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dimanche 1 décembre 2024

"With Gaza" : émission commune des postes arabes

 Découverte sur le réseau social X (moribond Twitter), plusieurs postes de pays arabes ont émis les vingt-huit et vingt-neuf novembre 2024, un timbre à l'illustration commune en soutien aux civils de Gaza, subissant depuis octobre 2023 une offensive anti-terroriste de l'armée israélienne devenue depuis une vengeance divine ? Un crime de masse ? Un nettoyage ethnique ? Un génocide ?

L'annonce de l'émission With Gaza par la poste de Jordanie.

Avec pessimisme de ma part : un nouvel épisode de la cruauté humaine accompagnée d'un nouveau moment d'aveuglement d'autrui. Les Occidentaux menacent sans action, ni effet de ne plus autoriser les exportations d'armes vers Israël ; l'Iran titille Israël par l'intermédiaire de ses groupes alliés paramilitaires à Gaza et au Liban, et son allié le dictateur syrien ; et les pays arabes alentours en sont à accueillir des discussions confidentielles et à émettre un timbre-poste.

L'annonce de l'émission With Gaza par la poste d'Algérie.

D'après la mention marginale en alphabet latin du timbre marocain, l'illustration commune est créée par Maran H. Al-Mazahreh.


L'annonce du timbre With Gaza par la poste du Maroc.

Une enfant, portant un keffieh blanc et noir, regarde, à travers un trou dans un mur d'immeuble bombardé, flotter le drapeau palestinien dans un ciel bleu, accompagné de trois colombes blanches.

Chaque élément est un symbole d'après le communiqué du Ministère de la poste et des télécommunications d'Algérie : de la souffrance vers la justice et l'histoire millénaire de la population de la Palestine.

L'annonce du timbre With Gaza par la poste du Qatar.

Le sujet étant diplomatiquement difficile, j'ai remarqué que le compte X de la poste du Qatar place le timbre à l'unité et en bloc en minuscule sur l'image d'illustration. De plus, contrairement aux autres émissions philatéliques, pas de photographies d'officiels en cérémonie premier jour pour ce timbre - diplomatie ou respect du deuil.

L'annonce du timbre With Gaza par la poste de la Tunisie.

Le vingt-neuf novembre est, depuis 1978 suite à un vote de l'Assemblée générale des Nations unies, la Journée internationale de la solidarité avec le peuple palestinien.

À l'écriture de cet article, le dimanche premier décembre vers dix-neuf heures de Paris, voici les pays que j'ai trouvés par moi-même (détails techniques via les vendeurs eBay ; * : différence avec la source suivante) :

- Algérie (communiqué de presse en anglais du Ministère de la poste et des télécommunications),

- Jordanie,

- Maroc,

- Qatar,

- Tunisie* (non citée par Richard Zimmermann ; feuille de vingt timbres).

Le blog Joint Stamp Issues de Richard Zimmermann, à la page des nouvelles de novembre 2024, signale une liste des pays (en anglais ; *différences entre les deux listes) :

- Algeria, 

- Egypt*, 

- Iraq* (dont la majorité gouvernementale est chiite actuellement), 

- Jordan, 

- Libya* (où le conflit civil se refroidit lentement, mais avec toujours deux entités face à face), 

- Morocco, 

Le feuillet With Gaza de la poste d'Oman.

- Oman (feuille de huit timbres et un bloc-feuillet), 

- Palestine* (ou ce que l'Autorité palestinienne parvient à tenir en Cisjordanie face aux colons israéliens),

- Qatar

- Syria* (voir ci-dessous).


Illustration du timbre With Gaza émis le sept octobre 2024 par la poste de la Syrie.

Ainsi que la poste de Syrie a émis deux timbre dès le sept octobre 2024... le jour anniversaire des massacres par le Hamas dans le sud-ouest d'Israël, provoquant la guerre qui s'ensuit depuis.

Avec la prise d'Alep ces derniers jours par les groupes rebelles et la fuite du président syrien à Moscou... il semble y avoir un retour de karma pour un des alliés du Hamas gazaoui.[1]

Sur eBay, le timbre ici illustré est vendu soixante dollars des États-Unis, plus cent les deux timbres sur enveloppe premier jour.


Note du huit décembre 2024 :

Karma tel que le président Bachar el-Assad a fui le pays et que son Premier Ministre organisait avec l'armée rebelle le transfert de pouvoir ce week-end des sept et huit décembre 2024.

dimanche 14 mars 2021

Turbulences diplomatiques autour du pape au Kurdistan irakien

Placer un profil cartographique sur un timbre ou n'importe quelle production graphique publique crée une opportunité de tensions géopolitiques, accidentelles si l'illustrateur se trompe, volontaires dans les conflits territoriaux entre États.

Cette semaine, mercredi dix mars 2021, la Turquie, puis l'Iran, ont réagi vivement contre un « timbre » de la région autonome du Kurdistan irakien, « émis » pour marquer la visite du pape François à Erbil, le dimanche sept mars précédent, une des quatre villes irakiennes prévues durant ce voyage.
Un des six projets de timbre du Kurdistan irakien pour la visite pontificale du sept mars 2021, objet du mécontentement des États turc et iranien (via le fil Twitter de Israel Stamp Review).

Le problème est donc le profil cartographique à l'arrière-plan du profil du pape : l'ensemble des territoires que les mouvements autonomistes et indépendantistes kurdes revendiquent, et pas seulement la région irakienne reconnue par la Constitution du pays.

La réponse du gouvernement kurde irakien fut que le timbre en cause était un projet philatélique refusé début mars. Il indique également que le timbre qui sera finalement émis respectera la constitution et la loi (sous-entendant les frontières internes et externes de l'Irak ?).
Les six projets pour le timbre kurde irakien (via Church Militant, un média catholique du Michigan).

Avec un peu de recul, temporel, géographique et spécialisé, le média philatélique de l'éditeur italien Vaccari publie, vendredi douze, un article synthétique du déroulement. À Erbil, la poste locale kurde irakienne a montré au pape six maquettes envisagées d'artistes et de styles très différents, dont le cinq cents dinars. Présentation jugée officielle par les autorités des États riverains.

Note : la poste kurde irakienne est une poste locale, non reconnue par l'Union postale universelle. Ses timbres servent-ils sur le courrier régional ? Atteint-il le marché international des collectionneurs ?

vendredi 7 avril 2017

Armes chimiques... La thématique guerrière s'étend

Entre hier, la réflexion de cet article, et ce matin, les événements de la nuit montrent que les tensions actuelles dans le monde sont vives... et que la philatélie permet de les évoquer. Après le fusil-mitrailleur et le lance-roquettes, les gaz de combat :(

D'après mes recherches avec le moteur de recherches Google ne semblent pas montrer d'administration postale ayant osé émettre des timbres commémorant l'importance des armes chimiques. Dieu merci !
Pour le dixième anniversaire de l'entrée en vigueur de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques, en 2007, l'Iran va au cœur du sujet : les effets des produits militarisés sur les victimes survivantes (via un site philatélique marchand états-unien).
Difficile échiquier géopolitique qu'est devenue la Syrie depuis six ans : une dictature héréditaire et clanique (une vidéo pédagogique sur comment les dictateurs et dictatures vivent longtemps), des rebelles aux projets futurs variés. Pimenté des conséquences de l'aventure bushienne en Irak : Daesh, un groupe djihadiste sans état d'âme (et frappeur de monnaies pour numismates complices).

À faire mijoter dans le chaudron d'une Russie revendiquant - brutalement ? - une place mondiale que la manière - ultralibéralement brutale ? - dont fut gérée la fin de la Guerre froide ne lui avait pas accordée. N'oublier pas d'ouvrir ou fermer le feu selon les intérêts régionaux multiples : Turquie sultane contre Kurdes, l'Iran protecteur des chiites, les monarchies conservatrices de la péninsule arabe marchant sur des œufs,...
Les timbres-chocs de l'Iran furent un moyen d'accuser l'Irak de Saddam Hussein après le bombardement chimique à Halabja, pendant la rébellion de Kurdes irakiens en  1988... contre lequel les puissances occidentales avaient peu réagi sur le moment (via une vente sur Delcampe)
Au milieu, les civils, hommes, femmes, enfants, veuves, orphelins, etc. Dernièrement, les Nations unies estiment à cinq millions les Syriens réfugiés hors de leur pays : un quart de la population ! Quelle fraction des habitants, encore dans le pays, ont fui les zones de combat ou de contrôle djihadiste ?

Et à cela, chaque année, l'emploi d'armes chimiques - chlore, gaz moutarde, gaz sarin - à plusieurs reprises depuis le début du conflit. Soupçonné systématiquement le Président Assad, souvent Daesh... Quelle vérité dans l'accusation contre des rebelles anti-Assad après l'attaque de ce mardi quatre avril à Khan Cheikhoun ?

Philatéliquement, le sujet est rare.
Un des six timbres de l'Administration postale des Nations unies annonçant la signature de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques. Cette illustration de Michel Granger pour le bureau de Genève est sûrement la plus évocatrice des six.. (via le site de Michel Granger).
L'émission de l'Administration postale des Nations unies en 1991 appelait tous les États membres à signer et appliquer l'interdiction de l'emploi et de la recherche sur ses armes, et leur destruction... Un échec. Quels États ont encore des stocks ? Ou un manque tel de conscience qu'ils reprendraient - s'ils les avaient interrompues - leurs recherches ?
Discrète pièce thématique : une enveloppe adressée à un officier de l'École de guerre chimique des États-Unis... Glaçant (collection de l'Australien Maurice Mishkel, sur son site auspostalhistory.com)
Pour finir sur les timbres, il reste les États victimes directement ou indirectement de l'usage de ses armes. En début d'article, l'Iran n'oublie pas de montrer, par les timbres, à sa population et au monde les crimes du régime de Saddam Hussein contre les Kurdes et les chiites d'Irak,... que l'Iran appelait à la révolte contre le dictateur.
Timbre du royaume mutawakélite du Yémen surchargés en 1967 pour dénoncer l'emploi d'armes chimiques pendant la guerre civile du Yémen du Nord (via middle-east-info.org).
Le Royaume du Yémen surchargea des timbres au secours des victimes de bombardements chimiques pendant la guerre civile entre la monarchie, qui avait dû accepter puis rompu une union avec l'Égypte de Nasser et la Syrie d'avant-Hafez el Assad, et les rebelles républicains d'inspiration nassériste. Le Royaume accusa l'Égypte de ces crimes.

Les puissances mondiales sont-elles aveugles car l'emploi de ces armes a lieu sur des théâtres de conflit loin des préoccupations de leurs populations ? Faudra-t-il attendre que les scènes du métro de Tokyo de 1995 surviennent plus près des grandes villes occidentales ou russes ?

Pour être complet, il faut évoquer le bombardement d'une base militaire syrienne par les États-Unis, lieu lié à ces armes interdites, cette nuit. Mais, là, il faudrait évoquer l'actualité du Président Donald Trump... Des décennies de biographes suffiront-elles pour expliquer comment, en une seule semaine d'avril, cet isolationniste a-t-il pu renvoyer son âme damnée du Conseil national de sécurité, être choqué d'un épisode de la guerre civile syrienne (après avoir refusé d'en recevoir les réfugiés) et décidé d'une opération militaire aussi lourde de conséquences dans le Grand Jeu mondial actuel...

La thématique Armes de guerre - alimentée seulement en cas de nécessité - compte désormais trois articles... Pour combien de jours ?

jeudi 14 juillet 2016

Paris-Philex (7) : la philatélie, une histoire des empires et de la mondialisation ?

Les deux, mon commandant !

Une passion issue du dix-neuvième siècle européen.
Le collectionneur, le philatéliste, l'historien postal ou le curieux du contexte de tout cela lira avec attention le numéro d'été du mensuel français L'Histoire - dont le site web a changé d'adresse, intitulé XIXe siècle. Le monde est à nous ! La mondialisation à l'européenne.
Couverture du numéro été 2016 de L'Histoire en vente en kiosque jusque fin août (site de L'Histoire).
Le lecteur notera toutes les images d'Européens inventifs et ingénieux, pionniers même, et d'indigènes de tous les autres continents travaillant au profit exclusif des entreprises et des États européens et des colonies de peuplement établis par l'une des plus grandes dispersions de migrants de l'histoire humaine. Plus de cinquante millions vers les Amériques... Ça relativise bien des circulations récentes.

Le philatéliste fiscal notera un timbre fiscal états-unien sur une action de 1864 de la Keystone Zinc Company de Philadelphie, page cent quatorze dans un article sur « Comment la City [londonienne] a propulsé New York »... Les débuts de la mondialisation financière.

Pour ceux qui aiment remettre en cause leurs préjugés sur les personnages historiques ou les grands actes humains, ce même numéro interroge Louis XIV et sa puissance : son règne fut-il celui où le roi absolu contrôla la noblesse ? Ou obligé de veiller constamment sur les finances du royaume et sur une noblesse frondeuse à Versailles, par les arts et les (nombreuses) guerres, fut-ce celle-ci qui contrôla le devenir de la France, le roi ne faisant que suivre ?

Le numéro des Collections de L'Histoire de l'été est aussi décapant : la famille depuis les mythes bibliques jusqu'à nos jours, de la gestation pour autrui à Rome à l'hypothèse que la filiation constitue davantage les familles que le mariage.

Quel rapport entre cette lecture impériale et mondialisée du monde et Paris-Philex ?

L'histoire postale de la conquête européenne du monde : le cas aérien de l'Afrique.
Arrivé à ce septième article sur le championnat de France de philatélie de 2016, il reste encore à aborder l'aérophilatélie et plusieurs collections montrant les liaisons postales internationales tous azimuts au cours de la première moitié du vingtième siècle, quant les puissances coloniales croyaient en leur apogée durable.

Deux compétiteurs illustrent magnifiquement cela à travers l'établissement des compagnies aériennes à travers le continent africain : René Maréchal avec l'Imperial Airways vers l'Afrique du Sud (1925-1937) et Daniel Blanquerin avec Air Afrique vers Madagascar (1925-1939).
Les premières pages des collections de M. Maréchal (gauche) et de M. Blanquerin (droite) à Paris-Philex 2016.
La confrontation de leur première page respective permet de constater la diversité des approches et des présentations... La carte de M. Blanquerin permet de constater que le continent africain est maillé par les liaisons aériennes mises en place pendant l'entre-deux-guerres, mais aussi la concurrence entre les compagnies.

L'Imperial Airways, britannique, oblique fortement vers le sud-est de l'Europe pour connecter toutes les colonies britanniques depuis l'Égypte sous influence jusqu'au Dominion sud-africain. Air Afrique ou Transafricaine en 1928, après fusion de plusieurs lignes, établit un pont entre les colonies françaises d'Afrique et Madagascar.

Deux textes d'introduction et un plan qui suit une logique d'établissement progressif des lignes, chronologiquement plus marqué chez Blanquerin, plus géographique pour Maréchal. Bonus pour le premier : une bibliographie [présenter une bibliographie par contre...].

Au bilan des juges : quel empire bénéficiait des meilleures liaisons aériennes impériales ? Aucune idée. Grand vermeil pour la collection Air Afrique et deux points devant et prenant quatre points en quatre ans, médaille d'or et meilleure collection d'aérphilatélie pour Imperial Airways.

Pourquoi pas de photographies d'enveloppes ? J'en ai pas... Un peu fatigué en fin de parcours. Pourquoi placer l'aérophilatélie si loin dans l'exposition, après polaire et ouverte, et pas aux côtés de l'histoire postale ?

Une conquête créant des connections mondialisées alors surprenantes.
Pour l'histoire postale, économique et sociale, l'impérialisme des puissances européennes, le profitisme des grandes compagnies occidentales selon la grille de lecture ou la dispersion de migrants européens connectent des territoires aussi inattendus que les exemples que je vais piocher dans quelques collections.
Enveloppe oblitérée à Jérusalem, mandat britannique de Palestine, le vingt-neuf juillet 1940 pour Hanoï en Indochine française (collection Christian Abravanel, Paris-Philex 2016).
Un courrier entre une banque de France métropole et la Banque de l'Indochine à Hanoï, logique. Sûrement moins fréquent mais envisageable avec une banque d'une autre colonie française.

Mais, entre une banque de Jérusalem et celle de l'Indochine ?! Cette enveloppe est présentée par Christian Abravanel, webmestre du site du Cercle français philatélique d'Israël, dans Les échanges postaux entre civils en provenance et à destination de la Palestine entre 1938 et 1945, sur laquelle je reviendrai dans le prochain article sur Paris-Philex.

Sous l'enveloppe, il propose un planisphère des principales voies aériennes et maritimes intercontinentales encore disponibles à ce moment de la guerre où le Royaume-Uni est seul face à l'Axe.
Lettre de Kerguelen vers Le Havre, acheminée à Point Natal par un navire ravitailleur norvégien en mars 1912 (collection Alexis Cottineau, Paris-Philex 2016).
Changement de climat et d'époque : dans une collection d'« oblitérations maritimes sur Semeuse (1903-1941) », Alexis Cottineau de l'Amicale philatélique Nostradamus de Salon-en-Provence atteint les recoins du monde de 1912 avec cette enveloppe partie de Kerguelen, acheminée par un navire ravitailleur d'un compagnie baleinière (colonisation, mondialisation et environnement) vers l'Afrique du Sud pour une remise dans les circuits postaux maritimes. En trois semaines, elle est arrivée à destination au Havre.

Mais un « monde européen » éphémère voire pas conformes aux préjugés coloniaux.
En se plaçant dans l'entre-deux-guerres, la majorité des collections se situe déjà à la fin de ces empires coloniaux : à entendre clamer qu'ils sont envahis pour être « civilisés », des indigènes qui ont suivi le chemin de la « civilisation » réclament les droits qui vont avec les nombreux devoirs qu'ils leur ont été imposés, non sans violence.
Lettre portant une Marianne de Decaris illégalement surchargée « Algérie française 23 avril 1961 » (collection Égon Habé, Paris-Philex 2016).
Bien évidemment, la collection grand vermeil de l'Alsacien Égon Habé illustre ce thème de la fin des empires avec, en philatélie moderne, « la Marianne de Decaris surchargée EA » par les autorités algériennes indépendantes entre juillet 1962 et janvier 1963.

En amont, il présente des surcharges des partisans de l'« Algérie française » (mais était-il pour l'application de toutes les valeurs de la République à toute la population ?) dans le contexte du Putsch des généraux d'avril 1961 ou des actions de l'Organisation de l'armée secrète à destination des élus de métropole.

Comment les empires coloniaux ont-ils pu finir si mal ? Exploitation contre « civilisation », racisme contre valeurs, etc. Sûrement aussi préjugés et complexe de supériorité face aux cultures indigènes jugées si pittoresques... Soupir.
Lettre de Rhodes italienne pour Téhéran en mai 1933 (collection René Maréchal, Paris-Philex 2016).
Merci à René Maréchal de fournir un formidable document de la diversité humaine, dans la seconde collection qu'il présentait, « La poste aérienne en mer Égée (1929-1947) ». Pourquoi cette zone si précise ? Elle est une escale possible sur la route entre l'Europe et le Proche-Orient - un autre courrier montre les liaisons aériennes entre pays baltes et Pologne d'une part, et la Palestine d'autre part via la mer Égée.

Ensuite, car Rhodes et les autres îles du Dodécanèse sont sous contrôle italien, alors que Mussolini veut faire de l'Italie une grande puissance, ce qui passe par l'aviation sur le modèle impérial britannique et français (voir plus haut).

Maintenant, suivons grâce à M. Maréchal cette enveloppe dont le verso timbré était présenté au visiteur de Paris-Philex et le scan du recto en-dessous. Elle est expédiée de Rhodes par un dénommé Albert Israel le onze mai 1933. Elle est déposée le lendemain à Athènes (oblitération à gauche des timbres) par Aero Espresso Italiana. Quatre jours après, Imperial Airways l'emporte d'escale en escale jusqu'à Bagdad (oblitération à droite des timbres). Là, c'est une compagnie allemande, Junkers Luftverkehr Persien, l'amène à Téhéran le vingt-et-un.

Adresse transcrite en farsi et lettre parvenue à David Israël à l'École Alliance israélite universelle, institution internationale créée en France en 1860 - fondation commémorée en France par un timbre en 2010. Le courrier passe donc, d'entreprises concurrentes en entreprises, et dont les pays d'origine sont difficilement amis selon les paires constituées ; pour permettre la correspondance entre deux personnes de confession juive, dont une vivait dans un pays à majorité chiite qui, même devenu République islamique en 1979, assure une représentation politique minimale même si avec suspicion.

L'article de Wikipédia signale comment l'Alliance israélite universelle ouvrit des écoles avec le soutien des autorités perses au tournant du vingtième siècle et qui connurent une certaine popularité auprès des élites musulmanes... Peut-être car elles furent davantage françaises au départ qu'israélites et persanes par la suite ?

Une diversité postale pour une histoire de rencontres humaines variées, au-delà des intérêts géopolitiques ou commerciaux. Très beau souvenir qu'est cette enveloppe dans une collection grand vermeil et prix spécial du jury qui rejoint le long palmarès aérophilatélique de M. Maréchal depuis 1995.

À suivre...
Encore un article sur les collections de Paris-Philex : comment la Seconde Guerre mondiale inspire les collectionneurs.

mardi 28 juin 2016

Enquêtes, surprise et boîtes aux lettres dans le London Philatelist de juin

Les articles, proposés dans le numéro de juin 2016 du London Philatelist, pourraient constituer une excellente soirée canapé/télévision pour oublier les affres européens du Royaume-Uni ou l'ennui profond que m'inspire une compétition de football.

En avant-soirée : documentaire touristique à Gibraltar...
... comme sur arte à vingt heures en attendant le film.
Le Gibraltarien Richard Garcia, après un article conjoint sur la première série d'usage courant du Rocher du règne d'Elizabeth II en novembre 2015, propose une ballade le long de Main Street le long de laquelle le Royal Gibraltar Post Office a placé des boîtes aux lettres monogrammées, une par souverain depuis la Reine Victoria.
Bricolage sebphilatélien à partir des informations fournies par Richard Garcia (fond de carte et itinéraire Google Maps, ajout avec Paint.NET - un logiciel libre).
La principale avenue marchande de Gibraltar compte désormais six boîtes pour un gros kilomètre. La dernière de la série porte le monogramme d'Edward VIII et a été installée en octobre 2015.

Le parcours est assez touristique aller comme retour : d'Edward VII près d'un centre commercial / parking jusqu'à George VI devant le centre culturel du territoire, en passant par les commerces locaux, le bureau de poste principal, les batiments officiels, la cathédrale.

Vivement un voyage à Gibraltar...

D'autres publications de Garcia sont listées sur sa page LinkedIn.

Une bande-annonce
Au milieu de la revue de la Royal Philatelic Society London, quatre pages annonçant l'exposition internationale Stockholmia 2019 organisée pour célébrer les cent cinquante ans de la Société.

Le grand film de la soirée : le postier, le bush et les truands...
... souvenir de La Dernière Séance.
Quinze pages sur un sujet d'histoire postale, sociale et criminelle : les attaques de malles postales dans le bush australien au dix-neuvième siècle. Un véritable western à la John Wayne.

Auteur d'ouvrages récents sur les accidents subis par le courrier australien, Brian Peace raconte puis illustre de toutes les manières possibles la vague délinquante qu'a connu l'intérieur des colonies occidentales d'Australie des années 1840 à 1870 jusqu'à leur terme définitif au tout début des années 1900 - l'auteur déduisant que la sévérité accrue de la justice contre les criminels a mis fin à l'incroyable nombre d'affaires dans les années 1860 : plus de deux cents ! Plus de la moitié de toutes les attaques recensées.

L'article reproduit les trois seules lettres conservées portant une mention manuscrite expliquant leurs involontaires aventures, ainsi qu'une liste des lettres recommandées transportée avec le sac de courrier, qui, elle aussi, accompagna des bandits avant d'être retrouvée.

Les collectionneurs d'archives se tourneront vers les journaux officiels des colonies (Government Gazette), les quelques lettres témoignant de l'événement. Par exemple, cette lettre de 1864 entre deux maîtres des postes pour confirmer que la moitié de chèque amené par un destinataire est bien à payer ; le dit chèque avait disparu lors d'un vol, puis déchiré lors du tri des valeurs par les malfaiteurs.

Chacune des affaires concernées est racontée à partir des articles de presse et des récits dans les archives judiciaires. Prenant, surtout avec la figure de Paddy Tom, qui apparaît dans plusieurs coups réalisés par des bandes différentes dans des colonies différentes, et qui finit condamné à la pendaison pour meurtre le vingt mai 1865.

L'entracte.
Le temps d'une pause eskimo (chouchous, beignets ! sur les plages de France) résumé des conférences d'avril, annonce du nouvel ouvrage Guide to the Postal Stationery of Iraq par Clayton Rubec et Akhtem Al-Manaseer.

En amusement avant le deuxième film, Richard Wheatley se contente d'une seule enveloppe recommandée de 1970, de Leeds (Angleterre) pour les passagers d'un navire faisant escale à Punta Arenas, au sud du Chili : quatre Wildings et le timbre commémoratif Gandhi...

Les cinq comportent une variété présente au catalogue Stanley Gibbons !

Soir de vacances, encore envie d'un vieux film dans l'immensité classique...
... Le Cinéma de minuit ?
Restons dans les immensités à explorer et les enquêtes policières : la présence militaire britannique avec la révolte arabe dans l'Empire ottoman pendant la Grande Guerre à l'établissement du mandat britannique dans ce qui devient le Royaume d'Irak.

Barry Scott fait face à un mystère... Trente-trois en fait. Trente-trois enveloppes originaires de Mésopotamie du vingt-cinq mai 1920 au vingt-neuf novembre 1921 portent une marque rouge : un M et un numéro dans un cercle.

Trace de censure ? Tampon indiquant la franchise militaire pour les troupes britanniques ? Scott propose cette seconde solution par les archives pour la date de fin de censure d'une part, et en comparant des courriers civils et militaires par voie aérienne, d'autre part : un timbre-poste (ottoman surchargé) de moins et un coup de tampon de plus pour les seconds.


Il est minuit passé dans le sud de la France, le soleil est enfin couché et le courant d'air frais permet enfin d'aller dormir.


Complément du dimanche seize octobre 2016 :
Le dix octobre 2016, la poste de Gibraltar a émis cinq timbres sur les boîtes aux lettres, une par règne dont le souverain est apparu sur les timbres du territoire britannique. Néanmoins, l'auteur du blog Commonwealth Stamp Opinion avait du mal à voir qu'est-ce qui pouvait motiver le Bureau philatélique de Gibraltar.
L'émission des pillar boxes de Gibraltar du dix octobre 2016 (Bureau philatélique de Gibraltar).
À part les cinq cents (autoproclamés) du service postal britannique célébré par Royal Mail cette année, je lui ai signalé l'article de Richard Garcia évoqué ici sur l'installation par le Royal Gibraltar Post Office des six boîtes-piliers historiques sur Main Street.

Pour être sûr du lien entre cette installation et l'émission de timbres, j'ai pu obtenir une réponse de M. Garcia qui a contacté Aaron Enriles, un responsable du Bureau philatélique de Gibraltar, qui lie les deux. Sauf qu'en 2015 lors de la préparation du programme philatélique, le RGPO ne possédait pas de boîtes au monogramme d'Edward VIII et n'a envisagé que cinq timbres.

Faute de temps, il est envisagé pour 2019 une émission complémentaire pour représenter cette boîte installée près du Parlement du Territoire.

Merci à Robert Garcia et à Aaron Enriles pour leurs réponses.

dimanche 20 mars 2016

Daech et la complicité des collectionneurs

L'organisation État islamique (Daech) réussit fréquemment à profiter de nos médias de masse et de leurs besoins économiques d'avoir toujours quelque chose de neuf à diffuser... et de notre mauvaise habitude de suivre ces nouvelles, sans distinguer le dérisoire de l'indispensable.

C'est ainsi qu'en novembre 2014, l'organisation proclamait la création d'une nouvelle monnaie, et que fin août 2015, elle montrait les pièces en question, jouant avec les métaux précieux sur l'attrait qu'ils suscitent sur les collectionneurs, les épargnants et autres survivalistes qui pensent qu'une pièce en or vaudra plus qu'une boîte de conserve après l'effondrement du système bancaire occidental.

Les médias suivaient : l'« État » exposait une nouvelle preuve régalienne de son existence temporelle.
Non, mais vous croyez que je vais promouvoir ces jetons en ajoutant un fichier de plus sur Google Images ?!! (couverture du numéro de L'Histoire)
Avec recul, Jérôme Jambu, conservateur au département des monnaies, médailles et antiques de la Bibliothèque nationale de France, présente un point sur les réalités et fantasmes autour de ces pièces dans le numéro 421 daté mars 2016 du magazine L'Histoire (article en consultation payante sur le site web).

Apparemment en circulation depuis juin 2015, il y a sept valeurs : cinq dinars et un dinar en or ; dix, cinq et un dirhams en argent ; vingt et dix fulus en cuivre. Sur une face, des inscriptions en arabe, et sur l'autre des images inanimées : planisphère, monuments notamment mosquées symboliques des ennemis à éliminer (juifs et chrétiens), lance et bouclier... Jambu détaille l'analyse de ces symboles et la propagande qu'ils diffusent.

Les informations de Jambu permettent de dénouer le plan derrière ces frappes. Le sept octobre 2015, les autorités turques ont annoncé avoir mis fin à un atelier clandestin à Gazantiep, ville millionnaire proche de la frontière syrienne. Le matériel saisi et la qualité des pièces connues montrent un professionnalisme du travail.

Une qualité qui rappelle les monnaies du monde : format proche de celles d'Arabie saoudite, des fulus ressemblant à des centimes d'euro cuivrés. Mieux : une cinq dinar est un disque métallique saucé dans une fine couche d'or ! Certes, Daech possède des lingots de la Banque centrale irakienne et des monnaies antiques... Mais faut-il les gâcher ?

Le conservateur émet des hypothèses qui devraient faire réfléchir tout collectionneur et tout revendeur de pièces de monnaie en ces temps où trop nombreuses sont les populations victimes des mouvements djihadistes, de la Syrie à la France, de la Côte d'Ivoire à la Tunisie, et la liste est longue.

Le point de départ est qu'actuellement, ses confrères et lui n'ont encore jamais croisé de pièces aux caractéristiques initialement communiquées par Daech. Est supposée qu'une partie voire toute la frappe monétaire est composée de monnaies hors gabarit. Certes, l'organisation accuse des fraudes en provenance de Chine... Pour Jambu, il est fort possible que le groupe diffuse à fort prix ces jetons en faisant croire à un contenu d'or et d'argent mensonger.

Et de conclure par cet avertissement : comme pour la contrebande de pétrole ou de vestiges archéologiques, « objet manifeste de propagande, les pièces de monnaie créées et frappées par, pour le compte ou au nom de Daech, (...) doivent être considérées comme une source de financement de l'organisation. Et, par extension, du terrorisme international. »

Qui veut servir d'exemple devant les douaniers ou un juge ?


Compléments du dimanche quinze août 2021 :
Le quatre août 2016, un article sur la monnaie de l'État islamique a été publié sur le site de la Radio Télévision Suisse, à partir d'un entretien avec Jérôme Jambu. Il conclut à l'inexistence - à part quelques exemplaires-maquettes - de cette monnaie : les forces irakiennes et alliées n'en ont pas trouvé trace lors de la reprise de l'ouest de l'Irak les semaines précédant l'article. Pour Jambu, Daech n'a jamais eu suffisamment de métaux précieux et de capacités techniques, mais en parler, et même accuser des faussaires chinois, permettaient de faire croire.

dimanche 6 septembre 2015

Réfugiés et philatélie : entre humeur et thématique

En ces temps troublés, qui peuvent évoquer à certains les années trente, de l'autre côté de la mer Méditerranée, des régimes autocratiques du Moyen-Orient à l'Érythrée oppressent les peuples qu'ils sont censés protéger, des aspirants au génocide se moquent autant des frontières d'inspiration occidentale que de la dignité humaine, féminine et religieuse, un membre de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord paraît jouer double jeu dès que la question kurde apparaît.
Le timbre de la poste algérienne pour la Journée mondiale des réfugiés, émis en juin 2015 : certains n'y voient qu'une nouvelle gaffe plagiaire d'un opérateur incompétente quant le mélange de photographies de l'Espagne des années 1930 et des Libyens des années 2010 rappellent - involontairement ? - la permanence des problèmes d'un vingtième siècle qui n'en finit plus... (site d'Algérie Poste).
De ce côté-ci, les années trente paraissent inspirer autant une masse d'indifférence, entre de généreux citoyens d'un côté et des sérieusement fascisants de l'autre lorsque, après quatre ans et demi, des milliers de Syriens renoncent à survivre dans la pire des guerres civiles, celle qui divise une nation en trois parties opposées pendant que la communauté internationale tourne en rond incapable de choisir quel camp ou duo de camps aider, coincée entre droit international des Nations unies, jeu des puissances grandes et moyennes dans une recréation meurtrière de la guerre civile espagnole depuis les volontaires exaltés jusqu'aux voisins participant.

Points auxquels, depuis plusieurs mois, d'après la direction occidentale prise par les réfugiés, il faut rajouter les interrogations des membres de l'Union européenne sur leurs valeurs supposées communes et un espace de circulation commun quand ça arrange.
Larry Wilmore, du Nightly Show de la chaîne Comedy Central, sur comment Jed Bush tente de faire oublier les aventures militaires de son frère (page Facebook de l'émission, cinq septembre 2015).
Finissons aux États-Unis cette liste à la Prévert, avec un candidat floridien à la primaire républicaine qui, en traduisant l'humoriste Larry Wilmore, admet qu'il aurait fait la même chose, entre Afghanistan et Irak, que son frère quand celui-ci « démoula un gros bronze bien puant, sans tirer la chasse d'eau, tout en cassant la cuvette » tout en reprochant maintenant à celle qui eut à en gérer les conséquences d'avoir effacé des mails.

Soyons tristement optimiste : après des flux de réfugiés, les guerres du Vietnam, de Yougoslavie et du Rwanda ont bien fini par être stoppées entre efforts des bonnes volontés locales là-bas et ici, et coups de poing plus ou moins tardifs et inspirés des puissances occidentales - avec ou sans l'aide des deux puissances orientales.



Revenons aux timbres et courriers sur le thème des réfugiés.



Évidemment, tous les timbres sur le Haut-Commissariat des Nations unies aux réfugiés et marquant ses manifestations de prise de conscience peuvent s'accumuler depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, tout comme ceux célébrant les organisations non gouvernementales qui apportent aide et soin d'urgence, tels Médecins sans frontières ou la Croix-Rouge française.
Au lieu des Trésors de la philatélie à forte valeur faciales, voilà un des timbres à réemettre pour la lettre de moins de vingt grammes (Phil-Ouest.com). Si vous préférez la chanson : Goldman peut être utile de nos jours.
Les États d'Europe ont émis des timbres sur ce thème, avec surtaxe de bienfaisance, avant. Phil-Ouest.com permet de retrouver ceux de France : l'aide aux réfugiés de 1936 au timbre d'usage courant surchargé en novembre 1939 pour permettre aux réfugiés espagnols d'écrire en franchise postale.

Une philatélie thématique vaste qui peut animer des citoyens, comme au sein de l'association normande Philapaix. C'est bien peu comme geste, mais c'est déjà bien plus sur un chemin menant de Damas à la sécurité où des familles ont affronté les dangers des mers, l'hermétisme des frontières, le tunnel sous la Manche, et depuis cette semaine, les terminus des gares et les autoroutes parcourus à pied.

Sûrement, on y ajoutera l'ensemble des timbres émis pour soutenir les réfugiés et la cause palestinienne dans de nombreux pays à majorité musulmane, même si ces soutiens gouvernementaux seraient à questionner par les historiens pour leur efficacité relative, voire leur hypocrisie : combien de Palestiniens sont maintenus dans le statut de réfugié, sans droit à l'intégration, par les États qui les ont accueillis, dans l'idée qu'ils retourneront en Palestine ? Jetez un œil à la page aide d'Atout timbres du quinze juillet 2015 décrivant la litanie de ces timbres obligatoires dans l'Irak de Saddam Hussein.

Probablement, comme le thème discret des bureaux de poste de l'apartheid sud-africain, peut-on retrouver dans les oblitérations et le contenu de lettres et de cartes postales quelques courriers postés par des réfugiés depuis leurs camps ou la ville voisine soit dans l'urgence de donner quelques nouvelles rassurantes ou dès qu'il est possible de se poser ?

Et ce, depuis le génocide arménien ? Avant ? Et les courriers des prisonniers des camps nazis ?
Après que le régime de Salazar a conduit la famille Sousa Mendes à la ruine ou à l'exil d'une partie de ses enfants, la République du Portugal a pu honorer la mémoire du consul de Bordeaux en 1995 : malgré les ordres, il avait accordé un visa permettant la traversée de l'Espagne vers le Portugal à tous ceux qui en demandaient, signant tous les bouts de papier possibles, même dans sa voiture le long des files de réfugiés jusqu'à la frontière.
Les justes ne manquent pas non plus, même si la thématique sera d'abord centrée sur les consuls ayant œuvré dans l'Europe sous menace nazie - les liens mènent au timbre qui les honore : le diplomate suédois et martyr du stalinisme Raoul Wallenberg, Gilberto Bosques consul mexicain à Marseille, Aristides de Sousa Mendes consul portugais à Bordeaux ou, disparu le premier juillet dernier et qu'une pétition va permettre la timbrification dès 2016, le Britannique Nicholas Winton. Et je dois en oublier...

Le sujet est bien sérieux philatéliquement au point d'avoir inspiré un article de la Revue européenne des migrations internationales, en 1996, rédigé par le chercheur documentaliste Gilles Dubus... et librement consultable sur le site de l'éditeur Persée (ou sur la future version de son site).

Quant à la peur de « l'invasion », du « grand remplacement » ou du « dégât des eaux » - la dernière citation provenant du champion des collectionneurs français de timbres <sigh>-, Indochinois installés en France suite à l'instauration de pouvoirs communistes, Yougoslaves arrivés dans les années 1990 posent-ils problèmes d'intégration ? Pas de ce que je peux témoigner dans mon ancienne vie en Île-de-France. Va-t-on renvoyer le chanteur Corneille au Rwanda ? S'interroger si Stromae est une fuite incommodante dans la maison Europe ? Si grande maison européenne que ses habitants peuvent oublier qu'elle a largement « débordé », à cause d'une démographie incontrôlée, sur tous les continents entre la fin du dix-neuvième et le début du vingtième siècle ?

Retournons au village de Cacao, en Guyane française à travers les articles de ce blog des trente-et-un juillet et vingt-six décembre 2009 puisqu'on y trouve un bureau de poste. Y vivent, depuis les années 1970 et leur fuite des persécutions liées à une division sociale de bases raciste, coloniale, frigobelliqueuse, des Hmongs, ce qui a permis de faire revivre un hameau potager : une petite communauté permettant d'aider à l'autosuffisance du département d'outre-mer français. Et là continue la vie entre traditions asiatiques, vie dans la forêt guyanaise et valeurs de la République, comme le montrent les activités des élèves de l'école primaire Les Citronniers qui proposent même le cd-rom de présentation de Cacao, expédié par La Poste.

mardi 15 mai 2007

Le dernier roi d'Irak.

Voici un des trois timbres de la première série à l'effigie de Fayçal II, en tant que roi couronné d'Irak, émis en 1953.

Fils de Ghazi Ier, il a trois ans quand son père meurt dans un accident de voiture en 1939. En conséquence, son oncle qui assure la régence jusqu'à ce que le jeune roi atteigne l'âge de 18 ans.

Trois portraits du roi régentés sont utilisés sur timbres : deux séries d'usage courant en 1942 et 1949, et en médaillon d'un timbre pour le 75e anniversaire de l'Union postale universelle.

Après l'émission du couronnement (3, 14 et 28 fils), le roi apparaît sur tous les timbres : séries courante de 1954 et de 1958, ainsi que commémoratifs.

Fayçal II trouve la mort le 14 juillet 1958 lors du coup d'État du général Kasem, premier d'une série de coups et d'attentats jusqu'à la prise du pouvoir de Saddam Hussein en 1979.