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mercredi 22 avril 2026

La Sky Post au sommet de la Tour Namsan à Seoul

 Enfin, j'arrive à écrire cet article sur une des meilleures expériences de mon séjour en Corée, en juillet 2024 : le magasin de souvenirs et son service d'aide à l'envoi de cartes postales au sommet de la Tour Nansam à Seoul.

La tour de télécommunications sur fond nuit aux monuments de Seoul, avec timbre personnalisé de la boutique de souvenirs au sommet de la tour (tous droits réservés).

La N Seoul Tower se trouve sur la rive droite du fleuve Han, sa partie historique et touristique, au sommet d'une forêt fort humide en juillet (littéralement, la colline dégouline d'eau dès qu'on sort des chemins balisés). Pour y accéder, un téléphérique puis l'ascenseur sans fenêtre de la tour.

La boîte aux lettres rouge de la Skypost : la boutique de souvenirs assurant la redescente des cartes postales qu'on lui a achetées (photographie sous licence creative commons cc-by-nc-sa).

Ainsi, le jeudi vingt-cinq juillet 2024, j'ai gorgé de sueur mon premier des trois t-shirts de la journée à atteindre la base de la tour. Avec le second t-shirt, j'ai pu admirer la plaine urbanisée de la capitale coréenne tous azimuts.

Quelques commerces sur cet étage panoramique : vente des photographies des visiteurs au rez-de-chaussée, un café, des bonbons, et une boutique de souvenirs au personnel fort commerçant.

La table de correspondance de la Sky Post avec bâton de colles à disposition et autocollants offerts (tous droits réservés).

Outre les t-shirts touristiques, petits objets coréens, de nombreuses cartes postales réjouiront ceux qui veulent poster un souvenir depuis la tour puisque seules les cartes postales achetées au magasin de souvenirs peuvent être postés dans la boîte rouge, comme l'indique le mode d'emploi en coréen et en anglais.

Deux exemples d'affranchissement, dont un avec les autocollants à disposition.

La boutique vend des timbres personnalisés à l'image de la tour et de son panorama. Officiellement, il faut deux timbres pour la carte internationale... Mes achats (et une petite maîtrise du coréen) m'ont permis de me faire offrir une dizaine de timbres à cent wons pour éviter le sur-affranchissement de cartes affranchis avec des timbres de cinq cents wons...

Mais, ci-dessous, je comprend que j'ai utilisé ces timbres inutilement avec ce petit oiseau noir au bec bleuté. Vous ai-je déjà dit qu'il fait chaud et humide en juillet en Corée ?

Deux duos timbre personnalisé - timbre oiseau reçus par la suite.

Postées donc le vingt-cinq juillet, les cartes que j'ai reçues directement ont été oblitérées le lundi vingt-neuf au centre de tri SL.YONGSAN, c'est-à-dire dans le district voisin de Namsan, avec nombre de services gouvernementaux et la base militaire des États-Unis, ainsi que des musées importants et le quartier festif d'Itaewon.

L'oblitération paraît destinée au courrier international, en alphabet latin et la mention du pays en langue anglaise.

L'ensemble de cartes postales personnelles et Postcrossing envoyées depuis la N Tower (tous droits réservés).

L'expérience d'envoyer des cartes postales depuis le sommet de la Tour Namsan tient donc autant sur le site et dans les petits cadeaux proposés par la boutique : plaquettes d'autocollants tous mignons, prêts de stylos et de colles, etc. Et d'éviter de faire un tour bien trop rapide de ce panorama séoulite.

Pour les cartes Postcrossing, j'ai profité du Travel Mode : pendant un voyage hors de votre pays d'inscription, le site d'échanges en aveugle vous localise là où vous êtes et vous attribue un code lié à ce pays.

Cela permet ainsi d'équilibrer un peu les pays d'émission et de réception, ainsi que les motivations d'envoi. Ici, les destinataires postcrosseurs ont profité de vues artistiques de la tour, la forêt de Namsan et Séoul. Et pour certains de timbres personnalisés par la boutique de souvenirs.

Plus chères à l'achat et à l'affranchissement, mais typiquement coréen : des cartes à hanbok en tissu sont également proposées (tous droits réservés).


Les randonneurs peuvent ensuite profiter des chemins aménagés de Namsan pour redescendre (ou monter à l'aller...) en faisant plus attention que moi : bord de chaussée, chemins balisés, voies plus sauvages, j'ai évidemment raté un virage et découvert le principe d'humidité d'une forêt quasi-tropicale : elle suinte de partout.

Arrivé au restaurant sur les pente d'Itaewon, j'ai ainsi étrenné mon troisième t-shirt quotidien avant de passer l'après-midi dans plusieurs musées historiques climatisés.

samedi 27 décembre 2025

Au Musée du timbre-poste de Corée (2) : l'interactivité pour créer, écrire, poster

 Deuxième article sur le Musée du timbre-poste de Corée (우표박물관) que j'ai visité le vingt-quatre juillet 2024 : une fois la galerie introductive passée, les visiteurs sont invités à toucher, manipuler, jouer... Idéal pour les enfants, qui ont vu sous verre figurines et véhicules miniatures, et surtout, leurs accompagnateurs parentaux ou scolaires.

Des invitations aux rires et aux selfies avec plusieurs panneaux ornés de héros des séries d'animation jeunesse de la télévision coréenne... et qui ont fait l'objet d'émissions de timbres récemment (tous droits réservés).

La première idée pour faire visiter les trois espaces, malgré le sérieux de certains d'entre eux, est un petit jeu de pèlerinage à la quête des tampons du musée.

La fiche remplie des tampons disponibles à neuf endroits du musée philatélique coréen.

Contre la promesse d'un cadeau philatélique (épuisé pour la saison printemps-été 2024), le visiteur doit tamponner correctement sa fiche à neuf emplacements à deviner selon le titre sous chaque rond blanc.

Les emplacements choisis sont peu interactifs, mais doivent permettre une pause sur le premier timbre coréen, les boîtes aux lettres, les galeries thématiques (ici l'aquarium empli de poissons timbrifiés), l'art du timbre.

En bas, sont représentés à gauche deux activités d'écriture et de prévention : la poste chaleureuse déjà évoquée, présente aussi dans l'espace public. Le passant est invité à coucher ses soucis sur le papier et recevra une réponse encourageante et motivante de l'association de proximité.

La boîte dédiée au courrier à recevoir dans un an dans le Musée du timbre-poste de Corée.

Au milieu, avec la tortue, symbole de lenteur mais de constance : la boîte dédiée à recevoir une correspondance à soi-même une année après l'avoir posté. Le message sur papier orange rappelle le mode d'emploi et l'enveloppe est celle dédiée à ce service : adresse du musée, légende rappelant qu'aucun courrier ne peut être récupéré... Prudence à ce que l'on s'écrit.

Une des deux presses pour gaufrer des cartes postales : initiation à l'imprimerie.

La galerie de la création du timbre-poste comblera les passionnés d'artistes du timbre, de modes d'impression, etc... Pour mettre en pratique de suite avec les moins passionnés et les touche-à-touche, deux presses à roue et des cartes postales reproduisant deux timbres sud-coréens sont proposées.

Avant / après la presse, la mise en relief du monument en pierre sur ce timbre coréen de 2003.

Le but est à la fois de comprendre la presse à imprimer et de repartir avec un souvenir concret et fait soi-même.

La présence coréenne en Antarctique avec la mise en valeur de l'aile et des traits du manchot sur ce timbre de 2008 (zoologie ou géopolitique ?).

Le choix des deux timbres reproduits montrent le souci de plaire au plus large public, adultes comme enfants, passionné d'histoire nationale ou de science et d'animaux.

Un puzzle à réaliser en famille pour reconstituer ce bloc-feuillet de la Nature de Dokdo.

Plusieurs murs sont à toucher en tout sens : exposition des timbres de Corée à tirer du mur, tiroirs renfermant thématiques ou timbres par pays... et un bloc-feuillet transformé en puzzle à tourniquets.

Nature de Dokdo de 2004 sert à cette activité ludique et nationaliste : dès le train direct aéroport d'Incheon - gare centrale de Séoul, la revendication de souveraineté de la République de Corée sur les rochers Liancourt est affirmée.

Dans le train, ce sont des documents anciens qui sont montrés dans une vidéo. Au musée du timbre-poste, c'est la connaissance de la faune aérienne et de la flore qui fait connaître cette partie du territoire national aux visiteurs.

Un grand écran à l'horizontale pour un quiz philatélique à trois joueurs au Musée du timbre-poste de Corée.

Et comme les vieux grincheux pensent que la jeunesse est collée aux écrans : le quiz philatélique a lieu sur un grand écran tactile posé à plat et permet à trois joueurs de gagner une fanfare victorieuse...

...

Oui, c'est la traduction proposée par Google Translate pour le texte sur le mur vertical qui donne aussi le mode de jeu : cinq histoires sur des sujets montrés par des timbres, sont-elles vraies, fausses ?

En raison des animations, de la mise en scène, l'espace des thématiques par les timbres est le plus grand des trois du musée, mais c'est celui qui permet d'apprendre aux visiteurs non collectionneurs et aux enfants curieux que le monde peut se découvrir avec ses petits bouts de papier.

Le premier tampon à trouver dans le musée.

C'était d'ailleurs le message du tout premier des tampons de la quête initiale, à trouver dans la galerie introductive, un des murs non directement consacré à la poste et au timbre-poste :

« Un grand monde dans un petit carré

Le musée du timbre. »


Par un escalier du jardin d'ornement, le Musée du timbre-poste de Corée se situe au premier sous-sol du gratte-ciel et siège social de Korea Post, au centre de la capitale Séoul, entre la gare centrale et les deux palais de Gyeongbok et Changdeok.

mardi 21 octobre 2025

Au Musée du timbre-poste de Corée (1) : la galerie d'histoire

 Début d'une série de petits articles sur le Musée du timbre-poste de Corée (우표박물관)*, situé au sous-sol de la tour Korea Post, dans le centre de Séoul, et que j'ai visité le mercredi vingt-quatre juillet 2024 au matin.

Peu de visiteurs adultes, après tout l'exposition nationale se terminait ce jour-là et les vacances scolaires semblaient débuter en fin de semaine : épuisé était le stock de cadeaux pour ceux qui remplissaient leur page de tampons aux quatre coins du musée.

Ainsi, la majorité était composée de deux groupes scolaires : une classe d'école maternelle qui ont filé vers les activités à toucher et un groupe d'écoliers dirigés vers les expositions thématiques.

Mais comment assurer l'intérêt (et donc le calme) dans la grande entrée ?

Les uniformes des facteurs coréens de 1884 à 2012, façon pâte à modeler dans l'entrée du Musée du timbre-poste de Corée (tous droits réservés).

À gauche, l'histoire des timbres-poste, et à droite : entre photographies et figurines mignonnettes, l'histoire des facteurs et postiers coréens.

À hauteur d'adultes, les photographies murales résument l'évolution de l'uniforme, des boîtes aux lettres et du logotype de la poste coréenne. Ici, la période 1945-1957 de la libération à la fin de la guerre (tous droits réservés).

À hauteur d'enfants, des maquettes façon pâte à modeler ; à celle des adultes, des photographies d'archives.

Dans les années 2010, avec veste de sécurité, boîte rouge, et en bas à droite, le tampon du concours du visiteur assidu (tous droits réservés).

Ces figurines servent aussi à représenter le service postal et son lien avec les habitants dans de petites scènes de rue : de la traditionnelle poste aux lettres à l'actuelle économie du colis.

Dans les années 1960, deux enfants se précipitent avec leurs lettres vers le facteur à mobylette, vidant une boîte rouge et verte (tous droits réservés).

Certes, des panneaux alertent sur la présence de vitre en verre, comprendre : ne pas s'appuyer ou toucher, même si ce doit être davantage destiné aux touristes étrangers qu'aux doigts des petits Coréens.

Le bureau parallépipède rectangle, le van et la livraison de colis tous azimuts : la poste coréenne telle que le visiteur peut la voir de nos jours (tous droits réservés).

Il ne manque plus que des petites voitures.

Camions et triporteurs motorisés postaux de la poste coréenne (tous droits réservés).

Et hop, une vitrine des gros véhicules motorisés des origines (avec pare-choc adapté à la neige et aux arbres tombés ?), aux tricycles motorisés passe-partout des quartiers aux rues étroites, jusqu'au van actuel... et assez faciles à voir en arrivant ou repartant du musée, puisque la tour comprend un bureau de poste et un point de départ de distribution de colis au rez-de-chaussée.


Pour la suite, que ce soit pour les enfants, leurs parents curieux, ou les philatélistes chevronnés, aux prochainx épisodes.


* : 우표 pour timbre (prononciation approximative en français : oupyo) et 박물관 pour musée (bagmoulgoan). 

mercredi 15 octobre 2025

Classe ouverte exposée sur réfrigérateur

 Suite à un post sur le réseau social Bluesky d'un cartographe sur ses magnets quasi-sculptures de destinations de voyage, ce mercredi quinze octobre 2025, voici la porte de mon réfrigérateur, le deuxième à voir se superposer souvenirs de mes voyages en France et à l'étranger.

Le réfrigérateur du blogueur (tous droits réservés).

Cartes postales marquantes : reproduction de dessins des amoureux de Peynet trouvés au musée d'Antibes, photographies ou montage artistique de paysages de la descente vers le Vieux Port de Marseille aux monuments de Liverpool et Chester, et le pic Saint-Loup au nord de Montpellier.

Les magnets permettent de faire tenir le tout, avec l'aide de ceux offerts par Médecins sans frontières et de représentations amusées de deux membres du groupe ukrainien Kalush Orchestra, et certains ont été présentés sur ce blog : armoiries de Cologne et Liverpool, singe de Gibraltar postant une lettre, carte touristique de Jeju, reproduction de sceaux anciens de Montpellier ou d'une tuile d'avant-toit du royaume coréen de Silla (par ici aussi), datée du septième siècle avant Jésus Christ.

D'autres ornent les montants de porte de la chambre à coucher, en signe de bons augures pour la journée - non, je ne vérifie pas de quel pied je me lève : 

Le palier du jour du blogueur (tous droits réservés).

Paysages des saisons fraîches depuis la forêt au pied de la tour nord de Séoul, la Vue de village de Frédéric Bazille, le message patriote britannique "Keep Calm and Carry On", et un très beau magnet métallique à l'oiseau emblématique de Liverpool, le Liver bird.


Oui, la plupart ne pourront pas se placer sous les lourdes vitres des traditionnels panneaux d'exposition philatéliques.... d'où leur exposition sur meubles et infrastructures métalliques du domicile.

samedi 27 septembre 2025

D'une famille de postiers montpelliérains sont issus une dynastie d'artistes japonais

Des activités ayant bénéficié de la numérisation des documents et leur accessibilité par le vaste monde grâce à la toile internétique, la généalogie ou la recherche familiale au sens large est de celle qui a été des plus bouleversée dans le bon sens.

Ici, point de membres vieillissant en nombre décroissant. Les reproches sont généralement des réactualisations d'anciennes pratiques : s'approprier sans référence à un autre chercheur, copier des données d'archives ou de recherches d'autrui sans vérification critique.

Rien de grave : le chercheur suivant vérifiera bien, et, je rappelle que les auteurs, biographes et historiens des Grecs anciens au dix-neuvième siècle ont rédigé le passé ainsi : recopier dans forcément citer les passages qui leur semblaient les plus pertinents des auteurs passés.

L'entrée nord-ouest de la rue de l'Ancien Courrier, à Montpellier (capture d'écran de la première vidéo Legendre de Ketella Généalogie, publiée sur youTube le dix-huit juillet 2025).

Que l'on travaille sur ses ancêtres, cousins, ou d'autres familles, les découvertes inattendues et les connaissances thématiques à acquérir sont nombreuses.

Un exemple a été donné par le généalogiste Gab Ketella qui résume sa recherche des ascendants et descendants du sculpteur Jean-François Legendre-Héral (1796-1851) en trois vidéos publiées en juillet et août, et l'ayant encouragé un voyage au Japon et en Corée au printemps 2025.

Comment d'un postier montpelliérain en est-il à découvrir le kabuki, genre du théâtre japonais, et l'art lyrique féminin japonais ?

La famille étendue des Legendre en France entre le dix-huitième et le dix-neuvième siècle : des postiers héraultais... et deux artistes (capture d'écran de la première vidéo Legendre de Ketella Généalogie, publiée sur youTube le dix-huit juillet 2025).

Installé à Montpellier, Ketella échange en direct sur la plate-forme vidéo des moments de recherche-enquête sur Twitch, puis des petits tutoriaux et des résultats finaux sur Instagram et, surtout, youTube.

Récemment, il a exploré le passé de bouchers de la ville et de la création et l'évolution du quartier des Abattoirs, actuellement les Beaux-Arts, retrouver l'identité d'un soldat français à partir d'une photographie découvert en chinant, et là, la généalogie d'un sculpteur né à Montpellier : Legendre-Héral.

La première vidéo, publiée le dix-huit juillet dernier, démarre rue de l'Ancien Courrier, dans une partie restée médiévale du centre historique de Montpellier. C'est là qu'était installé, depuis le quatorzième siècle, un bureau de la poste aux lettres pour la remise aux destinataires. Un article du dix-sept mars 2023 de Midi libre rappelle les noms précédents et probants de la rue : rue des Messagers, rue du Courrier ou rue du Bureau des Lettres en 1760, puis de l'Ancien Courrier en 1852.

C'es probablement dans cette rue qu'Étienne Louis Legendre, le père du sculpteur, a travaillé quand il devient postier à Montpellier en 1792, où il se marie avec Jeanne Falque, fille d'un postier montpelliérain ; ils ont deux fils : Louis Étienne Jean qui sera postier, et le futur artiste Jean-François.

Aléa de la vie, il meurt jeune et sa veuve se remarie avec un peintre, Pierre Héral, qui semble avoir orienté la vocation de son beau-fils vers la sculpture qui l'oriente vers des études à Lyon dans la première décennie du dix-neuvième siècle.

De ce second mariage, les généalogistes postaux aperçoivent sur la capture ci-dessus trois postiers de plus : Jeanne, la fille du couple Héral-Falque, sera postière jusqu'à être directrice et finir sa carrière à la tête du bureau de poste de Clermont-l'Hérault, au centre du département dont Montpellier est la préfecture. Elle épouse un cousin, Jean Georges Dusiquet, fils de la sœur de sa mère et d'un postier né dans le département de la Manche.

Il faudra que je me penche comment consulter en ligne les dossiers des personnels des postes aussi anciens et pendant la période de l'Administration des Postes pour justement une descendant de frères et sœurs d'un aïeul devenue postière partie du Gard vers le département de la Seine.

La descendance états-uniano-japonaise (?!!) du scupteur Legendre-Héral du dix-neuvième siècle à la première moitié du vingtième siècle : un général imprévu et plein d'artistes (capture d'écran de la deuxième vidéo Legendre de Ketella Généalogie, publiée sur youTube le dix août 2025).

J'irai plus vite sur les deux vidéos suivantes qui suivent un des fils de Jean-François Legendre-Héral : Charles Legendre (1830-1899), mais elle est à regarder pour ceux qui se demandent s'ils peuvent se découvrir un « oncle d'Amérique » ou un cousin au Japon. Oui, c'est possible grâce aux hasards de la vie, et qui se demandent comment lire des journaux et livres anciens, numérisés par des archives et bibliothèques privées ou publiques dans plusieurs pays (The New York Times pour le cas de Charles Legendre).

Un oncle et de nombreux demi-cousins postiers, néanmoins Charles est excellent élève, notamment en langue anglaise, mais dépensier... Après la mort de son père sculpteur désargenté (par les dettes de son fils prodigue), Charles se réfugie à Bruxelles où il fait la rencontre d'une jeune états-unienne et sa mère en voyage...

Le mariage est conclu, un premier enfant naït. Mais le père meurt accidentellement outre-Atlantique et Charles émigre à New York et s'y ennuie.

Il s'engage dans l'armée de l'Union contre les sécessionnistes entre 1860 et 1865. Il est promu sur le champ de bataille, gravement blessé deux fois au point que, soigné par des paysans, l'armée et sa famille l'a cru mort. Il termine général de brigade en 1865.

Dès l'année suivante, le gouvernement fédéral le nomme consul en charge des intérêts dans les Ports ouverts chinois. Non étudié par Ketella : le voyage intéressera les historiens postaux habitués à éplucher les calendriers maritimes. Legendre part de New York pour le port central du monde d'alors : Liverpool... et traverse les continents européens et asiatiques jusqu'à Xiamen.

En poste, il devient populaire lorsque les autorités chinoises de Formose l'autorisent à négocier avec les indigènes taïwanais en conflit sur le devenir de l'équipage d'un bateau états-unien échoué, sans effusion de sang malgré une petite armée privée qu'il a extorquée à son supérieur. Cette action et une étape au Japon lors d'un voyage aux États-Unis conduisent à une désertion : l'empire du Japon l'engage comme conseiller, notamment pour leurs relations avec les autorités chinoises et les habitants (pas faciles) de Formose. Néanmoins, il échoue à accomplir le même succès pour un équipe japonais en 1874.

Enfin, de 1890 à 1899, il rejoint le service de l'empereur Gojong de Corée.

C'est là que les recherches dans les archives du New York Times sont intéressantes pour retracer les grandes actions de Legendre sur les champs de bataille de la guerre de Sécession, ses principaux accomplissements en Asie de l'Est, et surtout découvrir que tous les souvenirs de sa vie française, new-yorkaise et asiatique ont sûrement tous disparus dans l'incendie de la maison coloniale.

Le témoignage de son fils parle de sculptures de son père, de lettres originales de présidents des États-Unis, d'œuvres littéraires, artistiques et artisanales des trois pays d'Asie où il a vécu, etc.

La descendance artistique japonais du général unioniste Legendre du dix-neuvième siècle à nos jours : patronymie kabuki et cantatrices japonaises (capture d'écran de la troisième vidéo Legendre de Ketella Généalogie, publiée sur youTube le vingt-sept août 2025).

D'un postier de 1792, ayant certainement obtenu sa place par l'entregent de son père, aboutir à un des généraux de l'Union en 1865, c'est peu habituel. Personnellement, de paysans du Languedoc, j'atteins des ouvriers textiles nîmois, des plâtriers montpelliérains et manutentionnaires du chemin de fer descendus avec l'exode rural ; et un Guyennais montpelliérain d'adoption suite sûrement à son service militaire. Un dossier d'un cousin très lointain trouverait peut-être un anobli médiéval lointain dans le temps et l'espace... dont il faut que je retrace par les sources.

Cependant, le parcours n'est pas terminé et Ketella a dû étudier les arts du spectacle japonais, ce qui a motivé un nouveau voyage au Japon, avec une étape à Séoul où Charles Legendre est enterré (à partir de la minute 14 de la deuxième vidéo).

Car le diplomate-conseiller privé épouse une Japonaise... loin de son épouse new-yorkaise. La fille illégitime d'un descendant de shogun... Les généalogistes qui recherchent des ancêtres dignes de Charlemagne et d'Huguet Capet frétillent.

Ichimura Uzaemon XV (1874-1945), le premier garçon est adopté, très jeune, par un acteur kabuki dont il va être l'héritier et l'élève. Bien que cet homme a été l'amant de nombreuses femmes, Ketella parvient à distinguer des enfants issus d'une longue liaison, plusieurs devenant des acteurs kabuki ou des chanteuses, certains et certaines très connues du public et donc documentées des journaux japonais des années 1930... jusqu'à la visite de Ketella au printemps 2025.

Comment réaliser cette généalogie quand on ne maîtrise pas les outils archivistiques japonais ?, admet notre généalogiste-vidéaste.

En comprenant que les artistes kabuki reprennent le nom de leur « père », qu'il soit biologique ou adoptif tant qu'il est le maître-formateur, et un surnom lié à leur rôle dans le kabuki, avec numéro pour distinguer les homo(sur)nymes.

Un surnom qui peut évoluer jusqu'à l'apogée de leur carrière. Le suivi des noms de famille adoptés et la numérotation de ces surnoms de maître en disciple, la recherche de programmes anciens et de critiques de pièces, le ramassage de publicités pendant son voyage permettent au généalogiste de dresser l'arbre ci-dessus jusqu'en 2025, comprenant les descendants et conjoints issus d'Ichimura et sa concubine, et, au milieu sur la gauche, trois de ses élèves portant son nom de famille car ils ont été ses élèves.

Ainsi, quand Gab Ketella filme la façade d'un théâtre kabuki, il explique que le descendant le plus récent d'Ichimura Uzaemon XV y joue à ce moment-là... et en retravaillant son arbre et le programme, qu'il y joue avec un de ses cousins.

La trilogie vidéo illustre une certaine homogamie dans les milieux des arts de la scène au Japon, comme finalement d'autres milieux sociaux en France : ici, les postiers, entre fréquentation de lieux communs et envie de mutation commune.

Le tout est de trouver les bonnes archives et de bien les interpréter.


Pour aider Ketella : sa cagnotte est par ici ; son sponsor est le logiciel Généatique ; et tentez de ne pas zapper les publicités youTube (c'est dur...).

Pour ma part, j'utilise depuis 1994 (quand on faisait encore tourner les bobines de films des Mormons aux Archives départementales) le logiciel Heredis de l'entreprise coopérative montpelliéraine BSD Concept (pas un sponsor) ; et un abonnement au site Geneanet pour m'aider dans mes recherches à travers les archives publiques ou professionnelles, et débloquer des sauts géographiques de certains ancêtres : avec trente-six mille communes et les aléas de leur vie passée, je remercie les autres généalogistes qui photographient les tombes, indexent des recensements ou des fiches militaires et de professions.

dimanche 24 août 2025

La déception de ma carte postée à l'Exposition philatélique de Corée de 2024

 Hier, au bout d'un an, j'ai évoqué l'expérience artistique et postale d'envoyer un courrier à un an d'avance... alors que j'aurai déjà pu montrer le timbre de l'Exposition philatélique de Corée 2024.

Certes, l'année professionnelle n'a pas été de tout repos et, donc, trier les centaines de photographies et scanner quelques dizaines d'items... Oulala !

Mais, c'est aussi car la carte postale que j'avais posté au stand du service philatélique de la poste... et bien...

Deux timbres personnalisés de l'Exposition philatélique de Corée 2024, multi-oblitérés le vingt-six juillet 2024.

Le vendeur de cartes postales toute choupinou à base de chats était aimable. Le jeune personnel du stand philatélique de Korea Post également. Ce sont parmi les généreux commerçants que j'ai évoqués dans un articulet en avril 2025 : offerts une planche d'autocollants félins pour l'un, un porté-clé philatélique pour les autres.

Un pot de stylos et de feutres fins mis à disposition des clients. Et une petite boîte rouge posée sur le comptoir. L'expérience a été réussie.

Sauf que le neuf août suivant, en 2024, la carte arriva dans ma boîte aux lettres...

... au centre de tri, au moins quatre passages sous la machine oblitérante. Aucun horizontal ?


Pour la valeur d'usage de ces timbres personnalisés, en noir : 영원 (yeongweon / prononcé yɔngouɔn, avec, approximativement en français, un "ou" et deux o ouvert = ɔ).

Deux logiciels de traduction en ligne propose « éternité » ou « permanent ». On doit être donc sur un timbre pour la lettre nationale standard au premier échelon de poids, d'où la consigne d'en coller deux pour le tarif pour la France, faute d'autres timbres que ceux émis lors de l'Exposition.

samedi 23 août 2025

Des courriers reçus un an après et leur mise en scène à Séoul en 2024

 Après une semaine à Jeju puis Busan, j'arrivai le mardi vingt-trois juillet 2024 à Séoul, la capitale sud-coréenne, et après un parcours en bus depuis le quartier de la gare principale, je rejoignis l'île de Nodeul, où se tenait l'Exposition philatélique de Corée, du dix-huit au vingt-quatre.

L'affiche de l'Exposition philatélique de Corée 2024, au dos du papier à lettre de l'animation de correspondance.

Nodeul est une petite île au milieu du large fleuve Han qui coupe la métropole en deux. Elle accueille un héliport, une salle de concert, de nombreuses halles pour exposition et salons, quelques restaurants et cafés, et une pelouse de concert en plein air.

C'est dans ce lieu que la Fédération philatélique de Corée et Korea Post ont organisé l'exposition compétitive nationale 2024, et diverses animations philatéliques, ludiques, officielles tout autant que d'initiation à la philatélique et à la correspondance écrite et postée - en août 2024, j'évoquai la présence de la poste chaleureuse.

L'enveloppe que je me suis envoyée de l'exposition, le vingt-trois juillet 2024, et arrivé hier, le vingt-deux août 2025.

Pour encourager à la correspondance, il était proposé de s'écrire une lettre, de la poster, et le service postal se chargerait de l'envoyer un après. Une capsule temporelle de papier, déjà proposée au sommet de Gamcheon, à Busan, et dans d'autres lieux touristiques ou religieux du pays.

L'en-tête du papier à lettre, rappelant que 2024 marque le cent quarantième anniversaire de l'émission du premier timbre-poste coréen.

Ainsi, des hôtes et hôtesses expliquaient aux visiteurs le principe, indiquait l'espace de petits bureaux avec stylo et une feuille A4 de papier à lettre, reproduisant l'affiche de l'Exposition 2024.

Ça paraît simple, il faut juste aller acheter un timbre (tarif national), deux (tarif international) au stand de Korea Post.

Ça aurait été décembre, je me serai cru à envoyer une lettre au Père Noël : l'animation de l'envoi de la correspondance à soi un an après (personnage de Hong Yerim et installation multi-supports de Lee Jaehyung, Exposition philatélique de Corée 2024, à Séoul, en juillet 2024).

Mais, à l'exposition nationale, c'est la mise en scène qui visait à convaincre les visiteurs de se lancer dans l'exercice, acheter un timbre pré-personnalisé avec l'affiche de l'Exposition... et attendre un an.

La boîte aux lettres spéciale avec le facteur Ours Bleu à diodes luminescentes (personnage de Hong Yerim et installation multi-supports de Lee Jaehyung, Exposition philatélique de Corée 2024, à Séoul, en juillet 2024).

Une des salles du salon était une installation artistique d'écran, de vidéoprojecteur et de statues tapissées de diodes bleues. C'était une des deux parties haute-technologie et futur des activités proposées (avec se photographier avec un timbre personnalisé en réalité augmentée).

Lee Jaehyung utilise les diodes en réseau pour jouer avec leur éclairage et leurs couleurs lorsqu'il transmet des paquets d'informations, si possibles provenant de réactions humaines, des visiteurs par exemple.

Montage de photographies résumant le principe de la vidéo de base : Ours Bleu mène sa tournée en passant devant des timbres de Corée des origines à nos jours (personnage de Hong Yerim et installation multi-supports de Lee Jaehyung, Exposition philatélique de Corée 2024, à Séoul, en juillet 2024).

À patte gauche de l'ours-facteur, est projeté sur le long mur un film animé mettant en scène sa tournée à vélo, en passant devant des timbres de Corée, des classiques aux récents, des thématiques historiques aux réalisations technologiques du pays... jusqu'à passer derrière un mur de pierre servant de générique à ce film BlueBear.

Surprise ! Un cœur apparaît sur le facteur Ours Bleu !
(personnage de Hong Yerim et installation multi-supports de Lee Jaehyung, Exposition philatélique de Corée 2024, à Séoul, en juillet 2024) 

Vous ai-je dit qu'il faisait tropical en Corée l'été ?

Oui... Ah.

Donc, même l'avant-dernier jour, en semaine, il y avait quelques visiteurs dont des parents avec enfants et des Coréens, en recherche d'occupation climatisée.

Imaginez la réaction des enfants quand il glisse leur enveloppe dans la boîte aux lettres spéciale : leur message chaleureux (consigne de l'activité) suscite l'apparition d'un cœur rouge sur la statue bleutée du facteur... Et une lettre scellée d'un petit cœur rejoindre le film d'animation.

Sûrement la plus simple des créations Bending Matrix de Lee Jaehyung sur la relation diodes - émotions, mais la plus efficace pour le faire connaître et provoquer l'acte postal d'écriture manuscrite.


À part vendre des timbres supplémentaires (moins le coût des feuilles et des enveloppes), quel est l'intérêt des organisateurs philatéliques comme postaux de cette animation-là ?

Le dos de l'enveloppe : un autocollant annonce l'exposition internationale PhilaKorea 2025, un mois et demi après l'envoi des courriers.

Il faut retourner l'enveloppe qui s'est alourdit depuis que je l'ai postée : un autocollant a été collée annonçant l'exposition internationale PhilKorea 2025, à Séoul, du dix-sept au vingt-et-un septembre 2025...

... Soit un mois et demi après l'envoi des courriers, le premier août 2025.

Et, en plus, le visiteur qui s'écrit à lui-même, a financé par le timbre, son temps et son attente, la publicité pour l'événement philatélique suivant, sans que la Fédération et la Poste n'aient eu à établir un fichier et un envoi massif à ce public potentiellement non-philatéliste.

Idée économique à creuser !


Cet article est publié dans le cadre du #PostBoxSaturday, en ce qui me concerne sur le réseau social BluSky.

samedi 1 février 2025

Le musée du Hangeul à Séoul

 Une triste nouvelle en provenance de Séoul, la capitale de la Corée du Sud : ce samedi premier février au matin, heure locale, le musée du Hangeul est victime d'un incendie, comme le rapporte Le Figaro.

Émis en 1946 pour les cinq cents ans de la promulgation du hangeul par le Roi Sejon, ce timbre est aussi parmi les premiers émis après la Libération (via The Stamp Forum).

Le hangeul (한글 en coréen, ['Hangueul] en prononciation française sommaire) est un alphabet créé par le Roi Sejon le Grand peu avant le milieu du quinzième siècle afin de rendre accessible la lecture et l'écriture à l'ensemble de la population, et pas seulement à l'élite capable de lire les idéogrammes coréophones hérités des relations culturelles avec la Chine voisine.

Consonnes en haut et voyelles en bas, ce timbre rappelle le principe de cet alphabet : la forme des lettres imite la place de la langue, de la bouche et des dents lors de la prononciation (via The Stamp Forum).

Le dicton énonce qu' « Un homme sage peut s'y familiariser avant que le matin soit terminé ; et même un homme inculte peut l'apprendre en l'espace de dix jours » (j'ai rendu ma traduction plus polie).

Chaque colonne de ce panneau de l'alphabet hangeul montre les logiques d'écriture et de prononciation, incluant quelques lettres rendues obsolètes au dix-neuvième siècle avec la relance de cette écriture au temps des « nationalités » (dirions-nous en historiographie européenne) (© droits réservés du Musée). 

Le musée se situe au sud de l'hyper-centre touristique, politique et américano-militaire de Séoul ; c'est dans cet espace touristique-là que se trouve deux palais avec l'immense statue du Roi Sejong, les sièges gratte-ciel de la poste coréenne et de la Banque de Corée, et du musée de chacune (articles à venir), la Tour Nord de télécommunications (encore un article) et le quartier nocturne international d'Itaewon (qui a inspiré une bande dessinée, un drame et un article déjà écrit).

Ainsi, entre un mémorial de la guerre de Corée exposant des armements et le fleuve Han, se trouve un beau parc avec une pagode, le Musée national de Corée et le musée national du Hangeul, ouvert en 2014.

Après les textes historiques et nobles, une large vitrine de courrier du quotidien écrit par des Coréens du passé en hangeul du dix-septième au début du vingtième siècle (© droits réservés du Musée ; à titre personnel pour les lettres isolées : licence Creative Commons à usage non commercial).

Lieux de fierté nationale, les musées des grandes villes coréennes sont visités, selon les périodes de l'année et les jours, par des groupes de très jeunes écoliers et de scolaires, d'où de nombreuses activités de touche-à-touche ou d'enquête pour trouver le tampon adéquat de la salle ; ou de parents pour à la fois éviter l'été tropical et l'hiver continental, et éduquer leurs enfants à l'histoire du pays.

Ainsi, les premières salles sombres jouent sur l'importance du hangeul en lumière avant de grandes pièces blanches avec les étapes historiques : premiers signes de plume permettant à un Coréen de mieux lire dans sa langue les idéogrammes ; la genèse dans l'esprit de Sejong et son entourage ; et les premiers grands textes en hangeul : le manuel du roi et les textes du bouddhisme.


Les collectionneurs d'objets apprécieront les salles dédiées au hangeul au quotidien.

Modèle en papier pour découper les pièces nécessaires à la confection de chaussettes, daté 1873 (© droits réservés du Musée ; la carré comprenant les deux objets historiques sont libres de droit, mais pas la photographie entière donc).

Outre les objets nécessaires à la correspondance d'une princesse coréenne, le visiteur découvre des modèles de couturier pour découper les morceaux de tissu nécessaire à la confection de chaussettes sur lesquels sont inscrits en hangeul des bénédictions pour le futur porteur de celles-ci.

Ustensile de cuisine permettant de mouler avec un dessin des gâteaux de riz (© droits réservés du Musée ; à titre personnel pour l'objet isolé : licence Creative Commons à usage non commercial).

Évidemment, les collectionneurs de timbres-poste râleurs diront qu'ils sont en train de lire un article à moitié philatélique : à part les illustrations de timbres et de courrier (coincé dans un musée public pour ses derniers), ils ne verront aucun intérêt à conter l'usage populaire du hangeul de la mort du Roi Sejong (reprise du contrôle de la connaissance par les hauts-fonctionnaires) jusqu'à ce qu'utiliser le hangeul devienne un acte de résistance à la brutale occupation et colonisation japonaises de 1910 à 1945.


La première machine à écrire en hangeul connue, inventée en 1934 (photographie licence Creative Commons à usage non commercial).

Car avant de parvenir à la lente modernisation économique et politique sud-coréenne après la guerre de Corée (1950-1953), les obstacles furent nombreux aux diplômés, intellectuels et résistants pour faire du hangeul l'écriture nationale de la langue coréenne face au Japon impérialiste.

Une exposition présente des survivants de ces conflits policiers et militaires : revues pro-coréennes en hangeul, journaux d'échanges entre universitaires afin de standardiser l'écriture (vertical puis horizontal ; linéaire ou bloc syllabique, etc.), réalisation d'un dictionnaire.

Tout pour supplanter la langue et l'écriture de l'envahisseur au moment idéal.

Ainsi, en 1934, Song Gi-ju profita d'être aux États-Unis pour ses études pour confectionner la machine à écrire ci-dessus capable d'écrire le hangeul lettre après lettre - et non par bloc syllabique comme traditionnellement et actuellement.

La machine à écrire exposée au musée n'est pas l'original, perdu pendant la guerre de Corée, mais une machine que le fils de Song acheta sur le chemin de l'évacuation vers le sud face à l'avancée des troupes du Nord-Coréen Kim Il-sung. Elle est sur la liste nationale du patrimoine culturel.


Et ces questions techniques de linguistiques et de machines à reproduire le hangeul sont importantes pour l'historien postal qui ne se contente pas des oblitérations et du parcours du courrier.

Télégramme sud-coréen de 1964 en hangeul linéaire (photographie licence Creative Commons à usage non commercial). 

Car imprimeurs et typographes de journaux ont pu composer des caractères mobiles à syllabes de hangeul depuis longtemps ; ça fait beaucoup de combinaisons d'où le nombre de chansons pour enfants récitant chaque consonnes dans l'ordre du dictionnaire avec chaque voyelle ad nauseam.

Mais, pour les machines et habitudes occidentales, prévues pour une écriture lettre à lettre, et l'automatisation...

Ci-dessus, un télégramme sud-coréen de 1964 dont le message est écrit en « hangeul linéarisé » d'après la légende muséale. Les deux ou trois lettres d'un bloc syllabique sont écrits côte à côté ; chaque bloc séparé par un espace ; et par économie télégraphique, pas de double espace entre les mots.

Bonne lecture au débutant !

Télégramme sud-coréen de 1978 en hangeul syllabique (photographie licence Creative Commons à usage non commercial). 

Progrès mécanique et informatique, son voisin de vitrine date de 1978 et compose le coréen en « hangeul syllabique », bien plus habituel pour les habitants.

Parmi les articles de mon voyage estival en Corée du Sud, il y aura d'autres évocations du hangeul pour lui-même.


D'après The korea Herald, les nouvelles sur l'incendie sont rassurantes : les pompiers (un blessé) l'ont maîtrisé en quatre heures. Le musée, fermé pour travaux depuis octobre, avait ses collections en réserve - donc intactes - ; elles vont être déplacées au Musée national voisin par sûreté. L'origine du sinistre serait l'embrasement d'éléments nécessaires au chantier dans les étages élevés.

jeudi 8 août 2024

La boîte n°1 au siège de Korea Post

 Le siège de Korea Post se tient au centre de Séoul, capitale de la Corée du Sud, en face du bâtiment historique de la Banque centrale qui, lui, a survécu. Il se trouve entre la gare principale et deux des grands palais royaux.

La Korea Post Tower (remarquez le logotype tout en haut) fin juillet 2024.

Les anciennes postes centrales ont laissé place à un gratte-ciel ouvert en deux comme par une fermeture d'éclair - celle de l'uniforme d'un facteur ?

L'ensemble domine la fontaine de la Banque de Corée dont les groupes allégoriques représentent les activités d'une nation active : agriculture, industrie, éducation et recherche.

La boîte aux lettres au pied de la Korea Post Tower.

Devant l'entrée principale de la tour, une boîte aux lettres rouge au logotype de la poste coréenne porte le numéro 1. Un tour dans la ville montre qu'il y a une logique de tournée dans la numérotation des boîtes... mais la symbolique de celle-ci domine sûrement.

Le numéro de la boîte sur le côté.

Comme sur beaucoup de boîtes vues en Corée, des consignes sont collées sur la face avant concernant l'envoi de médicaments renvoyant à un bureau de poste selon leurs formes.

Vers le bureau postal et le musée philatélique.

La boîte n°1 sert de repères pour les visiteurs : à sa gauche un des escaliers menant au niveau inférieur avec le bureau de poste et le Musée philatélique de Corée.

L'intérêt de ce musée sera développé prochainement sur ce blog, mais les panneaux l'indiquent déjà aux parents et éducateurs : "Touch, Feel, See". C'est un petit musée éducatif autant pour les adultes qu'accessibles aux enfants par les activités touche-à-touche disponibles.

À l'arrière-plan de la photographie, une statue de Hong Yong-Sik (홍영식), pionnier de l'établissement de la poste moderne de Corée en 1884, dans un contexte tendu entre conservateurs et partisan de l'ouverture du Royaume vers l'extérieur. Il est exécuté après sa participation à un coup d'État dont l'inauguration de la poste était devenu la date. Il se trouve sur plusieurs timbres-poste de Corée.

Sa statue est entourée d'une plaque reproduisant les premiers timbres-poste coréens et un texte-hommage en coréen, anglais, chinois et chinois simplifié évoquant son rôle au service de l'État, mais pas ce qui conduisit sa perte et celle de sa famille en 1884.


À venir dans les articles "Corée 2024" : les bureaux de poste en Corée du Sud, le Musée philatélique de Corée, d'autres boîtes aux lettres (bien d'autres), des timbres-poste, etc.