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jeudi 30 janvier 2025

Philaposte devient un agent philatélique pour la Guinée

 Les lecteurs attentifs du catalogue numéro 105 (décembre 2024 - février 2025) de Philaposte, le service philatélique de la poste française auront remarqué que celui-ci devient un agent créant, imprimant et vendant un timbre au nom de la poste d'un pays indépendant.

La Femme guinéenne, timbre de 20 000 francs guinéens, émis en 2024 (?)

Vers la fin de ce catalogue, se trouvent les images, codes et prix des timbres-poste « Hors Métropole » comprenant les timbres imprimés par l'imprimerie Philaposte à Boulazac, mais valides uniquement dans les territoires (collectivités d'outre-mer françaises) et pays commanditaires (Monaco, Andorre), tous ayant l'indépendance de leur programme philatélique, même si La Poste est généralement l'opérateur postal sur leur territoire (Saint-Pierre-et-Miquelon) ou dès la sortie de celui-ci (les COM).

La page 54 du catalogue Philaposte n°105 avec le timbre de Guinée en bas à droite.

Et, surprise, en bas à droite, avec le nom de territoire en orange au lieu de bleu : un timbre-poste de Guinée en langue française, donc la République de Guinée, capitale Conakry, une des premières colonies à avoir choisi l'indépendance en 1958, dès que la Constitution de la Cinquième République française a instauré la Communauté française qui eut une courte vie.

L'illustration est celle de La Femme guinéenne ; avec inscription d'une valeur de 20 000 francs guinéens (GNF) et « POSTES 2024 », ce qui fort traditionnel pour la France d'avant la libéralisation postale et ses territoires d'outre-mer et coloniaux.

Le timbre carré de quatre centimètres de côté est vendu 2,11 euro par correspondance par Philaposte, en feuille de dix.

Actuellement, Google me propose 2,22 euro pour cette valeur faciale de vingt mille francs de Guinée ; avec un euro à environ neuf mille francs.

Contrairement au Japon - quoique -, Philaposte est donc un agent de La Poste guinéenne en vendant une partie du tirage du timbre commandé. Est-ce un moyen pour cette dernière de réduire la facture ? 

Ou a-t-elle écouté les programmes de l'Union postale universelle qui encourage les postes du monde entier, héritière des administrations postales, et de se diversifier en utilisant leurs équipements et leur large présence territoriale (documents et stockage électroniques en lien avec l'État, banque par smartphone, boîte postale et colis EMS pour réintroduire la confiance dans le courrier, voire camions de déménagements pour la poste de Côte d'Ivoire, etc.)...

...et aussi de retrouver leur passé philatélique et le timbre-poste, donc un revenu tiré des collectionneurs et des touristes. La majorité des postes africaines disposant d'un site se contente d'une page sur la collection de timbres ; quelques-unes parviendront-elles au site commercial.

Certes, la poste marocaine entretient le Hub philatélique africain, mais est-il fait pour une clientèle locale ? Vise-t-il des collectionneurs plus lointain tel le modèle collectif WOPA lancé par le service philatélique de Gibraltar au départ pour les postes des petits territoires britanniques ?

Peut-être que la nouvelle partie « journalisme » de la fusion dragonballesque ou gloutonne Timbres magazine-L'Écho de la timbrologie et d'un Atout timbres consolidé apportera la réponse ; le directeur actuel de Philaposte, Paul Dworkin, n'évoquant pas ce timbre et ce client dans son éditorial.


Complément du samedi dix mai 2025 :

Voici le timbre de Guinée, imprimé et vendu par Philaposte en France, placé en comparaison de dimension avec le Pierre Dac de 2025.

La Femme guinéenne, haut de feuille aux armoiries de Guinée, comparé au timbre Pierre Dac.

Un carré de quatre centimètres avec peu de marge blanche. Sûrement une histoire artistique ou créatrice derrière ce dessin.

Souci, les pages Philatélie ou Timbre des deux (?) sites existants pour La Poste guinéenne en est à définir le loisirs, et pas à lancer un magasin ou, au moins, un magazine en ligne...

Vrai timbre sur le site laposte.gn ? 52 000 francs pour ce paysage montagneux et forestier, avec millésime 2024.

... alors que l'illustration dans le menu montre que La Femme guinéenne n'a pas été le seul timbre millésimé 2024 du pays.

J'en reste à une double hypothèse : La Poste guinéenne a pu payer en partie l'impression de ses timbres-poste en en faisant vendre une partie aux collectionneurs par Philaposte. Cette dernière a-t-elle tenté une expérience d'agent philatélique pour un des clients de l'imprimerie de Boulazac ?

À suivre.

mardi 2 mai 2023

Le musée de Manéga au Burkina et les outils de la recherche

 On ne sait jamais ce que l'on va apprendre d'une enveloppe prise au hasard du carton d'un marchand lors d'une bourse locale. Un exemple avec celle-ci ayant voyagé en 2001 entre le Burkina Faso et la France.

Timbre du Burkina de 2000 sur lettre pour la France, oblitéré le huit janvier 2001.

Par respect pour la vie privée du destinataire, il n'est pas utile de la représenter en entier : adresse au stylo-feutre pour Nîmes, dans le Gard ; code barres saumon du tri postal français, une mention par avion soulignée.

L'oblitération est de Ouahigouya le huit janvier 2001, une ville de soixante-treize mille habitants en 2006 et située au nord du pays.

Le timbre révèle une œuvre réalisée pour le musée Belem-Yẽgre du village agricole de Manéga : la dalle africaine sacrée du Quart-Monde-ATD.

Après un peu d'exploration, et grâce à cette dalle sacrée, le musée Belem-Yẽgre sur Google Maps.

Africains et économistes signalent régulièrement le manque de connexion (et le prix) aux réseaux de télécommunications mondiaux. Ce musée semble en être un exemple... à cause du nom choisi sur le timbre.

Avec les bases de données philatéliques, on retrouve rapidement la série de quatre timbres de 2000, notamment avec Colnect alimenté par des collectionneurs : le portail du musée, deux œuvres issues des traditions sociales, culturelles et religieuses du pays, et cette dalle représentant le continent africain avec deux piliers centraux.

On évite donc d'aller à Belem au Portugal et au Brésil, et trouver le lieu à une cinquantaine de kilomètres au nord de la capitale Ouagadougou.

Ouvert en 1987, l'émission de timbres est donc tardive. Sophie Douce pour Le Monde Afrique par exemple, le vingt-six juillet 2020 a décrit le musée, ses collections et leurs sens.

Et, particulièrement, l'homme qui a réussi à rassembler toutes ses pièces de la destruction iconoclaste ou de l'empoussiérage dans les réserves de musées occidentaux. Le septuagénaire Frédéric Titinga Pacéré, prince coutumier de Manéga, s'inquiétait des conditions de conservation dans un bâtiment vieillissant. Car ce musée est privé et familial, sans subvention de l'État, hors cette émission de timbres-poste, et dans un pays connaissant des problèmes de sécurité, aggravés depuis avec l'implantation de groupes djihadistes au Sahara malien.

Pour la dalle, on reconnaît le nom d'une organisation non-gouvernementale : ATD-Quart-Monde fondé en 1957 par le prêtre Joseph Wresinski pour lutter contre l'extrême pauvreté partout dans le monde en aidant ses victimes à devenir acteurs de leur réussite. Frédéric Titinga Pacéré a-t-il reçu une aide de l'association pour organiser son musée et une économie pour faire profiter la communauté rurale alentour ?

En 2010, dans la Revue Quart-Monde, Albert Longchamp, jésuite genevois, témoigne d'une visite à Manéga lors du Congrès mondial de l’Union catholique internationale de la presse à Ouagadougou et qui permet de retrouver plusieurs pièces d'un puzzle grandement dispersé sur internet.

L'avocat Frédéric Titinga Pacéré a dédié cette dalle au père Joseph Wresinski en l'inaugurant le douze février 1996, jour de son anniversaire... et c'est pour cela qu'elle fait écho pour l'auteur au Parvis des libertés et des droits de l'homme à Paris, nommé ainsi grâce à l'action de Wresinski auprès du président français François Mitterrand.

La sentence parisienne est retranscrite à Manéga en français et en mooré : « Là où des Hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les Droits de l’homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré ».

Sous la dalle sacrée, de la terre de vingt-quatre lieux dont la tombe du père Joseph, celle de l'île de Gorée - lieu symbolique de la traite atlantique, de la cellule de Nelson Mandela, des fosses communes du génocide rwandais, etc.


Sauf que, sans accès à internet ou à une bibliothèque bien fournie et surtout aux documentalistes en nombre suffisant pour bien indexer...

Alors que la Wikipédia en français a une ébauche sur la localité, Google Maps et Google tout court ne parvient déjà pas à retrouver Manéga au Burkina... sauf un hôtel au sud-est de la capitale. Je pense que le problème provient des limites administratives locales mêlées au manque d'indexation numérisée des lieux accessibles aux cartographes internationaux (des grands groupes aux cartographes-programmeurs)... ou du manque de curiosité pour l'Afrique des entreprises cartographiques : quels revenus ?

Le musée en lui-même, sous le nom inscrit sur le timbre, se retrouve, ai-je dit, dans les bases philatéliques, mais son site web signalé par Albert Longchamp est désormais inacessible : http://www.musee-manega.bf/ . Il faut donc explorer les articles accessibles en ligne pour retrouver l'histoire et le devenir actuel de ce lieu...

... ou aller au plus simple : musée de Manéga sur Wikipédia dont une partie des sources citées sont le site du musée...

En août 2020, Sophie Douce pour Ouest-France évoquait les effets du covid-19 sur la chute des visites touristiques : plusieurs dizaines de visiteurs par jour avant ! Moins d'une dizaine par semaine en 2020.


Dernier espoir pour le musée et le pays ?

En 1999, c'est en ce lieu et auprès de Maître Frédéric Titinga Pacéré qu'un groupe citoyen a lancé l'appel de Manéga en juin 2019 pour appeler à la concorde et la réconcialiation entre les habitants. Groupe qui sous le nom d'Appel de Manéga se réunit régulièrement pour promouvoir leur message et valoriser les femmes et hommes de paix au Burkina.

Pour le musée, son attractivité et sa mémoire, il y a un moyen simple : que les visiteurs y ayant réalisé des photographies le localisent sur Google Maps et y ajoutent description, avis, photographies pertinentes. Cela fonctionne pour tous les fournisseurs de cartes, privés comme collaboratifs comme Open Street Map qui a déjà plus d'informations que Google.


Au terme de cet article rédigé au fil de la recherche, je découvre que j'aurai dû partir de Wikipédia et Open Street Map, outils enrichis par les utilisateurs, pour remonter les faits par la presse et les revues.

Il reste cependant un mystère : pourquoi cette appellation « musée Belem-Yẽgre » qui complique la recherche ?

mercredi 8 mars 2023

Une prudente carte de l'Afrique à Djibouti

Chaque année, les participants du forum anglophone StampBoards alimentent une liste des administrations postales n'ayant pas émis de timbres-poste en signalant le premier timbre aperçu de l'année. Par ici, la liste en cours pour 2023.

C'est ainsi que j'ai découvert un timbre de Djibouti pour marquer le Championnat d'Afrique des nations de football, réémis avec le podium final surchargé en rouge, vendu par un commerçant philatélique sur Delcampe, imprimé par l'agent philatélique Stamperija.

Je laisse de côté le débat : ces timbres de deux mille cinq cents francs djiboutiens sont-ils vendus dans les bureaux et utilisés sur le courrier du pays ?

Même si l'intérêt de ce Championnat des années paires est assez intéressant face à la Coupe (la CAN) des années impaires : la compétition d'équipes nationales composées de joueurs des clubs du pays.

Le Championnat d'Afrique des nations 2022 a été organisé en Algérie en janvier-février 2023, un décalage dû à l'effet domino des décalages précédents liés au covid-19.

Plus intéressant est l'attention que l'illustrateur a consacré aux détails géopolitiques du timbre-poste : aucun territoire, ni frontière problématiques ne sont visibles malgré la représentation des frontières internationales !

Le bras droit du joueur dissimule la frontière entre l'Égypte et le Soudan, avec le triangle de Halaïb égyptien revendiqué par le Soudan, et le Bir Tawil qu'aucun des deux ne revendique...

La jambe gauche en extension est fabuleuse, surtout la cuisse : cela a évité de représenter, donc de prendre partie dans les problèmes entre :
- la Somalie et la province sécessionniste depuis 1991 du Somaliland,
- la frontière entre le Soudan et l'État sécessionniste du Soudan du Sud en tensions sur des portions du tracé, mais surtout sans se prendre les pieds sur l'Abiyé réclamé par les sudistes.

Le ballon cache l'épine géopolitique de l'Union africaine : il cache la frontière internationalement reconnue entre le Maroc et le Sahara occidental annexé en partie par le premier depuis 1975 - sujet de discorde entre Maroc et Algérie, problématique de la participation du Maroc et de la République arabe démocratique sahraouie aux institutions panafricaines, etc.

Enfin, les pays-archipels ou insulaires... 

sur une partie réduite d'un petit bout de papier dentelé gommé...

Guinée équatoriale représentée, mais Cap Vert au large du Sénégal, ni les Comores ou Maurice.

Avantage des deux derniers États absents, le short dissimule les îles françaises de La Réunion, de Mayotte - cette dernière revendiquée par Comores -, sans parler des îles Éparses dont la souveraineté est disputée avec Madagascar et Maurice.


Sur StampBoards, on s'interroge sur où en est le contrat entre la poste de Djibouti et l'agent Stamperija, le rôle joué par l'exclusivité du marchand présent sur Delcampe...

Dans tous les cas, la personne qui a commandé et validé le timbre-poste a des connaissances fines des problèmes géopolitique de l'Afrique. Par cette mise en scène graphique, il permet d'éviter au gouvernement djiboutien des soucis avec plusieurs États du continent.

dimanche 5 mars 2023

Le quatre mars 2023 dans le monde la philatélie

Des nouvelles philatéliques et variées du quatre mars 2023.


Où en est le rêve panafricain ?

L'article illustré philatéliquement dans l'édition du quatre mars 2023 de The Continent.

Dans son numéro 118 du samedi quatre mars 2023, l'hebdomadaire panafricain The Continent résume le tumulte provoqué par les propos du président tunisien du vingt-et-un février sur les migrants sub-sahariens ; propos qui ont suscité des émeutes racistes début mars... L'humain différent, le bouc-émissaire idéal alors que les Tunisiens approchent d'un référendum constitutionnel.

Pour illustrer l'article et son fil Twitter, The Continent rappelle par les timbres que la République tunisienne a été panafricaine en émettant deux timbres pour la Journée de l'Afrique, le quinze avril 1961, date anniversaire du premier congrès des États africains indépendants au Ghana.


#postboxsaturday

Depuis plusieurs mois, les amateurs de la poste échangent leurs photographies de boîtes aux lettres de rue sur les réseaux sociaux avec le mot-dièse #postboxsaturday.

Boîte aux lettres de la poste du Sri Lanka, au monogramme d'Edward VIII (via Twitter).

Ce samedi quatre mars, The Letter Box Study Group a proposé une boîte rarissime : une boîte srilankaise au monogramme du Roi Edward VIII... Déjà qu'au Royaume-Uni, environ cent cinquante boîtes à ce monogramme ont pu être placées entre septembre 1936 et les premières semaines de 1937,... alors dans une colonie indépendante depuis 1948 et une république depuis 1972.


Imaginaire #postboxsaturday

Extrait du film Shrek 2 repéré par Ken Polsson (via Twitter).

Ken Polsson a observé une boîte imaginaire pour ce samedi quatre : celle de la FFAPS, la Far Far Away Postal Service. Le Service postal [du royaume] Fort Fort Lointain de la série de films d'animation Shrek.

mardi 31 août 2021

Pourquoi donc frapper des pièces pour les colonies françaises ?!

 C'est une formulation simple de l'étude proposée par Hugo Carlier dans son mémoire de master (« D.E.A. » pour les anciens) titré La Souveraineté monétaire dans l'Empire colonial français 1879-1939. Il a reçu le prix Ithaque-Marquet du master d'histoire économique, ce qui lui a permis d'être publié en juin 2021 (éditions Ithaka, ISBN 9782956629566).

Couverture de l'ouvrage (à commander chez votre libraire).

Le propos est en effet intéressant aux numismates souhaitant dépasser la simple cote d'achat-vente de telle ou telle pièce coloniale, même s'il faut accepter que l'exercice consiste autant à évoquer le sujet titré qu'à faire le point sur l'état de la recherche et de la connaissance avec forces notes et renvoi vers d'autres ouvrages de recherche. Certains découvriront quels sont les notions et concepts qu'abordent les chercheurs actuels autour du fait colonial ou des représentations symboliques de la République française.

D'ailleurs le titre originel de son mémoire de 2020 permet au lecteur éloigné de l'université d'en comprendre le contenu plus aisément : Négocier la souveraineté monétaire sous la Troisième République. La monnaie métallique dans l'empire colonial français (1879-1939) », préparé sous la direction d'Alain Chatriot, professeur des universités à Sciences Po.

Si je résume grossièrement, les colonies françaises n'ont aucune autonomie monétaire aux yeux du ministère des Finances à Paris...

... sauf que les collectionneurs listeront de tête, avant les années 1930, les bons de caisse des Antilles et de la Réunion, les piastres de commerce de la Banque d'Indo-Chine, les roupies des comptoirs des Indes, les monnaies tunisiennes, togolaises et camerounaises.

C'est qu'entre l'idée-clé que le franc français est la monnaie de l'Empire et le fait que les colons et colonisés utilisent des pièces métalliques de franc français, il y a le gouffre de la masse de métal dont la France dispose réellement. Les gouverneurs réclament fréquemment à Paris des pièces pour satisfaire les commerçants de leur colonie... au risque que de bonnes pièces françaises fuient vers les colonies et pays voisins... Leur attrait est d'être aux formats de l'Union latine.

Déjà pointent les premières exceptions : dans les minuscules comptoirs indiens, la monnaie doit permettre des échanges aisés avec la roupie des Indes Britanniques ; en Indochine, la sapèque et sa symbolique (sa forme troué en carré, ses formules frappées) est préférée par les « indigènes »...

Comme pour le protectorat tunisien et les mandats du Togo et du Cameroun, il va être tenu compte de ses exceptions car, face au manque de monétaire français, il y a la concurrence commode d'utiliser les monnaies métalliques d'autres puissances rivales, britannique, allemande et même le Thaler de Marie-Thérère que l'Autriche frappe encore avant la Première Guerre mondiale alors qu'elle est démonétisée localement.

On pourrait croire que c'est l'invasion de monnaies rivales qui animeraient les ministères et administrateurs français... À la lecture des recherches d'Hugo Carlier, il semble que, la plupart du temps, ce sont des considérations économiques et comptables, parfois diplomatiques, qui préoccupent les ministères parisiens plutôt que le rayonnement des valeurs de la République civilisatrice.

Il faut, en effet, découvrir dans les archives ministérielles et parlementaires le combat du ministère des Finances pour conserver les bénéfices de la frappe monétaire - le seigneuriage -, moins par souci d'expression de la puissance métropolitaine que par le fait que l'entité souveraineté conserve dans son budget le bénéfice de la transformation du métal en monnaie sonnante et trébuchante.

C'est ce principe que le Bey de Tunis et le gouverneur du Togo (sous surveillance de la Société des nations) comprennent très vite et savent rappeler à Paris par l'intermédiaire des ministères des Affaires étrangères et des Colonies : dans ces cas, la France n'est pas souveraine ; elle frappe la monnaie au nom d'un roi ou d'un peuple encadré...

... et voilà comment les pis-aller des Antilles et de la Réunion (bons de caisse, faute de monnaie métropolitaine aisément disponible) d'avant la Grande Guerre de 1914 deviennent un enjeu croissant chez les différents gouverneurs coloniaux pendant l'entre-deux-guerres. Ils voient dans l'émission de pièces de monnaie au nom de leur colonie un moyen d'équilibrer leur budget après les coûts de la guerre et les nécessités de construction d'infrastructures pour développer les pays.

Quand, enfin, le ministère des Finances cède, l'apparence de la monnaie est secondaire pour quasiment tout le monde, sauf exception d'un gouverneur soucieux de détail (le profil d'une Caraïbe en Guadeloupe) ou le cas d'un territoire où il faut s'assurer des apparences diplomatiques : l'équilibre France/Indochine voire l'absence de l'État-France en Tunisie. Le traité de protectorat pouvant imposer les mêmes droits à une puissance rivale, il ne faut pas donner de droit au royaume d'Italie de battre monnaie pour le Bey. Ailleurs, n'importe quel profil de Marianne fera l'affaire, surtout s'il est déjà gravé : il faut économiser pour protéger le seigneuriage.

Je pense que cet ouvrage sera utile à la culture des collectionneurs de monnaie. Quels débats ont conduit à la frappe ou à l'absence de frappe ? Pourquoi telle ou telle allégorie et tel texte ? Pourquoi des banques (d'Indo-Chine jusqu'en Polynésie) ont-elles exercé ce pouvoir au lieu de la puissance publique  ? Au risque de conflit dans le cas de la Banque d'Algérie pour les monnaies tunisiennes ?

Bref, la confirmation que cet empire, créé dans la violence militaire ou diplomatique, dans l'exploitation économique à sens unique, avec un peu de souci du développement des populations à partir de l'entre-deux-guerres, paraît géré au jour le jour et au meilleur coût possible pour les ministères de la Métropole.

L'avantage d'un mémoire universitaire sera que les curieux de tel sujet ou telle colonie bénéficieront d'une bibliographie permettant de prolonger leurs lectures et recherches au-delà, grâce aux notes, à une bibliographie et un index des personnages cités.

lundi 8 octobre 2018

L'Atlantique Sud connu grâce au Diktat français

Pour marquer le centenaire de la fin de la Grande Guerre, une curieuse histoire géologique, technologique, géopolitique et finalement postale maritime est proposée dans le numéro daté octobre 2018 du London Philatelist : James R. Taylor raconte l'expédition du Meteor dans l'océan Atlantique Sud de 1925 à 1927 sous la direction du chimiste allemand Fritz Haber - dont le bilan moral de l'œuvre de recherche est à débattre, comme celle de nombreux autres savants et scientifiques de la Première Guerre mondiale.
Les allers-retours du Meteor dans l'Atlantique de 1925 à 1927 (F. Spiess, Die Meteor-Fahrt, 1928 ; récupérée sur la base documentaire Commons de Wikimedia - également reproduite avec source complète dans l'article de James R. Taylor).
Sans divulgâchage, Haber proposa de payer les réparations allemandes aux vainqueurs de la Grande Guerre en récupérant les atomes d'or dispersés dans l'eau de mer... dans le plus grand secret. L'expédition du Meteor visait publiquement à faire réintégrer l'Allemagne dans la communauté scientifique mondiale, mais discrètement à évaluer en différentes régions de l'Atlantique austral où se trouvaient les plus fortes concentrations du métal précieux dans l'immensité liquide.

L'aventure scientifique est belle, surtout qu'elle permit de découvrir les fonds océaniques, dont sa dorsale et les reliefs qu'elles créent à plusieurs centaines de kilomètres autour d'elle. Connaissances durables célébrées sur timbres-poste de l'île britannique d'Ascension, particulièrement concernée, et que des courriers de l'équipage évoquent...

Lettres et cartes postales à interpréter à l'aide de la « carte n°1 » du livre de F. Spiess de 1928 sur l'expédition, en partie reproduite dans l'article : très détaillée, les parcours du Meteor sont figurés en rouge avec la possibilité de repérer les ports où ce courrier a pu être déposé.

Classe ouverte pour ce thème : cartes à grande et petite échelles donc des quatorze traversées entre l'Amérique du Sud et l'Afrique, depuis la Terre de Feu jusqu'au Cap de Bonne Espérance, et du large des Guyanes à la Mauritanie.

mercredi 18 juillet 2018

La première émission Africa : centenaire de Nelson Mandela

Liste des pays ayant participé au jeudi onze octobre 2018.

Aujourd'hui, mercredi dix-huit juillet 2018, est célébré le centenaire de la naissance de Nelson Mandela ou Madiba du nom de son clan tribal. Personnalité sud-africaine d'importance : « terroriste » emprisonné par le régime d'apartheid, sa libération marque l'avènement d'une démocratie marquée par le pardon et l'égalité des droits en Afrique du Sud - plus ou moins la corruption et les ambitions de ses successeurs.

Dans les archives francophones de l'Union panafricaine des postes, organisation continentale de l'Union postale universelle, sont trouvables les débats et décisions des conseils d'administration et congrès concernant une émission commune pour le centenaire de Mandela.
La résolution du conseil d'administration de l'UPAP instaurant une émission conjointe Africa Stamps et son premier sujet commun (rapport du conseil de Nairobi, mai 2017).
Au conseil de Nairobi des 8-10 mai 2017 (page 144 du fichier pdf), la décision est définitivement prise : voir ci-dessus, la copie d'écran insistant sur l'importance du timbre-poste, de diffuser l'identité culturelle de l'Afrique et la nécessité de trouver des revenus pour les opérateurs postaux.

Surtout : le Conseil d'administration « invite les États membres à :
- adhérer à ce Comité pour l'élaboration et la diffusion de la thématique commune panafricaine de timbre-poste » ;
- dédier la première émission de cette thématique panafricaine en l'honneur de Nelson Mandela, le digne Fils d'Afrique. »

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Nous voici un an après et les difficultés apparaissent, donc le plaisir de la recherche philatélique commence :)

Premièrement, faute de communication large auprès des médias ou trouvable par les moteurs de recherche internet : quels pays participent à ce Comité et à l'émission Africa Stamps cette année ?

Deuxièmement, il est notable des connaisseurs de la philatélie et des postes africaines que celles-ci gèrent leurs stocks au plus juste des besoins réels du pays, quitte à surcharger de très vieilles émissions plutôt que de lancer de coûteuses impressions - au risque de les confier à des entreprises philatéliquement spéculatives (relire l'exemple du Cameroun grâce au West Africa Study Circle).

Doù : combien de postes ont-elles pu se permettre l'investissement et la diffusion vers les pays de collectionneurs de nouveautés (Amérique du Nord, Europe, Asie de l'Est) ? Combien sont parvenus à trouver des accords entre elles, entre elles et des imprimeurs, etc. ?
Un sujet pertinent, une réalisation respectueuse et des logotypes choisis sur des timbres d'agence... la Gambie est devenue démocratique ou quoi ?! (IGCP via Commonwealth Stamps Opinon)

À la pêche aux informations, l'auteur du blog Commonwealth Stamps Opinion est tombé sur les feuillets identiques de la Gambie et du Liberia, en juin dernier, dans le catalogue des nouveautés de l'agence IGPC.

Sa surprise fut grande : le sujet et la réalisation paraissent véritablement liés au pays dont l'agence réalise les timbres, habituellement en mode vignettes grand tirage... Et le logotype officiel du centenaire par la Fondation Nelson Mandela. J'allai alors à la pêche également et trouvai la décision de l'Union panfricaine des postes.

Aujourd'hui, les philatélistes africains commencent à lister les émissions à partir des pays disposant de services philatéliques fonctionnels :

Algérie, Gambie et Liberia avec le même feuillet donc :
Message sur Twitter avec les feuillets de Gambie et d'Algérie par PhilatelieDZ, dix-huit juillet 2018.

Notons que la quinzième émission 2018 d'Algérie Poste est entièrement légendée en arabe. L'étude linguistique des émissions algériennes devient passionnante : bilingues arabe-français en générale, devenues régulièrement trilingues depuis 2017 avec le tamazight en alphabet tifinagh ou latin. Exceptionnellement bilingue anglais-arabe... quand on ne souhaite pas froisser les Français avec les figures de la résistance anti-coloniale, le cinq juillet dernier ?

Ajout du vendredi vingt juillet 2018 :
Niger et Togo : le Commonwealth Stamps Opinion a trouvé les feuillets d'un timbre identique à ci-dessus et les feuilles de six de cette émission Africa du Niger et du Togo.

Ajout du dimanche vingt-deux juillet 2018 :
Burkina Faso : le Commonwealth Stamps Opinion a trouvé le feuillet d'un timbre identique à ci-dessus du Burkina, dans un article d'hier samedi vingt-et-un. L'impression par Cartor est indiquée en marge du bloc.

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Retour à l'article initial :
Tunisie avec son compte Twitter :
Message de La Poste tunisienne sur son fil Twitter, dix-huit juillet 2018.
Même format, logotype, mais couleurs et photographies différentes. Pourquoi ? Comment ? Cela dépend-t-il des accords entre postes, entre qui a assuré l'impression par groupes de pays ?

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Conclusion initiale de l'article :
Encore une cinquantaine de pays en attente... Certains collectionneurs européens se souviennent de la difficulté à se retrouvé des séries complètes de l'émission des quarante ans de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (CÉDÉAO) en 2015.

Sera-ce la même situation pour la première des émissions Africa ? Et d'après le modèle universel choisi, l'emblème de l'Union panafricaine des postes suffira-t-il à distinguer les émissions réellement participantes des émissions d'opportunité ?

Cet article va-t-il s'allonger dans les semaines à venir ?

Mise à jour du vingt-huit août 2018 :
Le webmestre de philateliedz.com a trouvé la version libyenne de l'émission dans une version similaire à celle de Tunisie.
La poste libyenne a participé à l'émission. Maintenant, vu la division politique du pays, dans quelles localités trouver ce timbre sur place ? (via le fil Twitter de philateliedz.com, vingt-huit août 2018).

Mise à jour du jeudi onze octobre 2018 :
Aujourd'hui, le magazine philatélique Vaccari News annonce la participation de l'Afrique du Sud à cette émission en employant la version sur fond blanc.
L'émission Africa Stamps s'ajoutant à plusieurs émissions conjointes autour des personnalités de Gandhi et Mandela.

La brève d'actualité précise les pays participants connus de l'éditeur italien : Algérie, Burkina Faso, Gambie, Guinée équatoriale, Kenya, Libye, Niger, Togo, Tunisie et Zimbabwe. En italique, ceux déjà repérés ici grâce à PhilatelieDZ et au Commonwealth Stamp Opinion. La liste omet le Liberia.


À suivre.

jeudi 17 août 2017

Le programme des jeudis de la RPSL pour 2017-2018

Le programme des conférences et des expositions des jeudis de 2017-2018 a été récemment publié sur le site de la Royal Philatelic Society London.

Royaume-Uni, Empire et Commonwealth bien entendu, mais avec de nombreuses escapades outre-mer, ponctuées de quelques promenades maselisiennes.

Nouveau président belge de la Société, Patrick Maselis proposera, le huit février, une exposition sur l'ensemble de la « fin du catalogue » des timbres de Belgique : fiscaux, aériens, carnets, taxe, roulettes, timbres des postes locales et ferroviaires. Son rôle de président du Club de Monte-Carlo, réunissant des collectionneurs importants et des institutions - et organisateur de Monacophil, se verra avec une sélection des collections du Prince Albert II de Monaco, le dix-sept mai.

Les expositions de groupes seront nombreuses, invitant successivement la Deutscher Altbriefsammlung-Verein le douze octobre, le Belgian Congo Study Circle le vingt-six octobre, l'Académie russe de philatélie le vingt-cinq janvier, l'East Africa Study Circle le quinze février, les membres du Sud-Ouest anglais le dix-neuf avril.

L'Afrique ne sera donc pas contournée ; d'autant plus que, le onze janvier, le Français Maurice Haddida exposera l'histoire postale du Maroc de 1852 à 1925, faisant suite à ses articles conjoints avec le Gibraltarien Richard Garcia dans les récents numéros du London Philatelist.

L'Europe continentale sera complétée par un tour extérieur des Alpes avec une conférence le vingt-huit septembre de Jean Voruz sur le système postal du canton de Genève, une autre le vingt-deux février de Harald Lang sur l'émission d'Autriche-Hongrie de 1867, issu du compromis austro-hongrois, et une exposition le vingt-deux mars de Vittorio Morani sur l'histoire postale de Toscane.

L'Amérique centrale et caraïbe sera évoquée par l'histoire pré-philatélique du Salvador, une allocution de Guillermo Gallegos le neuf novembre, et une chronologie complète des îles Cayman par James Podger le trois mai.
La couverture de l'ouvrage de Bryan Kearsley (site de la Great Britain Philatelic Society).
Côté Royaume-Uni, deux grandes traditions seront étudiées : les entiers gaufrés de 1841 à 1973 exposées par Alan Huggins le vingt-trois novembre et les Seahorses, les fortes valeurs faciales de George V, par une conférence de Bryan Kearsley le cinq avril - douze ans après son livre Discovering Seahorses publié par la Great Britain Philatelic Society.

Que reste-t-il encore du programme ?

Avec les beaux jours, l'ensemble des membres va apparemment être invité à présenter sur le thème de la philatélie polaire le trente-et-un mai, puis pour une compétition « un cadre » estivale le douze juillet.

Et, apparaissent deux titres peu communs de conférences.

Pour la dernière de l'année 2017, Dane Garrod titre son discours du sept décembre de la célèbre citation, devenue expression courante : "Your Very Loving Madeline" (guillemets compris). Une thématique sur Proust ? Sur les souvenirs philatéliques de jeunesse ? Sur les desserts ?
Marcel Proust sur timbre de France de 1966 (via Phil-Ouest.com).
Pour la dernière du programme, Tim O'Connor propose « Le Docteur Franklin s'adressera aux Lords sur l'état de la Poste de Sa Majesté ». Une étude des activités à Londres du Maître des postes colonial nord-américain Benjamin Franklin ?

Les fascicules de présentation des expositions et des conférences sont publiés sur le site de la Royal Philatelic Society London (page Recent displays) ; les vidéos des conférences, diffusées en direct puis à la demande sur youTube, sont accessibles aux membres (à demander au secrétariat pour les non-membres).

lundi 8 mai 2017

L'Afrique francophone, un triangle des Bermudes philatélique ?

Qu'il est difficile de suivre les timbres émis - et utilisés réellement - dans plusieurs pays d'Afrique. Certes, ne nous plaignons pas : la complainte est habituellement contre les timbres émis pour ne pas servir par des opérateurs philatéliques très bons communic@nts.

En un week-end, ce sont trois exemples de plus qui me sont apparus. Si vous avez des informations sur les deux premiers, n'hésitez à vous inscrire sur les forums anglophones de discussion StampBoards.com ; pour le troisième, écrire au secrétariat de la RPSL.

Mystérieux petit timbre du Niger
Le premier sujet est causé par la confusion d'un collectionneur canadien confrontant deux éditions du même catalogue à un timbre oblitéré de cent vingt-cinq francs CFA, émis par le Niger en 1997.
Le timbre en hommage au Professeur Abdou Moumouni Dioffo, neuf tel qu'il peut être trouvé sur des sites de ventes aux enchères (ici via Hipstamp).
Le sujet est un scientifique nigérien, Abdou Moumouni Diasso, formé à l'université française et qui a professé et étudié ensuite dans plusieurs universités d'Afrique francophone. Son héritage est le développement de l'énergie solaire au Mali et au Niger, après un passage où il l'étudia en Union soviétique. Un parcours intéressant entre fin de l'époque coloniale et non alignement dans la Guerre froide.

L'effigie est signée du graveur français André Lavergne et imprimé par Cartor [probablement pas en taille-douce].

Dans son édition datée 2009, le catalogue mondial Scott le cotait, rapporte le forumeur, soixante cents (USD) neuf et trente cents oblitéré. En 2016, c'est cent vingt-cinq dollars neuf ! Alors que plusieurs ventes sur des sites d'amateurs d'enchères débutent à dix cents...

Et une prudence à ne pas le coter du tout un oblitéré tel que possédait par le collectionneur. Le coup de tampon a donné une marque incomplète, mais un modèle à la française se distingue bien.

Une rareté méconnue ? Un tarif peu usité ? Ouvrez vos classeurs de timbres et vos boîtes d'enveloppes aux bois dormants !

Un membre rapporte la réponse d'un rédacteur adjoint du catalogue états-unien : les listes des pays d'Afrique francophone dépendent énormément des diplomates philatélistes des États-Unis qui visitent les bureaux de poste et transmettent informations et timbres à l'éditeur.

Les voyages forment le philatéliste.

La Tunisie a-t-elle eu des distributeurs de timbres ?
Le même jour, c'est une série de quatre timbres de distributeur, avec valeur à la demande, qui suscite le questionnement d'un collectionneur états-unien.
Un des quatre timbres proposés dans une vente sur le site Delcampe.
Ces timbres reprennent des illustrations de timbres du programme de 1999 et 2000 : une production agricole (l'oranger), deux vestiges archéologiques romains (les thermes de Bulla Regia et l'acqueduc de Zaghouan) et le Catharge, ferry reliant Tunis à Marseille et Gênes.

La machine qui les a débitées doit être de type Klussendorf, tel les timbres de distributeur allemand.

Sauf que les catalogues et sites spécialisés dans ces timbres ne connaissent pour la Tunisie que les Frama de 1992 à 2012 (période selon The Meter Stamp Society ; un autre site intéressant par ici). Les tomes Afrique du Nord et timbres de distributeur de l'éditeur Michel ne liste pas ces quatre-là.

Essais commandés lors d'une recherche de nouveaux automates ?

Premières réponses en mai 2017 :
Sur StampBoards, un membre a contacté l'Association tunisienne de philatélie (adresse : Maison de la culture Ibn Khaldoun, Tunis) qui a répondu qu'il y a bien eu une machine de ce type à Tunis. Mais, tombée en panne, elle ne put être réparée et fut abandonnée. En tout, les collectionneurs ont ces quatre illustrations existant en cinq valeurs différentes.

La Côte d'Ivoire et son congrès UPU
Enfin, avec l'arrivée du numéro de mai 2017 du London Philatelist, Marc Parren propose un article d'histoire postale africaine, française et ivoirienne.
La plus forte des trois valeurs du feuillet à surtaxe pour l'annonce du vingt-troisième congrès de l'UPU à Abidjan, prévu en 2004, émis en décembre 2001 (via Colnect).
Le congrès de l'Union postale universelle de 2020 en Côte d'Ivoire compte déjà deux émissions de timbres, dont une de 2001 !

Initialement, le pays aurait dû accueillir l'institution internationale des postes nationales en 2004 à Abidjan. Cependant, la division du pays et les violences après l'élection présidentielle de 2000, elle-même concluant une période de dictature militaire de 1999, empêchent l'événement jusqu'en 2015 quand le pays obtient de ses partenaires de l'Union postale panafricaine d'être le seul candidat au congrès de l'UPU de 2020. Au congrès d'Istanbul en 2016, un congrès extraordinaire est programmé à Addid-Abbeba en 2018 et le vingt-septième congrès en Côte d'Ivoire en 2020 donc.
Un timbre sur un site classé de l'Unesco émis quatre mois après la conférence qu'il signale (Système de numérotation de l'Association mondiale pour le développement de la philatélique... le WNS).
L'histoire de l'émission de 2001 et celle de lobbying de 2005 (bureau de poste de Grand Bassam au moment de la conférence stratégique de l'UPU en avril à Genève) est détaillée sous le clavier de Marc Parren.

L'histoire postale militaire est expliquée : Opération Licorne française (2002-2015) et son Bureau postal interarmées 627 à Port-Bouet, puis Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (toujours en cours, effectifs par pays participants, et illustrée d'un aérogramme onusien par Parren).

La longueur des opérations, le nombre de pays engagés, les changements récents dans l'organisation des postes militaires françaises font que cet article met le pied à l'étrier pour une recherche de courrier ivoirien ou militaire.

Par exemple, en explorant le blog La Poste aux armées, un article illustré sur le Service postal à l'international pour la défense (SPID) et l'Opération Licorne en 2014.

La note du soir-même:
Le SPID est exercé par un partenariat entre La Poste et Sodexo, le groupe de services aux entreprises, de restauration collective et de logistique. Le contrat avec le ministère de la Défense a débuté en 2012, mis en place progressivement (explorer La Poste aux armées), et renouvelé pour quatre années comme un communiqué l'annonçait le vingt-deux février dernier (attention fichier pdf).

Conclusion :
En philatélie comme dans l'histoire des Européens dans le monde, les historiens Bertrand Hirsch et Yann Potin ont bien raison de dire que l'Afrique fut « le continent détourné » du quinzième au dix-neuvième siècle : évité, contourné, ignoré, méprisé des Européens qui n'en aborde les côtes que pour les achats d'esclaves.

Les collectionneurs de timbres, nouveaux explorateurs du continent comme au dix-neuvième ou navigateurs contournant du quinzième vers les vignettes thématiques des agences philatéliques ?

Référence : Bertrand Hirsch et Yann Potin, « Le continent détourné. Frontières et mobilité des mondes africains », dans Patrick Boucheron (direction), Histoire du monde au XVe siècle, 2009. Plusieurs éditions existent (grand format luxueux, deux tomes en poche, etc.).

vendredi 28 octobre 2016

Ça bouge en Afrique : le hub philatélique africain annoncé par Poste Maroc

Les pays et leurs postes membres de l'Union postale universelle ont tenu congrès à Istanbul, en Turquie, du mardi vingt septembre au vendredi sept octobre dernier. L'occasion de faire le point sur les réalisations accomplies dans la stratégie établies au congrès de Doha en 2012 et d'établir la nouvelle à suivre jusqu'en 2020 pour assurer la participation des opérateurs postaux historiques aux besoins actuels des populations et à la mondialisation des échanges.

En cours de route, le mercredi cinq, Poste Maroc (Barid Al Maghrib en arabe) et ses partenaires ont annoncé le lancement d'un site commun de vente philatélique : le Hub philatélique africain ou Africa Philately Shop en anglais qui donne son adresse au site web marchand, disponible dans ces deux langues : http://www.africaphilatelyshop.post .
Le timbre marocain annonçant l'ouverture du Hub philatélique africain, imprimé par Phil@poste Boulazac (Poste Maroc).
Hébergeur du site, Poste Maroc a aussi émis un timbre-poste de neuf dirhams annonçant la nouvelle. Une illustration dentelée simple et efficace, autant je pense que le site quand il est consulté à partir d'un téléphone portable - une certaine manière de rafraîchir certaines cases sans cliquer rappelle l'écran tactile des modèles de l'objet qui a permis - dans sa version pour messager et téléphoner - de développer des services bancaires et marchands inespérés à l'époque du téléphone filaire.

Les pays qui ont entré des références sont au nombre de six : le Burkina Faso (2), la Côte d'Ivoire (7), le Mali (1, le quatre cents francs Serval - l'animal et l'hommage à l'opération militaire française), la Mauritanie (10), le Sénégal (12) et la poste hébergeur (2 timbres, 1 bloc-feuillet, 3 enveloppes commémoratives).

Une partie n'est pas encore commandable, une autre sélectionnable pour le panier d'achat, mais je ne suis pas allé jusqu'à l'inscription et validation d'une commande : il manque quelques pages propres à rassurer le consommateur.

Cela semble prometteur. La liste pourrait s'allonger avec la Centrafrique, la République démocratique du Congo, participants du site selon Poste Maroc. Et ceux qui pourront le rallier à terme puisque l'inauguration a été observée par les dirigeants de l'Union postale universelle et ceux de la Conférences des postes des États de l'Afrique de l'Ouest (CPEAO), qui a remplacé en 2012 la Conférence des postes de l'Afrique de l'Ouest, créée en 2001.

La logique - la conférence choisie pour l'annonce et le projet annoncé dans le communiqué - est que ce commerce philatélique restent sous le contrôle des postes participantes du continent, et « ouvre la perspective de la mise en place d'une plate-forme africaine pour l'e-commerce ».

Cela rappelle le site multi-marchand tenu par la poste mauritienne ou la plate-forme de la World Online Philatelic Agency (WOPA) hébergée par la poste de Gibraltar, disponibles en six langues et paiement possible en vingt devises - certaines au-delà des pays représentés - et qu'utilisent trente-neuf opérateurs postaux et services philatéliques d'une grosse vingtaine d'États européens (beaucoup de territoires d'outre-mer, mais de plus en plus de bureaux de pays aussi « normaux » que l'Autriche, la Croatie, le Royaume-Uni et, récemment, la France).

Une fois le site du Hub philatélique africain finalisé et bien en place, il y aura une source supplémentaire d'informations sur les émissions et les timbres réellement (Ah... les agences philatéliques ?) disponibles dans les pays concernés.

Complément du jeudi vingt-deux décembre 2016 :
En consultant ce jour le Hub, deux postes ont émis un timbre sur le même type que celui de Poste Maroc pour l'ouverture du site : le Burkina Faso avec un six cent quatre-vingt-dix francs CFA jaune et le Sénégal avec un deux cents francs bleu. Tous deux semblent non commandables néanmoins.
Enveloppe premier jour de la poste sénégalaise, proposée sur le Hub philatélique africain.

Apparemment en stock, une enveloppe premier jour sénégalaise est proposée également, oblitérée du quatre octobre 2016 au bureau de Dakar Philatélie.

À suivre.