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mercredi 24 décembre 2025

Plus de timbres-poste sur courrier du Laos, sauf les cartes postales

 Diffusée sur le forum StampBoards.com le dix décembre 2025, la décision du conseil d'administration de la poste laotienne - Lao Post Company - est brutale : plus aucun timbre-poste n'a valeur postale sur le courrier du pays, sauf pour les cartes postales intérieures ou internationales.

La décision de la Direction de Lao Post envoyée aux bureaux le vingt-trois novembre 2025 (photographie de Eternal, participant du forum StampBoards.com, partagée le dix décembre 2025).

D'après la photocopie affichée dans un bureau de Vientiane, la décision a été prise le douze novembre 2025 et transmise aux bureaux de poste le vingt-trois avec application le vingt-cinq novembre.

Ainsi :
1 - Les timbres-poste ne peuvent affranchir que des cartes postales.
2 - L'affranchissement se fera par un autocollant imprimé à partir du système informatique de Lao Post (avec code-barres donc).
3 - Si les clients ont collé des timbres sur l'enveloppe ou le colis, leur valeur sera nulle.

C'est brutal comme méthode de quasi-démonétisation...

Certes, la comptabilité est totalement informatisée ; s'il y avait soupçon de fraude des stocks de timbres, il disparaît, sauf pour les cartes postales des touristes.

D'après le fil de discussion de Stamp Boards dédié au Laos, les membres sont stupéfaits : le Laos émettait des timbres relativement liés au pays et à ses relations extérieures, certes pour le marché des collectionneurs thématistes, mais largement disponibles dans les principaux bureaux de poste du pays.

Islande, Danemark, tous les pays qui n'ont plus de poste ou plus de timbres,... Le courrier des années 2020 passe bien dans la post-philatélie, d'après le mot proposé par Carlos Campos en 2023.

jeudi 23 mars 2023

La post-philatélie a-t-elle débuté ? Quel sens pour la philatélie des années 2020 ?

 Le samedi vingt-cinq février 2023, le Mexicain Carlos F. Campos a proposé le terme de post-philatélie (posfilatelia) au public de Mi Oficina, les rencontres en ligne entre philatélistes des Amériques, établies depuis les confinements de 2020.


Note préalable : je connais presque rien à l'espagnol, encore moins que rien à l'écoute. Merci au conférencier pour le diaporama permettant de suivre les grandes lignes de sa démonstration.


En une heure, il a repris les définitions de base et leurs évolution dans les principaux dictionnaire de langue espagnole : timbre, philatélie, marque et histoire postale... Ensuite, il a mis en rapport avec les modes de collection standardisés par les expositions compétitives de la Fédération internationale de philatélie.

De là, il en déduit trois périodes :

- la période pré-philatélique, entendre celle où le courrier circule sans timbres-poste,

- la période philatélique où il circule avec timbres-poste - les quinze dernières décennies donc,

- et la période post-philatélique où courrier et colis circulent avec de nouveaux standards.

Par les définitions de base, il déduit les standards : paiement préalable, lieu d'origine, adressage de destination, marque de passage, etc. Des notions fort connus des historiens postaux, marcophile et philatéliste spécialisées d'avant ou d'après l'introduction du timbre-poste.

Pour la post-philatélie, il montre :

- les enveloppes affranchies de timbres non oblitérés ou annulés au feutre, des postes se moquant de cette obsession de la réutilisation frauduleuse,

- les enveloppes pré-imprimées des contrats postaux entre entreprises et les postes : Destineo en France par exemple,

- les grands autocollants des colis postaux transportés par de nombreuses entreprises de postes et de logistiques, avec nombre codes-barres,

- justement, les nouveaux timbres-poste complétés de code-barres en une ou deux dimensions, sur lesquels ce dernier est bien plus important pour la transmission postales que l'illustration ou même la valeur faciale.


Sa présentation a eu un effet certain sur l'auditoire : une heure trente de discussion a suivi l'exposé. Assez inédit : d'habitude, une grosse demi-heure de question de curiosité et d'approfondissement permet de compléter un exposé de philatélie ou d'histoire postale.

Le ton est resté courtois, mais des gestes ont montré les doutes : montrer une de ces grandes étiquettes de colis à la webcam... sans maîtriser l'espagnol, je pense que la personne indiquait ses doutes sur la beauté de l'objet, la difficulté à le collectionner, à l'exposer, etc.


Et pourtant, il semble que les opérateurs postaux historiques - les membres de l'Union postale universelle et qui sont les émetteurs historiques de timbres-poste - semblent avoir commencer la transition de la période du paiement préalable par timbres-poste vers autre chose.

La diversification des moyens de ce paiement : dans les bureaux de poste même avec timbres de distributeur à valeur imprimée à la demande ou étiquette de guichet postal, chez soi ou au bureau avec timbre à durée limitée imprimé soi-même ou code alphanumérique reçu par sms, etc.

L'accusation du nombre excessif d'émissions de timbres est une preuve tangible dont pourtant nombre de collectionneurs de timbres actuels ne semblent pas tirer les conséquences sur leur choix de quoi collectionner... À quand le premier article ou forum qui alertera sur la spéculation d'une des émissions du salon printanier de Paris de cette semaine ?


Pire, par le suivi de l'actualité des opérateurs postaux, on découvre ici et là des aboutissements post-philatéliques provenant de la politique commune des membres de l'Union postale universelle de promotion de la philatélie, mais en refusant que le timbre serve sur le courrier :

- la poste saoudienne émet des timbres qui n'ont officiellement pas de valeur postale ! Tout envoi est en recommandé sans timbre-poste possible !, découvre-t-on dans cet échange sur le forum anglophone StampBoards.com;

- sur Twitter, la poste kenyane reprend ce que beaucoup de postes africaines publie sur leur site à la page « Philatélie », preuve qu'il y a une coordination UPU à mes yeux : 

Comment Posta Kenya promeut la philatélie sur Twitter, le vingt-deux mars 2023.

« Les philatélistes collectionnent les timbres pour la valeur sentimentale associée au travail artistique, au thème, à la rareté du timbre, pour des raisons éducatives, leur forme, ou comme un investissement. »

...

...

Et parce que l'acheteur peut le coller sur un courrier à un proche ou une entreprise à un client pour faire plaisir ?


On lira avec curiosité l'aventure postale de deux Postcrosseurs qui ont essayé - et en grande partie réussi - à poster des courriers au long de leur rallye humanitaire entre l'Europe et l'Afrique de l'Ouest : partie 1 et partie 2 sur le blog du site d'échanges en aveugle de cartes postales.

Les postiers locaux sont des comptables de leur bureau : un courrier à poster doit permettre une vente de timbres. Sauf directeur postal à proximité comprenant promotion du pays et ventes philatéliques, amener ses propres timbres est problématique : le bureau va devoir faire entrer du courrier coûteux à gérer sans que l'opérateur ait reçu directement l'argent de la vente.

Les philatélistes français reconnaîtront le fonctionnement imposé aux directions de La Poste dans les années 2000 au cours desquelles les bureaux et le tri n'appréciaient pas les timbres-poste sur courrier pour ne pas reverser une partie du chiffre d'affaires au service philatélique...


Le débat sur l'avènement de la post-philatélie se poursuivra sûrement. Ceux qui veulent ralentir ce processus ont une solution proposée par un éducateur de Caroline du Nord, aux États-Unis :

Sean Gaillard sur Twitter, le vingt-deux mars 2023.

« Entourez-vous de personnes qui vous répondent en retour. »

Sur papier-lettre, avec timbres-poste.

mercredi 22 février 2023

Première moitié de février 2023 dans le monde de la philatélie

 Petit résumé de trouvailles grâce à Twitter pendant la première moitié de février 2023.

L'affiche de l'émission de La Poste du Bénin.

Découverte avec retard, par un article d'Arnaud Koumondji dans Le Béninois libéré, La Poste du Bénin a émis une seule série en 2022, sept timbres représentant sept des trésors royaux rendus par la France fin 2021 après cinq années de débat français. Les trésors ont été exposés temporairement de février à mai 2022 à Cotonou. Actuellement, en réserves, le temps de leur installation définitive en musée, j'imagine.

Un des visuels utilisés sur son compte Twitter par la poste du Guatemala.

Le trois, Correos de Guatemala a célébré d'un timbre la Police nationale civile du pays... ce qui révèle un pan tragique de la police précédente et de l'histoire du pays en guerre civile de 1960 à 1996.

Entre 1981 et 1983, les forces armées répriment violemment jusqu'au génocide, d'après la Commission de clarification historique des Nations unies, de deux cent mille indigènes mayas des communautés rurales du pays. La réforme de la police civile fit partie des accords de paix.

Logotype de Mi Oficina.

Le quatre, Mi Oficina Philatelic Society, le groupe de philatélistes des Amériques, lance leur site https://www.mioficina.group/ . Rappelons que ceux-ci ont lancé des rencontres en ligne pendant les confinements anti-covid-19 en 2020, faute de pouvoir organiser leurs rencontres amicales lors des expositions philatéliques.


Le onze, Vaccari News a représenté les Cafés philatéliques à l'occasion de l'un d'entre eux alors à venir. Le service philatélique de Poste Italiane organise ainsi des rencontres avec les collectionneurs dans des villes sans association. Une idée à creuser ?


Le quinze, The Washington Times rapporte la demande adressée par l'United States Postal Service à l'État fédéral de modifier le manuel du courrier. Face à l'inflation de faux timbres-poste, l'opérateur public souhaite considérer tout courrier affranchi avec ceux-ci comme « abandonné » afin de ne pas supporter les coûts de la mise en taxation, du refus de celle-ci et des va-et-vient avec l'expéditeur.

Certes, ceux qui achètent des timbres très récents à prix suspects sur des sites usurpant l'identité de l'USPS réviseront leur esprit critique, mais que penseront ceux volés par leur commerce de proximité vendant consciemment des timbres frauduleux ?


En France, le même jour, qui veut tuer son chien l'accuse de la rage : France info rapporte les propos du président de La Poste Philippe Wahl devant la Commission des affaires économiques du Sénat : la lettre dématérialisée imprimée prioritaire lancée le premier janvier 2023 fait un flop, d'après lui.

Sauf que si les sénateurs et les journalistes suivaient les enquêtes des associations de consommateurs, il rappellerait que l'abandon de la livraison le plus rapide à moindre coût - le service universel - est la priorité du Groupe La Poste depuis que l'État-actionnaire veut que la poste soit rentable...

Et je ne relancerais pas les conditions d'emploi et de travail des livreurs de colis des filiales de droit privé du groupe public...


Le seize, sur le site du magazine mensuel L'Histoire (apparemment hors numéro imprimé), l'historien du Groupe La Poste Sébastien Richez raconte l'histoire de la poste française et de ses tarifs, fin de la lettre prioritaire oblige, de l'Ancien Régime aux turbulences actuelles demandant une inventivité pour maintenir le métier de facteur.

Mise à jour du jeudi trente mars 2023 : Apparemment, l'article de Sébastien Richez sera publié dans le numéro d'avril de L'Histoire (numéro 506).