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jeudi 14 août 2025

Archives, recherches et rédaction dans The London Philatelist été 2025

 Dans le numéro juillet-août 2025 de The London Philatelist et ses compléments sponsorisés, les membres de la Société philatélique royale de Londres (RPSL), l'Association internationale des journalistes philatéliques (AIJP) et deux grandes maisons de commerce proposent abondance de conseils et de ressources passés et à venir sur le rôle des archives, de la recherche et de la rédaction en philatélie.


Ce qui a attiré d'abord mon regard a été le fascicule édité par l'AIJP et la maison aux enchères allemande Heinrich Köller pour annoncer un Sommet sur la littérature philatélique suivi de la vente de « La Bibliothèque "PARIS" », les treize et quatorze novembre 2015 pour le premier, le quinze pour la seconde ; le tout à Wiesbaden, en Hesse.

Le Suédois Tomas Bjäringer cède son immense bibliothèque philatélique aux enchères, dont une partie est photographiée au siège de la maison d'enchères, rangée comme au départ dans ses étagères d'origine.

Le catalogue est téléchargeable en pdf sur le site de vente, sous le nom donc The "PARIS" Library (sa seconde ville de résidence), et numéro 387, ISBN 978-3-911997-32-4.

Plus de mille deux cents ouvrages des origines de la timbromanie aux ouvrages récents de référence aux tirages limités ; présentés pour certains comme rares et/ou reliés luxueusement, de provenance à faire frémir les fans d'autographes ; ou, plus utile à mon avis, annotés par l'auteur, le marchand aux enchères, ou un de ses propriétaires.

Attention aux spécialistes de la Suède, la partie de la bibliothèque de Tomas Bjäringer sur son pays sera proposée le trente novembre par GÖTA Frimärken, à Göteborg, même si la liste des lots suédois est reproduite dans le même fichier pdf.

Le catalogue comprend plusieurs pages sur l'œuvre philatélique de Bjäringer, principalement ses réalisations en écriture philatélique, sa participation à l'organisation de grands moments bibliophiles tels une partie de sa collection lors de Stockholmia 2019 pour les cent cinquante ans de la RPSL ; ainsi qu'une sorte de « généalogie » philatélique, à la fois familiale et de ses mentors.

Avant la liste des lors, Bjäringer présente les dix livres qu'il emporterait sur une île déserte et une page présente celle à qui il confie la reliure de ses ouvrages depuis deux décennies : Annika Baudry de ateljé b, une Suédoise, diplômée et installée à Paris.

Vue l'inflation des tarifs postaux, notamment pour les colis express avec assurance, Henrich Köller offre deux pour cent de ristourne sur les frais du vendeur (buyer's premium) aux acquéreurs qui viendront retirer leurs lots le lendemain, dimanche quinze novembre.


Pour ces objets spécifiques que sont les livres philatéliques, à la fois fruits de la recherche, outils de travail des chercheurs suivants, et objets de collection, l'AIJP organise un sommet sur la littérature philatéliques, toujours à Wiesbaden, les deux jours précédents cette vente.

Certes, avec un hôtel partenaire, on pressent que cela aidera à attirer des acheteurs à de petites vacances philatéliques en Allemagne, mais le titre des exposés et discussions montre le développement des questionnements.

Venus d'Allemagne, du Royaume-Uni et de Suède principalement, et quelques autres pays européens, les animateurs s'interrogeront, entre autres le premier jour :

- la littérature philatélique se limite-t-elle aux timbres et donc à la période depuis le six mai 1840 (Chris King) ;

- Karl Louis, connu pour tenir des bases de données philatéliques, d'histoire postale et de littérature, présentera l'intérêt et les limites des catalogues de vente aux enchères comme fondements de « registres philatéliques ». Il sera suivi par James Podger sur comment collectionner lesdits catalogues ;

- L'après-midi du premier jour verra la question des collectionneurs renommés (provenance, valeur de placement, j'imagine) autant que celle de la conservation d'une bibliothèque privée.

Le deuxième jour sera celui des études de cas, entre autres :

- des grandes bibliothèques de référence allemandes : à Wuppertal, Hambourg et celle nommée en mémoire d'Heinrich Köller à Francfort-sur-le-Main ; et celle de la RPSL à Londres ;

- des éditeurs passées (Jean-Baptiste Moens, et un panorama sur la littérature suisse) et actuels avec The Stuart Rossiter Trust.

Pour clore, Claudio Manzati posera une question d'actualité : « Lancer un journal international d'histoire postale de nos jours : une idée folle ou un défi raisonnable ? »


Néanmoins, il faut bien que ses livres aient été rédigées, des recherches menées pour les emplir de connaissances aussi fiables que possible.

Et là, le numéro lui-même du London Philatelist présente le compte-rendu du Crawford Festival qui s'est tenu les vingt-quatre et vingt-cinq juin 2025, au siège de la RPSL, 15 Abchurch Lane, à Londres.

Les archives étaient le thème de ce colloque annuel sur la recherche philatélique, nommé d'après James Lindsay, comte de Crawford (1847-1913), grand bibliophile et sûrement un des premiers à acquérir et mettre en valeur les épreuves et essais qui participent de la genèse des timbres-poste.

La première présentation par le Français Maurice Hadida et le Gibraltarien Richard Garcia a montré comment leur ouvrage sur les postes locales et chérifiennes du Maroc a précisé, corrigé, voire découvert des connaissances en partant des archives diplomatiques de Gibraltar, Espagne, France, Royaume-Uni et Allemagne.

Un labeur de quelques décennies, dans des archives non postales a priori, mais qui contiennent des informations indispensables pour comprendre des services tenus par des étrangers, parfois sur des périodes très courtes... à peine le temps pour la presse philatélique de l'époque de les découvrir.

Cette réflexion est commune avec le troisième intervenant, Richard Scott Morel, conservateur des Collections philatéliques de la British Library, quand il présente des objets des collections nationales du Royaume-Uni : diplôme d'un grand scientifique portant un timbre fiscal de quarante shillings (cher !), une lettre supposée écrite par Jack l'éventreur,...

Des items parfaitement identifiés, catalogués pour leur importance historique, mais pas philatélique ou postale. Le conservateur d'insister sur l'importance des méta-données : cette formalisation des archivistes et documentalistes pour décrire et indexer au départ de la conservation... au risque sinon que les chercheurs suivants ne puissent redécouvrir faute de pouvoir rechercher dans le catalogue général, aussi informatisé soit-il.

Notamment pour des domaines spécialisés, que je dirais « de niche », pour lesquels la connaissance ou prise de consciences des professionnels peut manquer, vu l'immense champ des possibles face aux archivistes (et aux documentalistes dans les bibliothèques).


Justement, la numérisation d'archives a été l'objet de deux exposés, les deux pour mettre à disposition plus aisément au public potentiel, mais le but de la conservation n'est pas la même.

Éviter d'user les archives, pouvoir indexer leur contenu pour faciliter des recherches et la consultation immédiate chez soi sur un ordinateur, a été le but et les étapes du travail mené par la RPSL et des membres volontaires pour les archives de production de timbres-poste de l'imprimeur Perkins-Bacon en possession de la Société. Le processus de numérisation depuis la manutention des registres jusqu'à la livraison des fichiers a été expliqué par deux responsables de Max Communications, l'entreprise spécialisée au Royal Warrant, qui a réalisé cette tâche.

Cependant, David Beech, ancien président de la RPSL et prédécesseur de Morel à la British Library, rappelle comment Alan Druce et lui ont développé les connaissances sur cette imprimerie quant il s'est révélé que, difficiles à trouver et consulter, des archives se trouvaient également à la British Library et aux Archives nationales... alors que les chercheurs n'allaient que vers celles possédées par la RPSL, les seules dont le public avait le plus facilement connaissance grâce à l'achat et à la numérisation par l'association.

D'un autre point de vue, comment conserver les collections d'exposition compétitives qui sont, par nature, temporaires puisque le collectionneur crée un bilan de recherche philatélique, thématique, classe-ouvertiste sur un sujet donné à partir d'objets collectionnés... avant de les sortir de cet ensemble pour en revendre une partie, constituer une autre approche, remplacer par mieux, passer à tout autre chose, etc.

C'est pourquoi l'actuel président de The Museum of Philately, Simon Martin-Redman, a expliqué l'initiative de David Feldman, fondateur de la maison d'enchères éponyme, et Marcus Orsi de conserver sous forme numérisée les collections ayant obtenu une médaille Grand Or dans une exposition internationale. Devenue une entreprise non-profitable, le musée virtuel utilise ses bénéfices pour développer la philatélie dans le monde.

L'avantage du colloque-séminaire est que le public présent semble avoir répondu de manière critique au Museum of Philately. L'intérêt est vu immédiatement pour retrouver des connaissances et des objets à l'avenir ; assurer la provenance et l'histoire des propriétaires d'un objet ; la simplicité de consultation.

Néanmoins, la question de l'indexation est revenue, ce dont le président a conscience : actuellement, l'organisation vise la facilité d'accès, pas encore les méta-données de chaque item inclus dans les collections...

Personnellement, pour revenir au Sommet sur la littérature philatélique de novembre prochain, j'espère que les intervenants présents à Londres en juin s'interrogeront alors sur comment indexer les lots de chaque catalogue de vente aux enchères... Tout indexer, quels lots ? Et, questions posées au festival : la reconnaissance automatique de caractères et des logiciels d'indexation de mots sont-ils déjà efficaces ? Les deux participants de Max Communications n'écartent pas ces outils, mais signalent la constante nécessité d'une vérification humaine du travail réalisé par la machine. 


C'est ainsi que, lors de la quatrième et dernière demi-journée, Chris King seul, puis en discussion avec un panel, a insisté sur l'importance d'aller aux archives, aux sources primaires pour construire la connaissance philatélique et d'histoire postale.

Les auteurs reprenant pour argent comptant les écrits antérieurs sans vérification, mais King déplore également la difficulté à accéder aux archives principales, non numérisées ou nécessitant de trop coûteux voyages. En plus du problème de l'indexation et des méta-données.

Et là, je ne peux conseiller à ceux qui sont intéressés par ses questions à s'abonner à la revue de l'American Philatelic Research Library, qui est partie de l'American Philatelic Society, mais dont la cotisation-abonnement est dissociée : nul besoin de prendre les deux.

En effet, ce sont des enjeux permanents en archives et même en bibliothèque-documentation que le panel a évoque comme l'APRL : indexation ; durabilité des moyens de stockage numérique (autant matériels que logiciels) ; et puisqu'un représentant des archives postales britanniques était présent pour signaler ce qui pouvait intéresser les philatélistes, la nécessité d'identifier les acteurs-clés des archives sur un temps long : propriétaire [idée personnelle : le dépositaire le reste-t-il ?], conservateur, financeur [voir premiers crochets ; autres financements pérennes ?],...

Évidemment que les philatélistes, qui ont acheté des essais et tirages particuliers d'imprimeries philatéliques privées ayant liquidé leurs archives, sont heureux... Les chercheurs moins.


Pour illustrer tout cela, des articles de philatélie sociale sur les civils pendant la Seconde Guerre mondiale sont proposés dans ce numéro. Les auteurs ayant le souci de retrouver les correspondants et le contexte de leurs échanges.

Et un article de John Stimson sur l'achat grâce à deux mécènes (dont Patrick Maselis) et le dévoilement par la RPSL d'une des trois copies historiques du portrait de la Reine Victoria par Alfred Edward Chalon, dont l'original est passé de la Famille royale britannique à celle de Belgique, et est connue des philatélistes de l'Empire colonial britannique, de l'Océanie au Canada, en passant par les Indes occidentales.

L'avantage des archives et des recherches bien documentées permet ainsi à l'auteur d'expliquer comment le « Chalon portugais » est dit « portugais » et quel parcours l'a mené jusqu'à Londres.


Enfin, le deuxième cahier publicitaire est véritablement un périodique de connaissances en lui-même : le dixième numéro de The Corinphila Gazette daté août 2025, publié par la maison d'enchères allemande Corinphila.

Certes, un journal par une entreprise marchande est bien pour attirer des collectionneurs souhaitant vendre leurs biens les plus précieux, et signaler le contenu des prochaines ventes.

Néanmoins, l'activité d'édition de collections médaillées internationales en coopération avec Heinrich Köller, la série Édition d'Or ; les principales dates des cent années de la CORportation INternationale de PHIlatélie ; et les annonces de nouveaux livres spécialisés ; complètent la presse philatélique grand public.


Au final, comment conserver un linéaire de livres, catalogues, journaux, « presse publicitaire », timbres en albums et classeurs, dont plusieurs adaptés aux enveloppes, voire morceaux de colis,...

Sans parler du temps de loisir nécessaire...

Je comprend mieux pourquoi se spécialiser.


Merci à toutes les personnes, institutions et entreprises mentionnées pour cette lecture estivale qui sert de piqûre de rappel à tous, même à moi (mes articles sur la Corée doivent être bourrés d'erreurs ou de manques de recherche ; que mes libellés ne doivent pas permettre de retrouver facilement des informations ; etc :(

mercredi 28 décembre 2022

De QE2 à KC3 : passage de relais philatélique

 Après quelques jours de deuil respectueux, médias et collectionneurs se sont interrogés sur l'arrivée du Roi Charles III sur les timbres-poste du Royaume-Uni, les territoires britanniques d'outre-mer et des royaumes du Commonwealth.


Quelle sera la dernière émission britannique au caméo élisabéthain ?

Du côté de Royal Mail au Royaume-Uni, la réponse fut rapide : le roi ne souhaitait aucun gaspillage. L'effigie de la Reine Elizabeth II, morte le huit septembre dernier, apparaîtra sur les timbres déjà imprimés.

Cela soulève un souci : quelle sera la dernière émission spéciale à porter son caméo ?

Memento mori façon 2023 ?

Craint par beaucoup vu l'aspect commercial du programme philatélique britannique, les couvertures d'album du groupe de rock Iron Maiden... porteront le profil d'Elizabeth II, le douze janvier 2023.

Sur le timbre choisi ci-dessus au soldat britannique squelettique, il y aurait beaucoup à écrire sur cette couverture d'album : l'histoire militaire, coloniale britannique, ce lourd héritage face au monde, ces rappels utiles en temps de Brexit...

Mais, l'objet d'un timbre avec l'effigie d'une souveraine disparue ? Un rappel que nous sommes tous mortels, y compris les empires ?


Au Royaume-Uni, Charles attendra.

Ainsi, s'il faut vider les stocks de timbres au type Machin, il faudra attendre pour voir apparaître son successeur, en dehors d'une émission du couronnement.

Cela pourrait cependant aller vite puisque la Royal Mail est en pleine opération d'échanger des anciens timbres d'usage courant avec de nouveaux Machin à code data matrix.

Le monogramme du Roi Charles III avec la couronne Tudor (communiqué de presse du palais de Buckingham, repris par The Guardian, vingt-sept septembre 2022).

Le grand remplacement des symboles est donc modestement lancé le vingt-six septembre 2022 au terme de la période de deuil lorsque le monogramme royal est publié : C III R - Carolus III Rex en latin. En deux modèles selon la couronne portée afin de respecter l'identité écossaise.

Le monogramme est le choix du roi parmi dix projets proposés par Tim Noad du College of Arms de Londres, l'autorité héraldique du Royaume-Uni.

L'une des premières enveloppes timbrées au nouveau monogramme, le vingt-sept septembre 2022 (capture d'une vidéo diffusée par les médias britanniques, ici le Daily Mail).

Ainsi put apparaître la seule exception précipitée britannique. EIIR disparut des timbres humides produits par la machine à affranchir du palais de Buckingham, qui sert à l'ensemble du courrier de la Cour et des membres de la famille royale qui bénéficient de la franchise postale.

C'est ainsi que ceux qui ont pu écrire leurs condoléances à divers membres de la famille royale ont pu recevoir le nouveau monogramme sur courrier contenant des cartes de remerciement.


Les territoires à la course aux imprimeurs.

Par contre, ou que l'impression ne fut pas lancée, ou qu'ils voulurent être parmi les premiers à..., plusieurs territoires britanniques semblent s'être précipités à arborer le monogramme royal.

Le mensuel Stamp Magazine daté janvier 2023 (en kiosque début décembre 2022) a sorti la photo-finish pour départager deux services philatéliques bien pressés.

Deux exemples des quatorze timbres de Noël de Guernesey et Aurigny, émis le seize novembre 2022.

Ainsi, le service de Guernesey et Aurigny a annoncé son émission de Noël avec monogramme carolin dès mi-octobre avec pré-commande ouverte le deux novembre et émission le seize novembre. Le thème est le pantonime, une forme populaire de théâtre apprécié lors des fêtes de fin d'année dans les pays anglo-saxons : La Belle aux bois dormants pour les sept timbres de Guernesey, Robin des bois pour ceux d'Aurigny.

Las !  À Gibraltar, on annonçait peu, mais on imprimait vite.

Le feuillet des septième au douzième jour de Noël, émis par Gibraltar le deux novembre 2022.

Dès le deux novembre 2022, douze timbres sont émis pour illustrer le chant traditionnel Les Douze Jours de Noël, du nom de la période entre Noël et l'Épiphanie.

Je trouve dommage cet empressement : la foi d'Elizabeth paraissait sincère et une dernière émission à son monogramme célébrant Noël aurait été un bel hommage avant de fermer le dernier album de son règne.


En suivant le blog Commonwealth Stamps Opinion, décembre et janvier voit plus tranquillement les premières émissions du règne graphique de Charles III : 

Un des quatre timbres de l'émission du centenaire de l'administration civile d'Ascension, émis le dix-neuf décembre 2022 (via Commonwealth Stamps Opinion).

- le dix-neuf décembre pour Ascension, cela marque le centenaire de l'administration civile de l'île atlantique sous l'autorité de la Eastern Telegraph Company et comme dépendance de Sainte-Hélène ;

Un des timbres montrant le RRS Sir David Attenborough, émis le vingt-et-un décembre 2022 (boutique web de Falkland Stamps). 

- le vingt-et-un décembre pour le Territoire britannique antarctique, avec quatre timbres pour le voyage inaugural du RRS Sir David Attenborough, un navire de recherche qui est arrivé en Antarctique fin 2021 et affronta ses premières glaces à l'été austral 2022, non sans difficulté d'après l'article de la Wikipedia anglophone.

Les premiers timbres de l'île de Man au monogramme de Charles III (service philatélique mannois).

Enfin, pour cet article de blog, le cinq janvier 2023, l'île de Man émettra quatre timbres sur le Triskelion au nouveau monogramme, quatre illustrations déjà vues sur timbres de distributeur en 2017.


La représentation des Îles Vierges britanniques à Londres, sur un timbre à venir.

Preuve, néanmoins, de la difficulté de réadapter une émission philatélique, Pobjoy Mint annonce que leur client, les Îles Vierges britanniques, vont émettre un timbre pour les vingt ans de leur bureau londonien à une date indéterminée... [Finalement annoncé pour le dix janvier 2023]

Autre date de décembre indéterminée pour les anniversaires de visites royales à Sainte-Hélène en six timbres et un feuillet de trois.


Une nouvelle thématique ?

Dernière curiosité philatélique de cette transition monarchique : le six février 2023, jour anniversaire de son avènement, Guernesey émettra quatre timbres en hommage à la reine défunte, à travers quatre visites qu'elle réalisa sur ce domaine de la Couronne.

Visite royale de 1978 de la reine à Guernesey avec monogramme de Charles III, à émettre le six février 2023.

Seront-ils les premiers timbres-poste représentant Elisabeth II au monogramme du nouveau roi ?



Complément du mardi vingt-huit février 2023 :

L'émission du centenaire de la locomotive Flying Scotman comprend huit timbres et un feuillet de quatre. Ce sont les derniers timbres britanniques à porter le caméo de feue la Reine Elisabeth II d'après les articles de presse du jour (exemple : la BBC).

samedi 30 mai 2020

Gibraltar dans les années 1950

Destinée à un correspondant à Stockholm, en Suède, cette carte postale envoyée par un Suédois depuis le territoire britannique de Gibraltar, au sud-ouest de l'Europe, le trois octobre 1959.
Vues de Gibraltar, carte de l'agence The Rock Photographic Studio, années 1950.
Avec ma visite en octobre dernier, les thématiques essentielles n'ont pas changé sur les cartes postales locales : le Rocher et ses singes, la rue principale (y compris ses marins).

Certes, le patrimoine historique pré-britannique et la plage Catalan Bay ont rétrogradé au profit de l'emplacement de la pointe, en face de l'Afrique, et du patrimoine britannique directement visible sur les chemins les plus touristiques.

Côté pile, hélas la flamme à message a mal marqué.
Années 1950, le charbon reste le carburant indispensable, d'où le terminal charbonnier sur ce timbre de 1954 ; avant-dernière série d'usage courant avant que Gibraltar ne se lance dans les timbres commémoratifs.

La flamme à message a mal marqué : appel touristique à venir voir un lieu entre deux continents.

Pour les amateurs de cote, si ce timbre appartient au tirage bleu du dix-sept juin 1959, il cotera plus que sa version initiale outre-mer.

vendredi 14 février 2020

Gibraltar PE (9) : la carrière philatélique de Christian Hook

Parmi les Gibraltariens célèbres figure le peintre Christian Hook au style contemporain... qui n'est pas le mien. Cependant, au début de sa carrière, il a réalisé des œuvres pour les timbres de Gibraltar.

Lors des rencontres philatéliques d'octobre 2019, le Gibraltar Study Circle proposa un ensemble de dessins préparatoires et peintures ayant donné les timbres et le carnet de prestige de la série L'histoire de Gibraltar émis en 2000 pour marquer le changement de millénaire.
Dessins préparatoires du timbre de cinq pence de l'émission L'Histoire de Gilbraltar de 2000.
La photographie à travers vitre ci-dessus ne rendent pas toute la luminosité du travail de Hook, avec cette cascade de trois mille mètres de haut, au temps de la préhistoire.
Le dessin, avec espace des deux timbres identiques, sur le temps des Arabes à Gibraltar.
Recherche de la lumière encore pour le feuillet illustrant l'arrivée des Arabes à Gibraltar.
L'ensemble du processus créatif : des crayonnés au dessin du timbre et du feuillet pour le timbre de trente pence.
Le hasard des trouvailles de collectionneurs ou de la rencontre avec l'artiste permet de reconstituer ainsi le passage des crayonnés à la feuille de carnet de prestige, en passant par la mise en couleur.
Le feuillet des seize timbres de l'histoire du site, de la colonie et du territoire de Gibraltar, émis en 2000.
Une petite exposition d'après-midi ensoleillée qui m'a fait découvrir que j'aurai besoin d'un catalogue des timbres de Gibraltar dans ma bibliothèque.

mardi 11 février 2020

Gibraltar PE (8) : des timbres autocollants gibraltariens

En France, les États généraux de la Φl@télie ont imposé le timbre de feuille gommé, y compris pour les timbres d'usage courant. À Gibraltar, ces derniers sont autocollants et en feuille !
Un timbre avec pont interfeuille, face avant et face arrière après utilisation du timbre-poste.
Aux yeux du collectionneur, ces timbres reprenant la série Wilding ont plusieurs attraits, au-delà la facilité du collage sans emploi de sa salive.

Le timbre et son support donne une rigidité qui permet, grâce à la dentelure habituelle, une séparation sûre et maîtrisée des timbres.

Cela évite les accidents de dents déchirées en France ou le surplus de papier-support au Royaume-Uni.

Ah ! Si Φl@poste jetait les décisions des autocratiques États généraux aux orties... à commencer par son φ/Φ.

dimanche 24 novembre 2019

Gibraltar PE (7) : une adresse appropriée

Le temps de ranger et revoir les photographies des rencontres philatéliques de Gibraltar d'octobre dernier, prend un peu de temps, mais permet de retrouver quelques surprises.
Une épreuve du feuillet de l'émission Wings of Preyqui orna les timbres de Gibraltar de 1999 à 2001 (collection présentée par Stephen Viñales, le mardi vingt-deux octobre 2019).
Ainsi, parmi les maquettes d'artistes, les épreuves d'imprimerie et les timbres et premiers jours que Stephen Viñales présentait le deuxième jour, cette épreuve de l'imprimeur de sécurité Cartor.

Si l'artiste des oiseaux de proie (et d'avions de chasse) a réalisé un magnifique travail, c'est l'adresse de Cartor qui a capté mon attention : Gutenberg comme nom de zone industrielle comptant une imprimerie, c'est logique.

Mais, avenue Rowland Hill pour s'adapter au principal métier de l'entreprise résidente, c'était bien vu de la part de la municipalité de Meaucé, en Eure-et-Loir.

dimanche 17 novembre 2019

Gibraltar PE (6) : L'histoire des postes locales et chérifiennes (1891-1913)

À Gibraltar, en ouverture des rencontres philatéliques, lundi vingt-et-un octobre 2019, un nouvel ouvrage a été présenté, bientôt publié par la cent cinquantenaire Société philatélique royale de Londres.

L'hôte gibraltarien Richard Garcia et le Français Maurice Hadida ont joint leurs connaissances et leurs recherches pour raconter Maroc : L'histoire des postes locales et chérifiennes (1891-1913) dans une version bilingue anglais-français, dont le premier exemplaire à peine sorti de l'imprimeur était présenté aux auteurs par le représentant du Bureau de la RPSL.

La présentation a insisté sur la démarche des auteurs et ce qu'ils estiment avoir apporté au sujet.

En sourçant convenablement, ils ont exploité les archives nationales, principalement en France et à Gibraltar, où l'ensemble des communications furent conservées. Certes, les documents liés au fonctionnement postal (dont certains furent présentés par les Archives le mercredi), mais aussi les nombreux rapports consulaires qui racontent la vie au Maroc, notamment celles des entrepreneurs qui ouvrent des lignes locales.

Entre leurs collections et celles offertes à la vue de tous par plusieurs collectionneurs, Garcia et Hadida ont, par exemple, découvert une nouvelle ligne locale ! Évoquée dans un de ces rapports justement, ils n'eurent confirmation de son existence que lorsqu'un collectionneur anonyme leur a présenté la seule lettre connue à ce jour de ce service.

Plus accessible à tous, ils développent l'étude des Maghzen en démontrant que ce sont des timbres-poste à part entière, et non des cachets. Concernant leurs couleurs variant, si la source est, tout simplement, l'encre disponible du moment, ils ont établi des niveaux de rareté pour les amateurs de ce qui est rare (croyant que ça vaudra cher ?).

L'approche est à la fois philatélique, histoire-postalique et historique. Chacun trouvera quelque chose à son goût : du récit pour le dernier, des lettres et des routes et cheminements postaux pour le second, et des études traditionnelles pour le premier. Les timbres des services postaux étrangers sont ainsi étudiés pour eux-mêmes, mais aussi pour montrer quels services ils offrent, dans le besoin de commercer en reliant les régions littorales à l'arrière-pays, et en racontant le travail des postiers-marcheurs de ces postes.

Garcia et Hadida espèrent inciter les collectionneurs à regarder leurs collections de timbres et lettres du Maroc sous un œil nouveau. Un travail déjà avancé par les articles qu'ils ont publié, ces dernières années, outre-Manche entre The London Philatelist et Gibbons Stamp Monthly (quelques résumés traînent sur ce blog dans les libellés Gibraltar et Maroc), par des présentations (telle celle de Hadida au Collectors Club de New York en 2015).

Une publication à surveiller sur le site de la RPSL et sa boutique.

mardi 5 novembre 2019

Gibraltar PE (5) : classe ouverte magnet postal

La porte de mon réfrigérateur est une exposition classe ouverte permanente, tendances cartes postales et magnets de mes voyages en France ou en Europe.

Gibraltar ne fait pas exception à la règle, surtout dans une ville qui joue de ses aspects So British en bord de Méditerranée.
Le magnet au macaque et boîte aux lettres rouge.
Ainsi, côté magnet (et photographies des touristes), les cabines téléphoniques et les boîtes aux lettres-piliers rouges ont la cote. Les macaques de barbarie aussi.

Entre une boîte-tirelire au monogramme d'Elisabeth II, un petit modèle au monogramme étrange ou le magnet ci-dessus, le choix se conclut par cette synthèse : le singe postant une lettre dans une boîte du règne actuel.

Vue l'épaisseur, l'exposition sous vitre sera difficile...

vendredi 1 novembre 2019

Gibraltar PE (4) : de la monnaie de singe

Avec une capacité très amateure de photographie numismate, voici deux pièces retrouvées dans ma monnaie lors de mes vacances à Gibraltar, du dix-neuf au vingt-trois octobre dernier.

Thématique : les singes qui habitent le Rocher, et visibles principalement au sommet de la Réserve naturelle dont l'entrée - même en mode randonnée pédestre - est payante. Préparez chaussures, forme et porte-feuille.
Pièce de cinq pence de 2012.
Comme lu dans tous les guides touristiques, la devise légale dans le territoire britannique d'outre-mer est la livre de Gibraltar - mais ce ne fut pas toujours le cas, les philatélistes le savent bien -, mais les billets et pièces britanniques en livre sterling sont parfaitement acceptés, voire omniprésents. Si vous acceptez le taux de conversion du commerçant, vous pouvez souvent payer en euro.

Si le Gouvernement de Gibraltar émet des billets de banque depuis les années 1930, la première série de pièces date de 1988 et, dans la monnaie rendue, on aura beaucoup plus de chance de recevoir des pence et livres britanniques - sauf à gentiment demander quelques échanges à la caisse d'un commerce, la boutique du service philatélique par exemple.
Pièce de cinquante pence de 2016.
Côté macaques de barbarie locaux, parmi les séries frappées, un individu illustre une grande partie des cinq pence, et les cinquante pence des années 2010.

En discutant avec un philatéliste gibraltarien, il y a deux populations sur le territoire. Celle du sommet pose peu de souci, tant que les visiteurs respectent la distance nécessaire avec cette espèce sauvage : des panneaux explicatifs à la station du téléphérique le font bien comprendre. L'amende de sept mille livres si vous leur donnez à manger aussi !

Par contre, un groupe vit plus bas en limite avec les habitations les plus hautes de la ville - qui ont, aussi, un côté ville gênoise ou azuréenne avec volets de couleurs. Ce sont ceux-là qui ont attiré les médias, il y a quelques années avec un comportement de plus en plus gênant et agressif. Un rappel formel de ne pas les nourrir, quelques déplacements d'individus vers le sommet, semblent avoir canalisé le souci.

jeudi 31 octobre 2019

Gibraltar PE (3) : classe ouverte, pensez à l'Église

À peine atterri samedi à midi, il fallait trouver l'hôtel, à manger et rejoindre en bus la visite guidée proposée par Richard Garcia à la pointe de l'Europe...

Anciens terrains sous contrôle militaire jusqu'aux années 1960, les plateaux au sud de Gibraltar permettent de voir l'envers de la façade verticale au nord du Rocher : une descente par paliers jusqu'au détroit.
Vue vers le sommet du Rocher depuis l'esplanade près du phare (photographie du samedi dix-neuf octobre 2019 sous licence Creative Commons cc by-nc-nd 4.0).
À voir : le stade de rugby ; la ligne de séparation entre la mer Méditerranée et le détroit avec vue sur la pointe de Ceuta ; le phare de 1841 ; le mémorial au général Sikorski, Premier Ministre et commandant-en-chef des forces polonaises en exil, mort en mer en 1943 ; et l'Université ouverte en 2015 dans un campus reliant par un atrium de verre et lumière deux bâtiments militaires du dix-neuvième siècle magnifiquement mis en valeur.

Les amateurs d'oiseaux migrateurs sont renseignés par un panneau détaillant les espèces, et leurs directions de passage selon les saisons.

Avec l'aide des connaissances du guide, la mosquée de 1993 rappelle la présence musulmane à partir de la conquête entamée par Tariq en 710 ; celui-ci donnant son nom à Gibraltar. Et de là, les multiples cheminements pour comprendre certains lieux et toponymes de la pointe, tel le puit des nonnes alors qu'il n'y a jamais eu de monastère.

La pièce de résistance suscite de telles hypothèses divergentes entre érudits : le sanctuaire de Notre Dame de l'Europe.
Petit montage : extrait d'un vitrail de Barbara K. Williams, vue du clocher, la statue actuelle et l'autel rond (ensemble sous droits réservés).
Grâce à Richard Garcia, le recteur du sanctuaire a mené le groupe de philatélistes et de passionnés de l'association locale d'histoire à travers l'histoire du lieu qu'une salle d'exposition conte depuis l'installation d'un lieu de culte musulman au Moyen Âge jusqu'à la rénovation du lieu par l'Église catholique dans les années 1960 et 1970, alors que l'Armée britannique comptait le détruire !

L'exposition permet, outre l'histoire du lieu, de découvrir l'histoire des objets du lieu : qu'est-il arrivé à la statue originale de Notre Dame de l'Europe ? La table d'autel ronde, quelle est l'histoire de son pied ? Tout a une histoire.

Et un débat feutré : avant la Reconquête espagnole, le lieu était-il une mosquée sur un plateau bien éloigné de la ville (on l'atteint jadis par une voie encaissée avec côté ville une entrée surveillée) ou un ermitage expliquant la forme du bâti autour d'un patio, auquel fut ajouté nef et clocher depuis ?

Pour les collectionneurs ou les personnes pieuses, l'exposition évoque les objets-souvenirs créés au fur et à mesure des anniversaires et des commémorations. Les dons des papes étant aussi ouvragés que rares habituelles, mais Notre Dame de l'Europe semble avoir une signification particulière pour la chrétienté européenne.

La petite exposition philatélique inscrite au sein de l'histoire du lieu (photographie du samedi dix-neuf octobre 2019 sous licence Creative Commons cc by-nc-nd 4.0).
Les collectionneurs de timbres retrouvent des enveloppes commémoratives dont j'imagine que la vente a servi à rénover le lieu quand il fut transmis à l'Église, ainsi que les deux feuillets de l'émission conjointe Gibraltar-Vatican pour les sept cents ans de dévotion pour Notre Dame de l'Europe. En 1309, la mosquée/ermitage musulman fut transformée en église lors de quelques décennies de reconquête.
La collection des médailles commémoratives, dont une sous la forme du Rocher (photographie du samedi dix-neuf octobre 2019 sous licence Creative Commons cc by-nc-nd 4.0)..
Les médailles marquant les grandes commémorations religieuses sont également exposées.
L'avers de la médaille des sept cents ans (le revers est, j'imagine, les armoiries de l'évêque de Gibraltar en 2009).
Comme, par exemple, celle du septième centenaire de l'établissement initial du sanctuaire, frappée par Pobjoy Mint, connu des collectionneurs de pièces de monnaie des territoires britanniques d'outre-mer et de commémoratives de certains pays du Commonwealth.

Un don-souvenir de notre passage pour lequel je remercie l'actuel recteur du sanctuaire.

En effet, en classe ouverte, les philatélistes pensent-ils aux petits objets de dévotion qui accompagnent les fidèles dans leur pèlerinage ?

...

Sinon, parce que, décidément, on aime les boîtes aux lettres à Gibraltar : une est bien en vue entre le café et le stade :
Toute petite boîte aux lettres du règne d'Elisabeth II, installée sur le côté du parking d'Europa Point, près d'un stade de rugby partiellement en travaux.
Comme pour une partie des boîtes de rue du territoire, une plaque signale que son installation marque l'inscription au Patrimoine de l'Unesco de la grotte de Gorham, située au nord-est de la pointe.

mercredi 30 octobre 2019

Gibraltar PE (2) : atterrir au Rocher

La première étape du voyage vers Gibraltar a été de trouver une route rapide et confortable depuis le sud de la France.

Une fois écarté les cars et les trains, l'avion avec escale de lecture nocturne en Angleterre permit d'arriver samedi dix-neuf octobre midi à Gibraltar.

Beaucoup est écrit sur cet atterrissage dans les guides et les visiteurs... Depuis l'avion, en dehors d'une magnifique vue sur le littoral espagnol d'un côté et sur le Rocher de l'autre...

C'est le dimanche matin en visitant les tunnels du Grand Siège, dans la Réserve naturelle, que je compris les effets de cette piste en pleine route.

Creusés pendant ce siège franco-espagnol de 1779 à 1783, ces galeries dans le Rocher permirent de tirer au canon sur l'espace, alors vide, entre la ville et la montagne de Gibraltar et les fortifications espagnoles. Devenu un musée en plein air, la logistique des travaux et le fonctionnement militaire de ces tunnels est expliqué au visiteur ayant payé l'entrée dans la Réserve naturelle ou une des compagnies de visite en mini-bus.

Aujourd'hui, plusieurs de ses ouvertures offrent une vue sur l'ensemble de la piste de l'aéroport, ainsi que sur la pelouse du Victoria Stadium. Et de là, j'ai découvert toutes les étapes de l'atterrissage et du décollage d'un avion qui dépassent le simple feu rouge pour les automobiles et les piétons traversant l'avenue Winston Churchill.
Photographie du 20 octobre 2019, sous licence Creative Commons cc by-nc-nd 4.0.
 Après l'abaissement des barrières, une voiture jaune de l'aéroport passe le balai ! En traînant un tamis afin de récupérer tous les débris et éviter une catastrophe aérienne - on se souviendra de la tragédie qui mit fin à l'aventure commerciale Concorde en 2000.

Photographie du 20 octobre 2019, sous licence Creative Commons cc by-nc-nd 4.0.
 Ensuite, il faut attendre que l'appareil arrive. Ici, un vol easyjet toutes roues au sol parvenu au croisement avec l'avenue Churchill et qui va continuer à ralentir jusqu'en bout de piste.
Photographie du 20 octobre 2019, sous licence Creative Commons cc by-nc-nd 4.0.
 Et, voilà qui revient... et automobilistes et piétons qui patientent. Entre le nettoyage et l'atterrissage, j'ai eu le temps de lire les panneaux autour du canon dont l'ouverture m'a servi à ces prises de vue.
Photographie du 20 octobre 2019, sous licence Creative Commons cc by-nc-nd 4.0.
L'avion est stationné. Les barrières se sont levées, les feux passés au vert et... voilà, les fous du volant rendus à leur liberté !

Pour que cet article reste philatélique : voici la première boîte aux lettres que trouvera un passager arrivant à Gibraltar :
La boîte aux lettres rouge British posée devant l'aéroport (photographie du 23 octobre 2019, sous licence Creative Commons cc by-nc-nd 4.0).
Elle montre bien que l'on est arrivé chez les Rouges, cette boîte-pilier du règne de Victoria avec un petit panneau ; la coutume locale consacre les boîtes aux lettres à des personnalités.

Celle de l'aéroport va de suite susciter la curiosité du touriste : elle est consacrée à Kaiane Aldorino, maire de Gibraltar de 2007 à 2009 et Miss Monde 2009.

Les articles sur ce séjour reviendront sur le maire de Gibraltar et sur cette petite nation passionnée de boîtes aux lettres.

samedi 26 octobre 2019

Gibraltar PE (1) : Du Gibraltar Philatelic Event de 2019

Premier article lié à mon séjour dans le territoire britannique de Gibraltar, lié au Philatelic Event, qui s'est tenu du lundi vingt-et-un au mercredi vingt-trois octobre, avec une introduction le week-end en amont et une conclusion au Maroc les deux jours suivants.

Il a été organisé par Richard Garcia, ancien haut fonctionnaire du territoire, philatéliste, historien postal et historien spécialisé dans tous les aspects de la vie de Gibraltar et des territoires voisins, tels les postes marocaines, les bureaux étrangers dans le royaume chérifien, etc.

Mes articles rassembleront mes souvenirs et impressions personnels sur ces rencontres, tant côté philatéliques qu'en dehors : le regroupement de tant de collectionneurs gibraltariens, britanniques, de quelques espagnols et marocains, et de deux Allemands et deux Français permettant de découvrir de manière approfondie l'histoire de Gibraltar et de son environnement.

Voici ici résumé le programme du Philatelic Event pour montrer que la proposition permettait d'associer autant de personnes que possibles, quelques furent leurs disponibilités, spécialisations, souhait de visiter le Rocher,...

Le samedi dix-neuf et le dimanche vingt, après-midi, Richard Garcia a proposé de servir de guide à deux endroits de Gibraltar : Europa Point le samedi, le centre historique le dimanche.

Le lundi était officiellement une rencontre régionale des membres de la Société philatélique royale de Londres, mais ouverte à tous. Son premier moment fut la présentation d'un livre qui intéressera les collectionneurs classiques du Maroc, qu'ils soient anglophones ou francophones.

Mardi, les membres du Gibraltar Study Circle proposaient leurs collections aux regards, suivis par ceux de la Great Britain Overprints Society, spécialisés dans la philatélie et l'histoire postale des timbres surchargés - le Maroc fut donc à l'honneur, mais pas que.

Au bout de cinq jours de vacances, je suis rentré dans le sud de la France ; de leur côté, une partie des participants ont pu découvrir Ceuta et Tétouan lors d'une excursion le jeudi ; et une poignée ont visité Tanger, cœur d'une riche histoire postale, le vendredi.

En remerciant Richard Garcia et les collectionneurs ayant exposé, je vous invite à lire ces articles rangés sous le libellé Gibraltar Philatelic Event.


vendredi 25 octobre 2019

Enfin, une bonne nouvelle liée au Brexit !

Pendant mes vacances à Gibraltar, le B..... était le mot scrupuleusement évité dans les conversations : l'indigestion paraît bien installée.

Mais, le dernier jour, à l'aéroport, j'ai eu la bonne idée d'acheter l'édition du mercredi vingt-trois octobre 2019 du quotidien Gibraltar Chronicle : dedans, se trouvait une bonne et consensuelle nouvelle sur le Brexit !

En début de semaine, le gouvernement du territoire, la Royal Mail britannique et le Royal Gibraltar Post Office ont lancé le départ et l'arrivée du courrier par voie aérienne sans escale avec Londres. Le vol quotidien de la British Airways (l'avion montrée dans la vidéo) servira à accélérer le courrier gibraltarien.

L'article de Cristiana Cavilla précise qu'il s'agit d'une des actions locales préparatoires de la sortie du Royaume-Uni (et donc de Gibraltar) de l'Union européenne. Le but est d'éviter le ralentissement ou le blocage du courrier gibraltarien transporté par voie routière depuis, jusque là, l'aéroport de Malaga, en Espagne.

Le chemin était en effet : un vol entre Londres et Dublin, puis un autre vers Malaga, avant qu'un transport routier termine le trajet, et retour. Le risque des contrôles frontaliers renforcés selon la forme de sortie (les fameux Deal ou No Deal qui rythment les journaux de la BBC et les journées de BBC News) a encouragé le changement qui doit bien avoir un coût économique - et une perte pour les opérateurs employant le chemin irlando-espagnol ?

Dans le même journal, une brève signale que les problèmes du territoire avec son difficile voisin, l'État espagnol, se sont déplacés sur les accords fiscaux bipartites entre les trois acteurs en présence, le Royaume-Uni inclus.

Dans les jours qui viennent (ou semaines si je suis le même lent chemin que pour Stockholmia :), quelques articles illustreront mon séjour au pied du Rocher britannique sous le Libellé « Gibraltar Philatelic Event ».

dimanche 9 septembre 2018

Le Détachement W étudié et conté par Derek Richardson

Il y a quelques mois disparaissait l'historien postal Derek Richardson (1923-2018), connu en France pour sa compilation des tarifs postaux français de 1849 à 2011. À la lecture de sa nécrologie dans le Journal of the French & Colonies Philatelic Society (UK), j'ai découvert qu'il avait fait office d'historien « tout court » au sujet du Détachement W.

Commandé à un libraire britannique grâce au marché en ligne AbeBooks (filiale d'Amazon... nul n'est parfait) et lu en août, ce travail est remarquable par l'ensemble des archives britanniques et françaises, mais aussi écossaises, états-uniennes et suisses, consultées, et mises en un récit agréable à lire rappelant le contexte géopolitique et militaire très difficile de la France de Vichy, État ni totalement neutre, ni totalement allié de l'Axe.
La couverture de l'ouvrage.
L'objet principal de l'étude de Detachment W, publié en 2004, sont les soldats britanniques internés par l'État français, dit de Vichy, à partir des armistices avec l'Allemagne nazie du vingt-deux juin 1940 et avec l'Italie fasciste le vingt-quatre, et jusqu'à l'ordre de dissolution de l'armée d'armistice française par Hitler fin novembre 1942 après le débarquement allié en Afrique du Nord, qui entraîne le déplacement des prisonniers britanniques vers l'Italie.

À sa lecture, on peut être stupéfait de la grande liberté dont les soldats britanniques coincés en zone libre ont pu bénéficier : certes, le gouvernement de Vichy les loge rapidement au Fort Saint-Jean de Marseille, mais avec une telle liberté de circulation... que certains résident « en ville », qu'ils peuvent communiquer des nouvelles à leur famille par l'intermédiaire d'un pasteur écossais, recevoir de l'argent par l'entre-mise du consul des États-Unis...

... voire quitter la France pour rejoindre le Royaume-Uni et reprendre le combat !

La liberté est en effet telle que les officiers britanniques peuvent, avec des civils alliés ou rémunérés de la Côte d'Azur, de Provence, du Languedoc et du Roussillon, organiser de véritables filières de passage vers l'Espagne, où après un jeu de papier entre la police franquiste et l'ambassadeur britannique, ils atteignent Lisbonne ou, plus souvent, Gibraltar. Des navires militaires, repeints à chaque sortie, assurent des amenés d'espions et des rapatriements de ces soldats depuis les plages de l'Aude et des Pyrénées-Orientales.

Le lecteur est rapidement amené à penser que si les nazis avaient dédié davantage de temps à encadrer la France et le continent, et, entre autres, à enfermer les soldats britanniques, au lieu de se focaliser sur l'invasion de l'Union soviétique ou l'extermination des juifs, l'histoire de l'Europe aurait été fort différente.

Par contre, le récit montre la lente évolution des mentalités au sein du régime de Vichy et de ses généraux : à force de reproches allemands, les soldats britanniques sont internés dans une ancienne caserne à Saint-Hippolyte-du-Fort, dans les Cévennes gardoises. Las, entre la gentillesse de l'officier français et les droits de sortie, les évasions se multiplient... tant et si bien que c'est le blocage français des rapatriements médicaux qui limite l'hémorragie - l'officier supérieur britannique du camp étant le premier sur la liste des départs suspendus.

Le durcissement devient bien réel quand la petite troupe est transférée au Fort de la Revère, entre Nice et Monaco... au grand dam de l'Italie. Grâce à l'ingéniosité des internés à repérer les angles morts et la complicité de Monégasques et de Niçois, de nouvelles disparitions vers l'Espagne ont de nouveau lieu. La menace italienne est telle que l'aventure française se termine au camp de Chambaran, en Isère, après une courte étape dans le Lyonnais. Là aussi, malgré une discipline française plus affirmée, quelques évasions ont lieu.

On pourrait croire que la vie fut belle pour ses soldats et aviateurs britanniques de 1940 à 1942, mais Richardson rappelle, autant que leurs témoignages à leurs supérieurs à Londres ou dans leurs mémoires personnelles le permettent, que beaucoup d'entre eux ont réussi à fuir depuis les poches du Nord - Dunkerque notamment - ou de la zone interdite, à échapper aux Allemands avec l'aide de la population locale et à passer la ligne de démarcation avant d'arriver à Marseille ou les camps suivants.

Les aviateurs alliés, par les informations qu'ils obtenaient et leurs compétences meurtrières, étaient particulièrement recherchés par l'armée allemande tandis que la Royal Air Force espéraient leur retour. Ils donnent de fausses identités et de faux corps d'armée aux autorités françaises.

L'auteur évoque l'arrivée au camp des survivants échappés du raid de Dieppe, en août 1942... en soulignant l'échec meurtrier de l'opération. Les souvenirs des civils visitant les internés signalent le profond désarroi d'un officier pilote, survivant de Dieppe et possesseur d'informations sur les défenses allemandes, mais incapables de trouver un moyen de rejoindre les Pyrénées.

Le livre porte sur ceux qui ont atteint l'internement en zone libre et met en lumière le parcours de ceux qui ont mis en place les filières d'exfiltration vers l'Espagne, mais, en creux, se lit l'anonymat des soldats tués pendant la débâcle de mai-juin 1940, de ceux qui ont buté sur Dieppe et de ceux prisonniers de guerre en Allemagne.

Si l'objet du livre se clôt avec le départ des soldats et officiers britanniques vers les camps de prisonniers de guerre en Italie, Richardson consacre son dernier paragraphe au devenir des civils qui ont aidé dans toutes les zones françaises... et, pour la plupart, la mort tomba sur eux.

En collectionneur, Derek Richardson reproduit dans son livre quelques courriers symboliques de l'étude : entier postal interzones (il ne faudrait pas que l'on écrive des messages au dos des timbres-poste collés), enveloppes avec marques de censure entre les internés et leurs familles, télégrammes du pasteur avec sa hiérarchie en Écosse, monnaie de camp.

Les généalogistes des îles britanniques retrouveront des listes des internés, et des petites biographies pour ceux qui reçurent récompenses ou médailles selon la manière dont ils menèrent leur retour vers leur patrie.

Un ouvrage court, mais efficace.

Référence du livre :
- pour l'édition britannique : ISBN 1-904959-00-8,
- pour l'édition états-unienne : ISBN 1-58690-012-9.

lundi 5 février 2018

Échos français depuis le 41 Devonshire Place

Dans son numéro daté février 2018, Sophie Bastide-Bernardin, rédactrice en chef de L'Écho de la timbrologie, consacre une belle pagination au récit épique de l'après-midi qu'elle a passé, le jeudi onze janvier dernier, au siège de la Société philatélique royale de Londres, profitant de l'exposition d'histoire postale du Maroc de 1852 à 1925 proposée par Maurice Hadida.
La couverture British de L'Écho de la timrbologie de février 2018 (boutique web du magazine).
Récemment élu Fellow de la Société presque cent-cinquantenaire, Maurice Hadida ponctuait ainsi avec cinq cents quatre-vingt-huit pages de collection trois articles écrits avec le Gibraltarien Richard Garcia et publiés en 2017 par The London Philatelist, une collaboration qui pourrait donner un livre-somme sur le Maroc postal.

Son partenaire poursuit ce même mois dans Gibbons Stamp Monthly son récit des aventures du Rocher d'en face : en 1891, comment la maîtresse des postes Margaret Susan Creswell dut faire face à une pénurie de timbres à Gibraltar et dans ses filiales marocaines.

Pour en revenir à l'article de Madame Bastide-Bernardin, ceux qui n'ont jamais visité le 41 Devonshire Place découvriront l'endroit, sa bibliothèque, son moment thé et son histoire, accrochée à tous les pans de murs... mais vont devoir se presser à Londres pour découvrir l'adresse avant l'emménagement d'ici 2019 de la RPSL dans la Cité de Londres... à une adresse encore mystérieuse et confidentielle, dont la quête est détaillée dans un entretien avec Chris King, ancien Président et directeur du Comité de développement de la Société, publié dans le numéro du mois du London Philatelist.

Du transitoire au durable, résumait la Française en éditorial : le dernier adjectif pour la société londonienne et ses traditions, à peine perturbées par le chocolat et la bière de son nouveau Président belge Patrick Maselis (interviewé dans le même Écho) ; le premier pour un des aspects insistants de la Société et de la classe ouverte en France : l'intérêt pour les petits objets paraphilatéliques des médailles aux programmes d'expositions, etc.

Pourvu qu'elle propose cet éditorial à la lecture du service informatique de sa maison-mère pour une durable mise à jour du transitoire kiosque numérique de son mensuel. En effet, celui-ci dépend du logiciel Silverlight de Microsoft - évitant fort justement les risques de diffusion gratuite et illicite de fichiers pdf par d'ingrats lecteurs, mais que la compagnie états-unienne ne maintient plus à jour pour les navigateurs web depuis quelques années...

En espérant que mes vains trois euros quatre-vingt-dix centimes pour ce numéro virtuel - quelle idée d'avoir un ordinateur à jour ! - servent à financer un passage à un logiciel plus efficace... Et merci à l'abonnement collectif d'une association philatélique locale.

Dans ce domaine, L'Écho de la timbrologie peut se tourner vers Geoff Eibl-Kaye qui a réalisé un magnifique travail avec les archives numériques du London Philatelist depuis 2005, ou en raison de sa retraite du projet, vers son successeur Julian Jones.

samedi 17 juin 2017

Royal juin tout autour du monde

Trouver une destination de voyage peut être une motivation à consulter les activités de la Société philatélique royale de Londres.


Croisières ou road trip ?
Un an après, les boîtes postales de Gibraltar reviennent dans The London Philatelist de ce juin. Non sous la plume du local Richard Garcia, mais par Geoff Chivers qui, heureux hasard, a pu photographier les travaux d'installation de la boîte aux lettres au monogramme du Roi Edward VIII qui justifiait l'article de juin 2016 et l'émission gibraltarienne du dix octobre suivant.

Des récents numéros de Gibbons Stamp Monthly au London Philatelist, Richard Garcia développe les liens entre la colonie britannique et son voisin d'outre-détroit - une idée de croisière ? Dans les numéros d'avril et de juin, il s'associe ainsi avec le spécialiste français Maurice Hadida pour développer l'histoire des postes marocaines fin dix-neuvième début vingtième siècle, qui ne furent jamais partie de l'Union postale universelle.

En avril, la première partie étudiait les postes locales après une introduction sur les bureaux postaux des puissances européennes, concentrés principalement à Tanger ; d'où le besoin de systèmes locaux. Parmi les postes les plus prospères - définies comme ayant fonctionné plus de sept années, celle établie de 1891 à 1900 entre Mazagan et Marrakech par Isaac Brudo (1860-1945), fils d'un marchand marseillais installé dans la première depuis 1857. Avec celle entre Fès et Mequinez (Meknès), elle fut une des deux seules à émettre un timbre-taxe en plus de ses timbres-poste.

Le second exemple est la poste des frères Marx & Co entre Mogador et Marrakech de 1893 à 1911, pour suppléer l'échec de Mayer Maïmaran en 1892. Disposant de timbres à partir de 1895, il faut auparavant rechercher un cachet triangulaire « W / M & Co ».

Ce premier article se conclut par un tableau des seize postes locales marocaines et une note sur comment déchiffrer l'écriture manuscrite en hébreu. Il faut, entre autres, deviner la langue employée par l'expéditeur, donc la prononciation arabe ou espagnole transcrite en alphabet hébreu.

En ce juin, la seconde partie est parue avec la continuation de ces postes locales par ordre décroissant de durée. Comme pour les deux premières (présences française et allemande), les liens avec des marchands ou des autorités des puissances européennes sont soulignées. Ainsi, pour la poste de Messod Bensimon, entre Fès et Mequinez, se retrouve l'agent postal britannique à Fès, James MacIvor MacLeod. Celui-ci s'était vu refusé d'exploiter une telle route par le Post Office de Gibraltar en 1893, mais il put communiquer sur le service proposé par Bensimon en 1897.

Pour aller plus loin, Maurice Hadida a donné une conférence sur l'histoire postale du Maroc de 1852 à 1925 au Collectors Club de New York, le trois septembre 2014, visible sur le site de partage vidéo Vimeo.


Longue croisière sur les océans des archives
Carte néerlandaise de 1630 - Atlas van der Hagen - sans la coquille (Bibliothèque royale des Pays-Bas, via Wikimedia Commons qui dispose de reproduction en meilleure résolution).
Avant de quitter le London Philatelist de juin, Roger Baxter y propose une étude des cartes anciennes de Bermudes - si vous préférez une croisière transatlantique. Son objectif est de deviner la cause de l'erreur des timbres de trois pence et un shilling trois pence, émis en 1953 par le territoire britannique d'outre-mer. Une des paroisses fut typographiées « Sandy's Ph. » au lieu de « Sandys Ph. ».


Ou alors, un grand pays, mais par avion
C'est dans la même ligne de recherche historique et de diffusion au public qui paraît inspiré Frank Walton lors de sa présentation des courriers internationaux aériens de Chine jusqu'en 1949 - sa seconde grande passion après le Sierra Leone présenté l'année dernière. Le résumé en pdf est accessible à tous ; le livre en ligne de l'exposition et la conférence filmée le jeudi huit juin doivent pouvoir l'être sur demande au secrétariat (or join and enjoy learning).


L'introduction est sérieuse, non sans humour, pour un historien - ou un élève français de terminale passant son épreuve d'histoire-géographie hier - ce qu'on m'a dit qu'un exposant ait censé faire sur le synopsis de sa collection remis au jury : définir le sujet, son cadre spatial et temporel, maîtriser quelques idéogrammes chinois.

Pour ce dernier point, le désormais Président-Passé de la Société se limitera aux dix chiffres de base pour les dates... une fois qu'il est bien compris que les cachets d'oblitération sont en « -ème année de règne ». De quel règne ?, sera la question en observant une enveloppe-énigme.

Tout courrier aérien - ou ayant connu une étape aérienne pendant son trajet - émanant de la Chine jusqu'en 1949 - le premier octobre fut proclamé la République populaire de Chine, mais les combats avec la République nationaliste ont duré jusqu'en 1950.
Un plan chronologique d'apparence simple... sauf quand il est expliqué à haute voix : quand débute et finit la Seconde Guerre mondiale ? (conférence à la Royal Philatelic Society London, huit juin 2017, via youTube).
Cela paraît simple, mais des courriers ont pu prendre l'avion sur une partie du parcours avant 1931, année où la poste chinoise prend en charge du courrier aérien. Voire, et les bacheliers français le savent bien : quel découpage chronologique cohérent entre les précurseurs et les tardifs ?

Donc, d'abord avant la Seconde Guerre mondiale, pendant celle-ci et après celle-ci. Easy!

Non : outre les différentes routes aériennes de la première partie que je ne résumerai pas ici - il me faudrait un été pour les comprendre et j'ai déjà celles d'Afrique de l'Ouest qui désespèrent... enfin, si je me sors d'une promesse sur la philatélie au temps de la Reine Elizabeth II, et Geralt qui m'attend... - , il faut se rappeler que la guerre sino-japonaise débutant en 1937, voire l'invasion de la Mandchourie en 1931, amorce les hostilités bien avant l'énième guerre civile européenne de 1939-1945, et que la capitulation japonaise a lieu après celle de l'Allemagne.

Un courrier partant de Chine entre 1937 et 1939 pour l'étranger par avion se placera-t-il la première ou la seconde partie ? Tout dépendra de son étude par l'historien postal, de ce que ce courrier permet de montrer et démontrer, et des trous d'illustration à combler dans l'exposition elle-même.

Même si je m'intrigue à comprendre comment fonctionnèrent les systèmes monétaires métalliques au temps jadis et comment ils ont évolué et disparu pour donner les ancêtres de nos systèmes actuels au cours du vingtième - Pourquoi ce besoin de dormir huit heures par jour ? , j'ose à peine réécouter la troisième partie de cette présentation quand son auteur annonce qu'il faut distinguer les courriers par système monétaire au sein d'une Chine en ébullition de 1945 à 1949...

Comme le Sierra Leone l'année dernière, des heures de réétude sont proposées par Frank Walton en un jeudi après-midi.


Au calme et au frais
Pour me reposer, je me tournerai tout l'été vers le Roi George VI, à l'occasion des quatre-vingts ans de son couronnement, en mai 1937. D'ailleurs, l'exposition de ce mois, proposée par Hugh Osborne au siège de la Royale, 41 Devonshire Place (ou sur le site), porte sur les timbres de ce règne aux îles Falklands - il nous manquait une zone climatique fraîche dans cet article écrit par 32°C à l'ombre.

Merci à tous ces auteurs et collectionneurs pour ces voyages.


Note du lundi quatorze août 2017 :
Concernant le Maroc, il y a une troisième partie à l'étude de Maurice Hadida et Richard Garcia : les postes chérifiennes, gérées directement par le Royaume à partir de 1892, sont évoquées dans le numéro de juillet-août de London Philatelist. Complété de témoignages français sur les rekkas, les postiers d'alors, marchant, marchant sans discontinuer.