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mardi 21 avril 2026

Courrier aux militaires et technologies de localisation : embarras aux Pays-Bas

 Le jeudi seize avril 2026, les journalistes du média régional public Omroep Gelderland ont publié comment ils ont pu suivre l'emplacement d'une frégate de la Marine royale néerlandaise à la fin du mois de mars.


Les journalistes de Gueldre titrent avec provocation ce suivi d'un bâtiment de cinq cent millions d'euro avec cinq euros de gadgets : un traceur Bluetooth de base pour localiser objets égarés, une carte postale épaisse du genre à piles pour alimenter une puce musicale, deux timbres-poste, et le mode d'emploi du service postal des forces armées.

Une fois postée, la carte postale a suivi un chemin classique : centre de tri de l'opérateur national, une base navale, l'aéroport d'Eindhoven pour arriver en Crête.

Là, les journalistes ont pu confirmer l'arrivée de la carte à bord de la frégate grâce à la webcam publique du port d'Heraklion qui montre le navire à quai. Et son départ, le vingt-sept mars, correspond aux mouvements en mer du signal Bluetooth.

Environ vingt-quatre plus tard, probablement au tri ou à la réception du courrier, le signal du traceur n'est plus visible des journalistes. Sa dernière position est au large de Chypre, probablement à proximité du porte-avions français Charles de Gaulle et de sa flotte franco-européenne de soutien.

Porte-avions déjà victime des technologies connectées quand Le Monde a pu localiser un membre d'équipage faisant sa course à pied sur le pont en utilisant publiquement l'application pour smartphone Strava... et malgré l'alerte portée par l'Armée des États-Unis dont les bases, bien dissimulées sur les images satellites accessibles au public, ont pu être cartographiées par les courses, footing et jogging des troupes connectées, depuis quelques années.


Des experts en géopolitique et sécurité cyber s'inquiètent, dans le reportage néerlandais, des éléments immédiats : un courrier épais contenant une puce de géolocalisation a passé les mailles du contrôle postal militaire.

Ils sont aussi gênés par l'accès au grand public aux règlements sur les courriers entre familles et militaires sur le site du ministère de la Défense des Pays-Bas. Ce dernier répondant l'importance sur le moral de ce lien entre la nation et ses troupes. Se pose donc la question : faut-il limiter aux soldats et leur famille immédiate ce mode d'emploi ?

L'article évoque également une vidéo dans laquelle la poste militaire communique sur le traitement de sécurité du contenu des colis à destination des militaires... pouvant laisser comprendre que le courrier, lettres et cartes postales, n'est pas contrôlé par rayons X. D'où l'essai réussi des journalistes d'Omroep Gelderland.


En fin d'article, ceux-ci précisent qu'ils ne diffusent pas certaines informations précises et ont prévenu le ministère et les armées du résultat de leur enquête avant publication, leur laissant le temps de prendre des actions sur ce problème.

Ainsi, les cartes postales musicales et lumineuses à piles sont désormais interdites dans le courrier militaire des Pays-Bas.

mercredi 13 août 2025

La mémoire des vétérans des Nations unies au Mémorial de la Paix de Busan (3 sur 3)

 Les deux premiers articles (1, 2) sur la galerie honorant les vétérans de l'expédition des Nations unies en Corée, au Mémorial de la paix des Nations unies, à Busan, ont porté sur les objets rappelant les militaires combattants. Voici les militaires et volontaires soignants.

Cependant, l'évocation de l'empereur éthiopien a conclu sur un étonnement lié au grand ordre de Mugunghwa, décoration créée en République de Corée pour son chef d'État et être remise aux chefs d'États alliés et amis : le premier étranger qui l'a reçu n'est pas de ceux qu'on pourrait imaginer.

Photographies ou extraits de films d'actualité : des infirmières allemandes en Corée du Sud (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Or, des seize pays de l'expédition autorisée par le Conseil de sécurité des Nations unies pour sauver le sud de la Corée de l'invasion du nord, c'est le président de la République fédérale allemande, Heinrich Lübke, lors d'une visite du pays en 1967 (ici, un film d'actualité de British Pathé à Busan). L'ingénieur en bâtiment a été victime du régime nazi, a travaillé pour entreprise de construction qui eut des contrats avec l'État et Albert Speer ; il devient président fédéral, rôle honorifique pour ne pas faire d'ombre au véritable chef : le chancelier Konrad Adenauer.

Certificat de remerciement remis par un directeur d'hôpital à un soignant allemand (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Est-ce le souci de l'Allemagne fédérale de montrer rapidement une meilleure image du pays et ses habitants après le Troisième Reich et son alliance avec le Japon impérialiste ?

Adenauer décide cet envoi après sa rencontre avec le président des États-Unis. Les deux cents soignants et matériels arrivent à Busan en mai 1954 pour cinq ans afin d'aider la population de retour en paix.

L'Allemagne de l'Ouest a donc envoyé en Corée, comme d'autres pays neutres ou militairement insignifiants comparés aux forces des États-Unis, du personnel militaire ou civil de soignants avec des équipements de santé.

Cependant, le passé allemand a retardé cette décision quant d'autres pays anciennement belligérants de la dernière guerre mondiale (Inde, Italie notamment) et neutres ont pu intervenir dès 1950.

Uniforme d'infirmière volontaire suédoise lors de l'expédition de Corée (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Ainsi, la Suède, État neutre, a participé par l'envoi de matériels et fournitures pour les hôpitaux de la Croix-Rouge en Corée. Parmi les six cents volontaires, cent soixante-dix femmes et hommes sont arrivent sous la direction du Colonel Carl-Erik Goth, le vingt-cinq septembre 1950 à Busan.

Une infirmière de la Croix-Rouge suédoise en couverture du numéro de Life, du vingt-cinq septembre 1950 (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024). 

Dans la vitrine dédiée à ses volontaires suédois, envoyés dès le début du conflit, l'uniforme gris foncé est modeste avec ses épinglettes de la Croix-Rouge comme seul distraction visuelle.

Un collectionneur privé trouvera que la presse d'époque montrant un visage souriant et des civils en aide à la population civile coréenne, dont les colonnes de réfugiés fuyant les combats, varient de l'horreur ou du manque de documentation accessible sur les âpres combats.

Courrier d'un membre de la Croix-Rouge suédoise ayant passé par la poste militaire (états-unienne ?) (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

L'historien postale analysera les enveloppes laissés par les membres de l'Hôpital de campagne de la Croix-Rouge suédoise - le nom officiel de l'opération - ayant son adresse auprès de la poste militaires(sûrement des États-Unis ? APO503) au port japonaise de Yohohama.

Le Mémorial de Busan propose une enveloppe de courrier aérien, de Corée à la Suède via Yokohama, et affranchit par des timbres des États-Unis et un timbre coréen. Un double affranchissement nécessaire ? Ou petit souvenir coréen pour la destinatrice, peut-être l'épouse, les deux personnes portant le même nom de famille.

Timbre du Danemark de 1951 représentant le MS Jutlandia, alors en Corée, avec surcharge en faveur de la Croix-Rouge (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Le Danemark a marqué les esprits par l'envoi du bateau marchand MS Jutlandia, réaménagé en un navire-hôpital et son personnel médical de quarante-deux volontaires sélectionnés parmi des milliers de candidatures.

Photographies de personnel de la Croix-Rouge danoise et d'enfants coréens soignés de leurs graves blessures (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Ici, par contre, la vitrine évoque les conséquences de la guerre par le texte introductif et deux photographies. Les volontaires danois ont été choisis pour pouvoir tenir le choc de soigner et s'occuper de toutes les blessures et souffrances vécues par les civils coréens pendant la guerre, tels la nécessité d'amputer des enfants.

Comme les histoires de Coréens adoptés par des familles des États-Unis reviennent, avec bonheur ou malheur, dans les médias d'information et œuvres culturelles sud-coréennes, cette vitrine initie peut-être une réflexion sur pourquoi la Corée du Sud a été un point de recherche d'orphelins à adopter...

... avec les risques d'abus que le pays a connu jusqu'à tardivement au vingtième siècle.


Évidemment que mes recensions d'objets présents dans ces vitrines d'un musée sont fort incomplètes, n'ayant pas beaucoup approfondi mes recherches. Mais, les pistes sont là.


Post scriptum : des forces coloniales.

Photographie légendée « Vétérans néerlandais  » en Corée (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Les militaires et volontaires civils des seize pays, de manière officielle (uniformes, médailles), personnelles (courrier) ; le rappel de leurs actions ; les femmes, les enfants évoqués,...

Une photographie rappelle qu'il y avait encore des empires coloniaux après la Seconde Guerre mondiale, même si l'Inde était indépendante depuis 1947 et l'Éthiopie jamais conquise jusqu'à l'agression mussolinienne.

Deux vétérans néerlandais en Corée paraissent originaires d'une des colonies des Pays-Bas, enfin celles qu'il a encore alors, car l'année précédant la guerre de Corée, ils ont dû reconnaître celle de l'Indonésie après quatre ans de conflits armés.

Surinam ? Antilles néerlandaises ?

Les concepteurs de cette galerie ont donc vu des coins et recoins de recherche pour tous les pays et populations ayant participé volontairement (les seize) ou indirectement (les anciennes colonies) à l'intervention en Corée.

jeudi 7 août 2025

La mémoire des vétérans des Nations unies au Mémorial de la Paix de Busan (2 sur 3)

 Aux côtés des souvenirs militaires, évoqués dimanche dernier, le courrier et les timbres-poste participent des vitrines de la galerie, au Mémorial de la paix à Busan, en République de Corée, en hommage aux troupes des pays ayant participé à l'expédition des Nations unies de soutien à la Corée du Sud, entre 1950 et 1953.

Ces objets sont variés tout autant qu'ils jouent des rôles divers dans la reconstitution de la vie quotidienne de ces soldats et du souvenir que les événements ont laissé en Corée et au-delà.

Note : oui, les objets ici décrits ont été photographiés au smartphone à travers une vitre et l'éclairage du musée... On peut faire mieux en prise de clichés et en trouvailles collectionneuses.

Un entier postal recommandé utilisé par un militaire australien en 1956 pour jouer à la loterie, un quasi -monopole de Tattersall's, fondé par George Adams (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024 - merci à Ian Billings pour l'identification de la destination du pli). 

Ainsi, plusieurs objets sont similaires à ceux employés pendant l'expédition en Corée, mais pas forcément utilisés aux bonnes dates. Telle cette enveloppe-entier recommandé australien, utilisé par un soldat de ce pays pour une correspondance vers l'État de Victoria, en 1956, et transmise par la poste militaire.

Il faudra consulter des ressources spécialisées pour savoir si des troupes et l'APO 215 (Army Post Office) étaient encore en Corée cette année-là, ou si ce bureau gérait une zone d'Asie de l'Est plus stable, telle l'occupation du Japon.

Les timbres d'Inde surchargées pour servir au Corps expéditionnaires en Corée (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Encore plus générique, la vitrine consacrée à l'Inde présente la série neuve de timbres-poste indien, surchargés pour servir à la poste militaire en Corée.

Trois enveloppes et trois lettres de courrier militaire grec de la guerre de Corée (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Plus marquantes sont donc ces trois enveloppes en franchise militaire et trois lettres manuscrites liées à des soldats grecs en Corée, en 1952 d'après les cachets oblitérants.

Les hellénistes liront les numéros des bureaux de poste militaire et déchiffreront le contenu de ces courriers, s'ils vont de la Corée vers la mère-patrie, à peine sortie de l'occupation nazie et de la guerre civile avec les communistes.

Affiche dans l'entrée du Mémorial appelant aux dons des souvenirs des vétérans de la guerre de Corée.

Ce manque d'objets postaux directement lié à des individus et leur petite histoire, ainsi que la disparition progressive des vétérans, est illustré par le lancement en 2023 d'un appel aux dons de leurs souvenirs par les vétérans de la guerre de Corée, ou leurs familles.

L'affiche dans l'entrée du Mémorial montre un ensemble de memorabilia qui rappellera aux Français la Grande Collecte du centenaire de la Première Guerre mondiale, juste avant 2014.


Ensuite la pure philatélie vient à la rescousse de la mémoire.

Carte postale de l'arrivée des troupes belges en Corée, oblitérée lors d'une exposition philatélique, le quatorze avril 1951 (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Des soldats belges, tout juste débarqués en Corée, illustrent une carte postale utilisée comme souvenir lors d'une exposition philatélique à Woluwe (soit dans Bruxelles, soit en Brabant flamand).

L'item montre le lien entre les troupes et la population au pays si un collectionneur belge a des informations sur cette exposition.

Enveloppe premier jour de l'émission Volontaires de Corée du vingt-cinq septembre 1952 (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024). 

C'est par l'émission de 1952 que les soldats tucs volontaires sont, entre autres, honorés dans la vitrine de la Turquie : quatre timbres sur une enveloppe premier jour.

L'illustration de celle-ci est claire : autour d'une carte de la péninsule coréenne, des soldats mitraillent et mettent ainsi en fuite des soldats vers la République populaire de Chine, pendant que le drapeau turc est levé à la frontière entre la Corée et la Chine au nord.

Ceci était fort optimiste alors que le front s'était stabilisé depuis 1951 à la frontière actuelle.

Timbres de Colombie de 1954 célébrant les forces armées colombiennes... pour un coup d'État (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Cependant, tout ce qui brille n'étant pas d'or, il y a quelques surprises à utiliser les si commodes timbres-poste.

En Colombie d'abord, ces deux blocs de timbres colombiens, nation participant à la Force des Nations unies en Corée, honorent les Forces armées colombiennes pour l'anniversaire du treize juin 1953, un an après l'armistice de Panm...

...

Euh, l'anniversaire d'un coup d'État militaire à Bogota, un mois avant l'armistice inter-coréen.

J'imagine qu'un Coréen, un Chinois, un Cambodgien aurait aussi des choses à redire sur les expositions d'arts asiatiques en Europe.

Le drapeau de l'empire d'Éthiopie et les timbres coréens de 1951 remerciant les pays venus à son secours (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Deuxième surprise : l'Éthiopie, un peu comme le badge dans la vitrine de la Turquie ou de la Colombie, fait partie des pays où j'imagine que la vitrine a été difficile à créer : quelle mémoire des vétérans de la Corée dans ces pays depuis bousculés par les événements politiques, économiques et sociaux ?

D'où un effort pédagogique de rappeler déjà que c'est l'Empire d'Éthiopie qui a répondu à l'appel du Conseil de sécurité des Nations unies : rappel du drapeau de l'époque imprimé sur carton et avec les timbres de 1951 que la poste coréenne a émis pour chaque pays participant à l'expédition.

Timbre de Corée du Sud de 1968 : visite de l'empereur Haïlé Sélassié auprès du président Park Chung-hee (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).  

Un timbre-feuillet de 1968 rappelle ce lien entre Corée et Éthiopie : la visite de l'empereur Haïlé Sélassié en Corée du Sud, alors présidée par Park Chung-hee.

Le planisphère choisi est éloquent : centré sur l'océan Indien, il relit la péninsule coréenne à l'Éthiopie par une branche des lauriers de la paix, de couleur verte (ni bleu, ni rouge... en ces temps de guerre Froide).

Lors de cette visite, l'empereur est ainsi le huitième non coréen et le premier africain à recevoir le grand ordre de Mugunghwa, remis de 1949 à 2008 aux présidents sud-coréens en début d'exercice, qui peuvent en décorer les chefs d'État alliés du pays.


Grand ordre dont le premier étranger à le recevoir fut le président de la République fédérale d'Allemagne en 1964... 

Ah ? Pas Truman, ni Eisenhower, présidents des États-Unis d'Amérique pendant le conflit ?

L'Allemagne, l'ancien allié du Japon impérialiste ?

...

Pourquoi ? Réponse partielle au prochain épisode sur le Mémorial de la paix des Nations unies, à Busan.

mardi 28 février 2023

Seconde moitié de février 2023 dans le monde de la philatélie

 Trouvailles sur Twitter principalement pendant la seconde moitié du mois de février 2023.

Timbre erroné en vente entre le premier et le six juillet 2022 en Autriche (via Linn's Stamp News).

Le seize, Linn's Stamp News résume l'erreur commise par la poste autrichienne sur un des quatre nouveaux timbres de roulette, émis le premier juillet 2022. Bonne illustration, mais mauvaise légende du château représenté ; dès le six juillet, la vente et les envois furent stoppés net. Cependant, quelques "Burg Güssing" erronés sont parvenus à des clients... Le timbre correct "Riegersburg" apparaît dans le catalogue en septembre.

Cliquer pour aller voir.

Le dix-huit, Graham Beck a montré un exemple magnifique d'art postal à partir d'une émission de timbres du Canada, d'un colis lourd et de postiers respectueux.


Affiche d'Europhil SPM 2023 (via le site de Jean-Jacques Tillard)

Découvert le vingt, le Club philatélique de Saint-Pierre-et-Miquelon organise une nouvelle exposition internationale, du vingt-deux au vingt-cinq juin 2023. Sous le patronage de l'Académie européenne de philatélie, aura lieu un championnat Un Cadre avec des collectionneurs de l'archipel français et des organisations nord-américaines, l'American Philatelic Society et la Société philatélique royale du Canada.



Le vingt-quatre, le webmestre de la Korea Stamp Society (adhésion libre et gratuite) a montré comment obtenir facilement des timbres fiscaux en Corée du Sud : acheter de l'alcool en bouteille comme en cannette.

Les fiscalistes en recherche d'un nouveau terrain de découverte peuvent se tourner vers la Corée du Sud aux timbres fiscaux multiples et régionaux.


Un exemple érinnophile du sens des inscriptions sur timbre chinois (fil Twitter par Richard Philatelist).

Le vingt-cinq février, Richard, un philatéliste britannique, a posté une vidéo sur YouTube pour expliquer les inscriptions sur les timbres de la République populaire de Chine. Une réalisation fort pertinente et utile. Merci !


Le vingt-six, Vaccari News annonce la disparition de l'historien postal Beniamino Cadioli, spécialiste des postes militaires italiennes depuis les guerres d'Abyssinie, à la fin du dix-neuvième siècle, jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.

Couverture du Catalogue Scott des timbres contrefaits des États-Unis.

En pré-commande chez l'éditeur Amos Advantage, un fort étrange catalogue au nombre de pages promis à l'inflation, sauf si l'United States Postal Service ne réagit drastiquement : le Scott Specialized Catalogue of United States Counterfeits de 2023.

Apparemment, les timbres à validité permanente, Forever, pour le premier échelon intérieur sont tellement falsifiés depuis 2007 que l'éditeur a décidé qu'il ne pouvait plus les lister au sein du catalogue spécialisé des États-Unis : dix-sept pages pour les faux à valeur faciale chiffrée, quatre-vingt-dix-sept pages avec les valeurs permanentes,... et, déjà, d'autres falsifications ont été rapportées depuis le lancement de l'impression de ce nouvel ouvrage.

À rapprocher de la politique d'émissions de timbres à validité permanente... Je commence à comprendre celle de La Poste.


Bloc-feuillet japonais à venir le quinze mars (via l'association philatélique japonaise).

Enfin, à venir en mars, la poste japonaise émet un grand feuillet richement décoré sur deux châteaux de la Loire, Chambord et Chenonceau. Il est connu par les bilans de Philaposte Boulazac que l'imprimerie de la poste française imprime des timbres pour le Japon, mais ceux-ci ne portent pas de nom d'imprimeur. Pour ce feuillet, l'imprimerie apparaît avec cinq repères de couleur en bas à gauche.

Deux journées premier jour auront lieu à l'Institut français Kansai, le mercredi quinze et le samedi dix-huit mars.

mardi 26 novembre 2019

75, 52 ou 50 ans de timbres allemands de Noël

Depuis la fin de l'été que j'essaye de lire le mensuel allemand Briefmarken Spiegel, je découvre beaucoup de traits sur la philatélique des pays germanophones - outre que mon allemand scolaire est assez rouillé ; heureusement le contexte philatélique ou historique dépanne beaucoup.

Ainsi, dans le numéro d'octobre 2019, Hartmut Paetzold rappelait que les premiers timbres de bienfaisance de Noël furent émis le treize novembre 1969 en Allemagne de l'Ouest et à Berlin-Ouest. Un Jésus dans son berceau pour la première, les rois mages pour la seconde, façon profils en étain comme l'émission de bienfaisance d'octobre la même année.

L'auteur estime néanmoins que l'Allemagne de l'Est émis deux timbres inspirés de Noël dès décembre 1967 : le personnage de Casse-Noisettes d'une part, et deux bougeoirs en forme d'ange et de mineur d'autre part (issu de l'artisanat de la région des monts Métallifères).

Dans l'édition de décembre, Michael Burzan complète dans la section Marché du magazine. À partir des catalogues de vente récents, il propose plusieurs variétés et erreurs d'impression qui ont affecté les timbres de Noël ouest-allemand et depuis la réunification. À vos pochettes de timbres allemands oblitérés, les dernières référencées datent des années 2010 !


Mais, Burzan évoque des devanciers à la thématique Noël allemande en se tournant vers l'histoire postale militaire du Troisième Reich. Point de sapin décoré, ni de Christ adoré donc. Dans un catalogue spécialisé Michel d'Allemagne (tome 1 - le mien est millésimé 2002), il faut se rendre vers la fin pour trouver les Feldpostmarken.

Ainsi, en octobre 1944, le timbre pour colis à destination des soldats au front fut réimprimé en vert. Les conditions de vie sur les fronts, les aléas du recul des troupes jusqu'en mai 1945 font de ces timbres oblitérés, sur fragment d'étiquette de colis, voire sur étiquette complète, des petites raretés comme le montre Burzan avec quelques exemples.

Ensuite, quelques pages tournées permettent d'atteindre les timbres militaires d'occupation de Rhodes : le Dodécanèse étant italien, le général Wagener fit sucharger « Weihnachten » - Noël - des timbres de Rhodes (Rodi). Chaque soldat en reçut deux pour pouvoir écrire deux lettres aériennes quelques jours avant la fête. Ce dernier timbre est connu sous cinq types.


Dans un pays à la laïcité bien différente de la France, le collectionneur pourra compléter avec les oblitérations commémoratives de plusieurs villes et les émissions de plusieurs pays, dûment listées dans un magazine très tourné vers l'actualité.

Et cela éclaire le curieux : des postes privées allemandes émettent des timbres et essaient de toucher un large public !

Ainsi, Citipost à Hanovre a mis en vente quatre mille carnets de dix timbres à soixante-dix centimes, valables pour une lettre à destination de l'Allemagne : six en forme de boules de décoration de sapins, deux de cloches et deux étoiles contenant chacun un élément lié au Noël laïc

LVZ Post à Leipzig obtient le titre de « Timbre du mois » pour sa série de six timbres en ombre chinoise par le graphiste local Frank Jabin, sur les contes, chacun couvrant un tarif différent. En 2019, pour la seconde fois, LVZ Post est présente au marché de Noël de Leipzig.


mardi 24 octobre 2017

Histoire postale de la guerre du Vietnam

La chaîne culturelle franco-allemande Arte a diffusé en septembre les dix épisodes du documentaire de Ken Burns et Lynn Novick sur la guerre du Vietnam. Aspect marquant de leur travail : avoir pu interroger librement des vétérans vietcongs et nord-vietnamiens, ce qui rappelle l'aspect-miroir de beaucoup de conflits alors que l'Europe achèvera le centenaire de la Grande Guerre en 2018.

La division du Vietnam avec la guerre de décolonisation d'Indochine, puis la guerre où les États-Unis se sont embourbés, ont produit leurs lots de timbres patriotiques et de courrier militaire. Reste à les retrouver.

Le mercredi dix-sept mai 2017, Dan Telep a proposé une conférence et sa collection de courrier militaire des insurgés vietcongs et de l'armée du Nord-Vietnam devant les membres du Collectors Club de New York - et aux internautes sur Vimeo.
La zone démilitarisée en gris et sa proximité cartographiée par les United States Marine Corps (domaine public, via la base documentaire Commons de Wikimedia).
Vétéran du conflit, Telep a servi à proximité de la zone démilitarisée entre les deux républiques vietnamiennes, lieutenant coincé entre les Vietcongs, insurgés-guérilleros communistes du sud, et les attaques de l'armée nordiste de la République démocratique, entre canonnades, coups de poing ou passages par le Laos.

Très vivant, le réalisateur du Club a dû bosser : filmer l'enseignant en marketing en mouvement, montrer les diapositives à partir du fichier, ou zoomer pour les montrer projetées car Telep y montre un détail important.

Très difficile est une collection postale militaire vietcong ou nord-vietnamienne comme l'expérience combattante de l'orateur permet de l'expliquer.
Joie ! Les pionniers de cette collection et la bibliographie sont au début de la présentation pour rappeler leur importance dans le chemin parcouru (diapositives de Dan Telep, conférence au Collectors Club de New York, dix-sept mai 2017).
Certes, la joie des soldats de ramener un sac de courrier ou une enveloppe pris à l'ennemi permet de découvrir des plis à distribuer de toute urgence, disposant de la marque de l'officier expéditeur. Mais la règle fort logique était de détruire après avoir lu...

D'où les conjectures sur les rares lettres que le collectionneur peut montrer : officiers vietnamiens n'ayant pas respecté l'ordre, sortie illicite des archives de l'État vietnamien ? Combien de courrier dans ces archives justement.

Néanmoins, les efforts de Dan Telep permet de comprendre l'organisation postale d'une zone de conflit complexe et difficile à connaître des Occidentaux.


Et des commissions militaires observant le respect des zones démilitarisées et des cessez-le-feu au nom de la Communauté internationale ?

C'est le philatéliste et blogueur indien Mani Muthukrishnan qui a montré sur Philatelic Titbits en septembre les timbres surchargés que la poste indienne fournit aux forces armées indiennes pour le courrier des commissions internationales envoyées en Indochine de 1954 à la fin de la guerre du Vietnam.
Le premier message sur Philatelic Titbits le vingt septembre 2017.
L'Inde avait en charge les transmissions postales de ces commissions. Ainsi, en 1954, Indiens, Canadiens et Polonais observèrent les premières années d'indépendance depuis leurs missions dans les quatre capitales de l'ancienne Indochine française jusqu'en 1958, puis dans les années 1960 au Cambodge et à Saïgon. Avec oblitération de Field Post Office (FPO).

Surchargés en hindi, les timbres ont suivi l'évolution philatélique indienne : nouvelle devise monétaire en 1957, nouveau filigrane dans les années 1960. La surcharge devint un ICC rouge avec le timbre Nehru au Laos et Sud-Vietnam.
Premier jour de la série du deux octobre 1968 (Philatelic Titbits, 26 septembre 2017).

L'étude de Mani Muthukrishnan se conclut par une enveloppe premier jour de la série surchargée d'octobre 1968...

Encore un neurone qui doit retenir d'aller fouiller le web et la médiathèque pour retrouver le rôle de ces malheureuses commissions coincées dans un conflits où aucun acteur ne voulait céder un pouce de terrain idéologique.

lundi 8 mai 2017

L'Afrique francophone, un triangle des Bermudes philatélique ?

Qu'il est difficile de suivre les timbres émis - et utilisés réellement - dans plusieurs pays d'Afrique. Certes, ne nous plaignons pas : la complainte est habituellement contre les timbres émis pour ne pas servir par des opérateurs philatéliques très bons communic@nts.

En un week-end, ce sont trois exemples de plus qui me sont apparus. Si vous avez des informations sur les deux premiers, n'hésitez à vous inscrire sur les forums anglophones de discussion StampBoards.com ; pour le troisième, écrire au secrétariat de la RPSL.

Mystérieux petit timbre du Niger
Le premier sujet est causé par la confusion d'un collectionneur canadien confrontant deux éditions du même catalogue à un timbre oblitéré de cent vingt-cinq francs CFA, émis par le Niger en 1997.
Le timbre en hommage au Professeur Abdou Moumouni Dioffo, neuf tel qu'il peut être trouvé sur des sites de ventes aux enchères (ici via Hipstamp).
Le sujet est un scientifique nigérien, Abdou Moumouni Diasso, formé à l'université française et qui a professé et étudié ensuite dans plusieurs universités d'Afrique francophone. Son héritage est le développement de l'énergie solaire au Mali et au Niger, après un passage où il l'étudia en Union soviétique. Un parcours intéressant entre fin de l'époque coloniale et non alignement dans la Guerre froide.

L'effigie est signée du graveur français André Lavergne et imprimé par Cartor [probablement pas en taille-douce].

Dans son édition datée 2009, le catalogue mondial Scott le cotait, rapporte le forumeur, soixante cents (USD) neuf et trente cents oblitéré. En 2016, c'est cent vingt-cinq dollars neuf ! Alors que plusieurs ventes sur des sites d'amateurs d'enchères débutent à dix cents...

Et une prudence à ne pas le coter du tout un oblitéré tel que possédait par le collectionneur. Le coup de tampon a donné une marque incomplète, mais un modèle à la française se distingue bien.

Une rareté méconnue ? Un tarif peu usité ? Ouvrez vos classeurs de timbres et vos boîtes d'enveloppes aux bois dormants !

Un membre rapporte la réponse d'un rédacteur adjoint du catalogue états-unien : les listes des pays d'Afrique francophone dépendent énormément des diplomates philatélistes des États-Unis qui visitent les bureaux de poste et transmettent informations et timbres à l'éditeur.

Les voyages forment le philatéliste.

La Tunisie a-t-elle eu des distributeurs de timbres ?
Le même jour, c'est une série de quatre timbres de distributeur, avec valeur à la demande, qui suscite le questionnement d'un collectionneur états-unien.
Un des quatre timbres proposés dans une vente sur le site Delcampe.
Ces timbres reprennent des illustrations de timbres du programme de 1999 et 2000 : une production agricole (l'oranger), deux vestiges archéologiques romains (les thermes de Bulla Regia et l'acqueduc de Zaghouan) et le Catharge, ferry reliant Tunis à Marseille et Gênes.

La machine qui les a débitées doit être de type Klussendorf, tel les timbres de distributeur allemand.

Sauf que les catalogues et sites spécialisés dans ces timbres ne connaissent pour la Tunisie que les Frama de 1992 à 2012 (période selon The Meter Stamp Society ; un autre site intéressant par ici). Les tomes Afrique du Nord et timbres de distributeur de l'éditeur Michel ne liste pas ces quatre-là.

Essais commandés lors d'une recherche de nouveaux automates ?

Premières réponses en mai 2017 :
Sur StampBoards, un membre a contacté l'Association tunisienne de philatélie (adresse : Maison de la culture Ibn Khaldoun, Tunis) qui a répondu qu'il y a bien eu une machine de ce type à Tunis. Mais, tombée en panne, elle ne put être réparée et fut abandonnée. En tout, les collectionneurs ont ces quatre illustrations existant en cinq valeurs différentes.

La Côte d'Ivoire et son congrès UPU
Enfin, avec l'arrivée du numéro de mai 2017 du London Philatelist, Marc Parren propose un article d'histoire postale africaine, française et ivoirienne.
La plus forte des trois valeurs du feuillet à surtaxe pour l'annonce du vingt-troisième congrès de l'UPU à Abidjan, prévu en 2004, émis en décembre 2001 (via Colnect).
Le congrès de l'Union postale universelle de 2020 en Côte d'Ivoire compte déjà deux émissions de timbres, dont une de 2001 !

Initialement, le pays aurait dû accueillir l'institution internationale des postes nationales en 2004 à Abidjan. Cependant, la division du pays et les violences après l'élection présidentielle de 2000, elle-même concluant une période de dictature militaire de 1999, empêchent l'événement jusqu'en 2015 quand le pays obtient de ses partenaires de l'Union postale panafricaine d'être le seul candidat au congrès de l'UPU de 2020. Au congrès d'Istanbul en 2016, un congrès extraordinaire est programmé à Addid-Abbeba en 2018 et le vingt-septième congrès en Côte d'Ivoire en 2020 donc.
Un timbre sur un site classé de l'Unesco émis quatre mois après la conférence qu'il signale (Système de numérotation de l'Association mondiale pour le développement de la philatélique... le WNS).
L'histoire de l'émission de 2001 et celle de lobbying de 2005 (bureau de poste de Grand Bassam au moment de la conférence stratégique de l'UPU en avril à Genève) est détaillée sous le clavier de Marc Parren.

L'histoire postale militaire est expliquée : Opération Licorne française (2002-2015) et son Bureau postal interarmées 627 à Port-Bouet, puis Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (toujours en cours, effectifs par pays participants, et illustrée d'un aérogramme onusien par Parren).

La longueur des opérations, le nombre de pays engagés, les changements récents dans l'organisation des postes militaires françaises font que cet article met le pied à l'étrier pour une recherche de courrier ivoirien ou militaire.

Par exemple, en explorant le blog La Poste aux armées, un article illustré sur le Service postal à l'international pour la défense (SPID) et l'Opération Licorne en 2014.

La note du soir-même:
Le SPID est exercé par un partenariat entre La Poste et Sodexo, le groupe de services aux entreprises, de restauration collective et de logistique. Le contrat avec le ministère de la Défense a débuté en 2012, mis en place progressivement (explorer La Poste aux armées), et renouvelé pour quatre années comme un communiqué l'annonçait le vingt-deux février dernier (attention fichier pdf).

Conclusion :
En philatélie comme dans l'histoire des Européens dans le monde, les historiens Bertrand Hirsch et Yann Potin ont bien raison de dire que l'Afrique fut « le continent détourné » du quinzième au dix-neuvième siècle : évité, contourné, ignoré, méprisé des Européens qui n'en aborde les côtes que pour les achats d'esclaves.

Les collectionneurs de timbres, nouveaux explorateurs du continent comme au dix-neuvième ou navigateurs contournant du quinzième vers les vignettes thématiques des agences philatéliques ?

Référence : Bertrand Hirsch et Yann Potin, « Le continent détourné. Frontières et mobilité des mondes africains », dans Patrick Boucheron (direction), Histoire du monde au XVe siècle, 2009. Plusieurs éditions existent (grand format luxueux, deux tomes en poche, etc.).