

Au cours de ces opérations, 78% des ouvrages de la bibliothèque Crawford ont été photographiés sur microfilms. La numérisation de ces derniers était en cours depuis 2013 grâce à un financement du British Philatelic Trust et avec les compétences techniques de Fellows de la Royal Philatelic Society (voir la qualité des archives numériques du London Philatelist, de leur moteur de recherche, et aussi de leur stabilité et mise à jour logicielles).

Le résultat sera visible de tous après le lancement cérémonial lors de l'exposition internationale de New York, le lundi trente mai 2016 sur la plate-forme de la Global Philatelic Library, qui sert de portail commun fondées par le Smithonian, l'American Philatelic Research Library et la Royal Philatelic Society London.

Actuellement, l'édition 1991 du catalogue de la Bibliothèque Crawford est lisible ; à partir de fin mai, de nombreux ouvrages des premières décennies de la Philatélie seront consultables en format texte grâce à la reconnaissance optique de caractères, mais le stockage des scans au format pdf posent encore souci : plus d'un million deux cent mille pages ! Les futurs lecteurs sont invités à bien réfléchir quelles lectures souhaitent-ils réaliser au format pdf pour ne pas ralentir les serveurs et l'utilisation commune.

Vivement le trente mai.

Mais alors que le lecteur referme ce supplément du London Philatelist, il découvre un dessin trouvé dans un de ces livres de la Bibliothèque Crawford : de mémoire, Adolph Reinheimer représente le musée Vandermaelen de Bruxelles, visité en 1852. Sur un pan de mur, entre deux portes, entouré de lances, de boucliers et de cors de continents bientôt colonisés, un cadre contient une « Collection des timbres-postes d'affranchissement en usage dans différts pays du Monde ». Magnifique.


Post scriptum franchouillard : "The Crawford Library Digitisation Project has only been possible with the co-operation of the British Library, the British Philatelic Trust and the Royal Philatelic Society London with the Global Philatelic Library and the many people mentioned in this text. This is a project that could ave only have been accomplished in the United Kingdom."


Complément du jeudi vingt-quatre mars 2016 :
Le supplément de London Philatelist contenant l'article de David Beech et la republication de celui d'Edward Bacon est disponible au format pdf à partir du site de la Global Philatelic Library.

samedi 9 janvier 2016

Des surcharges du Laos actuels ou de l'importance des forums philatéliques

Comment savoir ce qu'il se passe dans le monde philatélique en dehors des nouvelles émissions des postes disposant d'un site internet de vente ? Comment savoir ce qui existe et où le trouver quand on n'a pas d'idée ?

Demander ou proposer sur un forum où plusieurs philatélistes auront la réponse ou son usage, tout le moins des pistes de recherche.

Deux exemples récents finement reliés par le hasard.

Pas d'image repris de ces forums, ni de demande d'autorisation de les reprendre : allez lire.

Des surcharges provisoires à l'exploration du monde
Depuis août 2014, les participants du forum anglophone aux fondateurs australiens StampBoard.com entretiennent un fil de discussion parti d'une question pour vérifier une impression : les surcharges pour modifier la valeur faciale des timbres est une chose du passé...

En quelques heures, la liste des pays ayant connu de telles surcharges depuis 2000 et les causes possibles se succèdent - changement des tarifs, nouvelle devise monétaire, stocks immobilisant du capital, coût de nouvelles émissions - jusqu'à l'exemple probant du Laos en mars 2014.

Un des participants raconte comment la poste du Laos a dû organiser en mars 2014 une application manuelle à l'unité de surcharge sur des stocks vieux de trente ans - très art communiste exalté - afin de permettre d'appliquer de nouveaux tarifs l'été suivant sans avoir à passer une coûteuse commande pressée de nouveaux timbres. Avec cérémonie officielle de brûlement des tampons.

Avantage des forums est qu'avec la fonction recherche, ce passé se retrouve et se complète : un autre participant en voyage récemment au Laos signale qu'une nouvelle session de surcharge a eu lieu en mars 2015 d'après une carte postale envoyée cet hiver.

Cette lecture permet de comprendre que les pays sans émission de timbres ont une actualité philatélique qui suppose cependant d'être dans le pays ou d'y avoir des correspondants : donc de voyager ou d'écrire... Certes, les sites d'enchères ont des offres, mais comment évaluer si le prix est convenable sans savoir nombre, disponibilité, etc.

Ce partage peut aller jusqu'à publier sa collection sur internet, comme les surcharges de Tonga de 2002-2004 par Stephen Zirinsky. Il publie énormément de choses sur son site concernant des pays aux noms qui feraient soupirer les « collectionneurs sérieux »... mais à partir des usages réels dans les bureaux de poste où ces surcharges et autres timbres et marques postales sont des nécessités pour assurer un service efficace aux expéditeurs tout en coûtant le moins cher possible à l'entreprise.

Un dernier exemple amusant, que j'ai connu au bureau de Pai dans le nord de la Thaïlande : le postier déjà prêt. À Pai, village dont les besoins sont courrier des résidents permanents, cartes touristiques et colis d'artisanat local, ce fut une postière capable de contenter cinq clients par minute grâce à formulaires, classeurs de timbres et autres fournitures classés au cordeau et, pour les timbres, déjà découpés.

Dans ce même fil sur les surcharges actuelles, un participant raconte le récit d'un voyage en 2013 dans une localité du Nigeria où, pour gagner du temps, le postier avait collé des timbres de dix pesewas sur des timbres de quatre-vingt-dix pesewas de 2008 pour constituer le nouveau tarif de un cedi.

Et aussi Fidji, la Papouasie-Nouvelle-Guinée,...

Des surcharges provisoires du dix-neuvième siècle au voyage dans le temps
Alors que je jonglais avec ces récits philatéliques, voilà qu'un philatéliste, Michel, qui mérite largement récompenses et distinctions académiques pour son œuvre de compilation de toutes publications philatéliques existantes ou ayant existé, a mis en ligne le résumé bibliographique du sommaire de La Gazette timbrologique pour ses numéros du premier trimestre 1893.

L'émulation du forum fr.rec.philatelie (par ici) permet de remercier le compilateur et de proposer d'approfondir sur le site de la Bibliothèque nationale de France qui propose à la lecture publique l'intégralité de cette revue de 1891 à 1896, depuis l'été 2015 semble-t-il.

Et le feuilletage permet de retrouver des problématiques permanentes des années 1890 à nos jours : comment savoir ce qui est émis de par le monde, comment se le procurer, des experts auto-proclamés refusant la diffusion des moyens de découvrir les faux, jusqu'à savoir si les surcharges provisoires des timbres des colonies sont des émissions justifiées ou des pièges à collectionneurs... dans une revue qui propose une prime de dix pour cent sur le remboursement des frais (achat des timbres et port nécessaire) des correspondants à l'étranger qui signaleraient une émission provisoire.

Les classements créés par Michel multiplient les angles d'attaque pouvant convenir à nombre de chercheurs, et le travail d'indexation est suffisamment complet pour rendre son moteur de recherches indispensable à ceux qui veulent savoir ce qui peut exister en un gros siècle et demi de publications.

La bibliothèque par-delà l'espace et le temps
Ensuite, il faudra trouver la bibliothèque au livre désiré.

Physiquement, celle d'une association locale, celle du musée de La Poste à Paris, celles de Londres (RPSL, National Library) voire plus loin avec le projet Global Philatelic Library.

Numériquement, si l'auteur a disparu depuis plus de soixante-dix ans, les sites de bibliothèques nationales et archive.org peuvent aider à trouver sa version livre électronique que des applications permettent de lire dans un navigateur internet ou sur une tablette/smartphone actuels. Sauf à être déjà abonné et lié à des systèmes propriétaires (Apple, Amazon), préférez les fichiers epub si le texte est prépondérant ; pdf et autres formats de publications sont commodes en cas de mise en page et d'illustration particulières.

Même si cela suppose que ceux qui ont des ouvrages non recensés, rares ou oubliés de proposer leurs connaissances à Michel l'auteur de Revues et documents philatéliques et marcophiles (docs.philateliques.free.fr) ou des notices aux bibliothèques philatéliques.


Bref, lire et faire savoir.
Il est possible de bien lire sans acheter de timbres ; plus rarement de bien acheter sans avoir lu.
Ce qui relance une question débattue sur Stamp Boards : le marchand de timbres collectionne-t-il ? Et l'expert ?