Quelques publications de toutes natures, dimensions, origines ayant la philatélie et la chose postale en commun.
Alors que le logiciel Horizon a détruit de nombreuses vies de Britanniques accueillant un relais postal dans leur commerce, et malgré un procès en 2020 où l'entreprise publique Post Office Ltd. a été contrainte de reconnaître sa responsabilité, Computer Weekly a publié un article, vendredi dix-neuf février, affirmant que Fujitsu savait parfaitement que le logiciel Horizon n'était pas en état d'être utilisé : bien trop de bugs. À cause de ce logiciel commettant des erreurs comptables, des commerçants furent accusés de fraude par Post Office, durent rembourser des sommes présumées détournées, perdirent leur licence postale ; certains se suicidèrent.
Mercredi vingt-quatre, Peter (@stampden sur Twitter) a, pour une fois, délaissé l'histoire postale pour analyser un timbre du Japon de 1958 : le centenaire de l'ouverture des ports japonais aux Occidentaux. Évocation de l'histoire, genèse du timbre et analyse de ses éléments.
Se souvenir que d'autres collectionneront ces enveloppes, l'idée que le collectionneur doit conserver comme aux archives ou dans les musées et... p... de b... de m..., ça coûte quoi d'écrire sur une feuille les connaissances liées à cette enveloppe et de laisser feuille et enveloppe sous pochette plastique ensemble !!! Non seulement, on peut imprimer le scan de la lettre pour flécher dessus et relier aux légendes, mais, en outre, ça aidera les héritiers non philatélistes quand ils présenteront la collection à une association ou un marchand pour avis.
Il semble qu'un artiste, signant C+S, prépare des illustrations mêlant modèles féminins en sous-vêtements sur fond de timbres français d'usage courant, et les colle en région parisienne, depuis au moins trois ans d'après sa page sur urbacolors.com.
Ainsi, le vingt-deux septembre dernier, la poste azérie a émis un timbre qui peut plaire à la France et aux Français : le centenaire de la naissance de Ahmadiyya Jabrayilov (1920-1994), Azéri capturé par les troupes allemandes sur le front de l'Est et emprisonné en France où, évadé, il participa à la résistance contre l'occupant nazi avant de rejoindre l'Union soviétique.
L'annonce de l'émission sur le fil Twitter du ministère du Transport, des Communications et des Hautes Technologies de la République d'Azerbaïdjan, le vingt-deux septembre 2020.
C'est mérité pour quelqu'un qui a risqué sa vie contre les nazis, comme le signale la page de la Wikipédia en azéri qui signale une maison-musée, des décorations,... ses rencontres avec de Gaulle et Thorez qui lui offre son pistolet...
... si cet homme a existé ! Ou en tout cas a vraiment vécu en France ?!! ...
Mon hypothèse à partir des éléments évoquées par les participants des Wikipédias : - une création de propagande par les autorités soviétiques, - prise au premier degré par un Wikipédien de l'ancienne zone soviétique, - sans respecter un des principes de l'encyclopédie en ligne à laquelle tout le monde peut participer : les articles font la synthèse des connaissances établies par des professionnels des différentes disciplines.
Avec le ministère et la poste azéris qui poursuivent l'œuvre de propagande avec un timbre commémoratif sur une tromperie, aggravé d'une tour Eiffel... Bien loin d'un paysage du sud-ouest de la France.
Après les difficiles établissements des indépendances de l'Ukraine et de l'Estonie, voici un autre exemple qui démarre le mois suivant l'Armistice en Europe occidentale dans une région mêlant populations germanophones et lettones.
Proclamée indépendante le dix-huit novembre, la République de Lettonie se heurte à la géopolitique des confins des Empires allemand et russe disparus : l'armée allemande se retire peu après Noël, date de démarrage des services postaux lettons ; mais côté soviétique, dès le cinq décembre, les bolcheviks - qui ont lutté contre la présence allemande depuis 1917 - envahissent le territoire et créent une République soviétique socialiste de Lettonie... ce qui incite des forces franches allemandes et « blanches » russes soutenues d'abord par l'Allemagne, puis par les Alliés, à reprendre le combat contre la menace rouge.
Jusqu'au traité de paix de Riga d'août 1920, avec la reconnaissance de l'indépendance lettone par l'Union soviétique, Richie détaille les quelques timbres-poste que la Lettonie a eu le temps d'émettre - notamment ceux imprimés au dos des cartes d'état-major allemandes, le changement de devise monétaire et l'inflation des tarifs postaux dans le contexte continental, et, surtout, les multiples oblitérations que le collectionneur peut rencontrer sur le courrier de la région.
Il recense pas moins de quinze possibilités reprenant ou pas les tampons de la Russie tsariste, remplaçant ou pas le nom de la province par une étoile ou un ornement, jusqu'aux cachets de fortune ou marques manuscrites de postiers sans matériel.
Un article qui rappelle de nouveau que la Première Guerre mondiale et les conséquences des nationalismes européens ne s'est pas terminée le onze novembre 1918.
Pendant une exposition, le visiteur chanceux peut rencontrer le collectionneur qui décrit les enjeux de son sujet et les pièces principales. Mieux, à Stockholmia, fin mai-début juin 2019, le visiteur pouvait voir et entendre la même chose, confortablement assis dans une salle équipée d'un vidéo-projecteur.
Ainsi, les cinq journées de l'exposition des cent cinquante ans de la Royal Philatelic Society London ont permis de loger de nombreuses rencontres dans les salles de réunion du centre de congrès.
Le panneau de titre de la collection de Jaan Roots, 92 points, médaille d'or.
Jeudi trente mai, après-midi, Jaan Roots, Norvégien d'origine estonienne, a présenté sa collection Estonia 1918 d'abord en salle, puis a proposé de montrer comment son propos général permettait de relire la collection exposée.
Le centenaire de la Grande Guerre et la complexité des découpages territoriaux qui en sont issus entre 1917 et 1923 ouvrent aux philatélistes et aux historiens postaux de vastes espaces de règles militaires et d'exceptions postales. Les États baltes ne font pas exception, même si la recréation de la Pologne et l'établissement d'une Ukraine, pour ne citer que ces exemples, sont de gros morceaux déjà évoqués dans la presse philatélique récente.
Le sujet estonien est intéressant car il illustre le problème de la création à partir de peu de choses d'États en Europe centrale et orientale avec la disparition successive des empires russes, austro-hongrois, ottoman et allemand. Peu de choses : sentiment anti-impérial, identité nationale culturelle mise en avant. Mais, pas de frontière administrative existante, ni même d'indépendance effective sur le terrain.
Jaan Roots introduit son propos avec ces problèmes de 1918 dans l'étude postale d'un pays aux frontières depuis établies. Il n'expliqua pas comment deux gouvernorats russes concernés (Estonie et nord de celui de Livonie) ont pu donner l'État estonien... et celui de Lettonie.
Néanmoins, pour les besoins de l'étude, les événements-clés menant à l'indépendance de 1918 sont précis et leurs effets apparaissent progressivement sur les courriers de soldats et de civils :
- 12 avril 1917 : le nouveau gouvernement russe (révolution de Février) accorde une autonomie aux Estoniens ;
- début 1918 : le gouvernement bolchevique (révolution d'Octobre) autorise la constitution d'unités militaires par les minorités nationales ;
- 1er février 1918 : passage de l'Estonie au calendrier grégorien, donc directement au 14 février 1918 ;
- 18 février : reprise de l'offensive allemande contre la Russie ;
- 24 février: déclaration d'indépendance ;
- 3 mars: le traité de Brest-Litovsk impose l'occupation allemande de la Livonie et l'Estonie, au-delà de l'Ober-Ost ;
- du printemps au 29 novembre: ouverture de la poste allemande aux civils, avec censure centralisée dans quelques villes ;
- après le 11 novembre, le 19 : indépendance effective de l'Estonie ;
- semaine suivante : ouverture de la poste estonienne avec premiers timbres le 24 novembre ;
- 28 novembre : attaque de la Russie bolchevique, puis intervention d'une flotte britannique en mer Baltique.
Une année tumultueuse géopolitiquement pour des Estoniens coincés entre deux puissances négociant leur sortie de conflits afin de libérer des troupes pour le front occidental côté allemand, consolider la Révolution pour la Russie de Lénine.
Le collectionneur parvient à illustrer les trois périodes de l'Estonie grâce aux cheminements suivis et aléas subis par cartes postales et enveloppes, principalement des courriers de soldats estoniens des régiments estoniens ou se trouvant dans l'armée russe, ou encore de soldats allemands. Les obstacles furent nombreux (moins pour le courrier proche des civils).
1. La période de la République soviétique de Russie jusqu'à l'offensive allemande de fin février : poste militaire russe, mais aussi oblitérations des régiments estoniens nouvellement créés. Les différentes armes se retrouvent.
2. L'occupation allemande avec sa poste militaire usant des timbres de l'Ober-Ost, la partie conquise frontalière de la Prusse orientale, puis accessible aux civils avec ces mêmes timbres-poste, mais sans distribution à domicile.
Là, ce sont les marques de censure, donc le parcours des lettres, qui mobilisent la sagacité de l'historien postal : lettre(s) initiale dans un cercle pour la censure. Au début de la période, la censure s'effectue uniquement à Riga, en Lettonie, puis dans quatre autres bureaux à partir de juin : Dorpat, Reval (Re), Wenden. Ce qui, pour une grande partie du courrier intra-estonien, requiert beaucoup de kilomètres pour vérification, alors que le destinataire peut être tout proche.
C'est côté russe que tout se complique davantage : quand ce courrier-ci en provenance ou à destination de la Russie a-t-il circulé ? En effet, du douze juin jusqu'à fin novembre, les échanges postaux avec la Russie sont autorisés, mais pas en recommandé...
3. L'indépendance, dans la vingtaine de novembre, simplifie à peine l'étude.
D'abord, le départ de l'administration allemande (au vingt-neuf novembre dernier délai) et son relais estonien sont très progressifs selon les lieux, et très inventifs dans plusieurs bureaux : réutilisation de cachets d'oblitération en cyrillique, timbres locaux à Rakvere, marques de paiement en espèces.
Ensuite, parce que la menace de la Russie soviétique dès le vingt-huit complique les relations postales avec les villes aux extrémités du lac Peïpouss, les premières coupées du reste de l'Estonie. Et donc, de courriers revenant à l'expéditeur.
Grande Guerre finie, l'Estonie et sa voisine lettone deviennent stratégiques pour l'Entente, ce qui donne un dernier exemple de courrier qui mit des mois à relier l'Estonie à un pays d'Europe occidentale...
À partir de décembre 1918 et jusqu'à mi-février 1919, une flotte britannique établit un blocus des côtes baltes pour empêcher la fuite de navires russes vers le pays des Soviets. C'est ainsi que ces tensions navales coupent la liaison postale entre Tallinn, la capitale estonienne, et Helsinki en Finlande, alors l'un des rares moyens fiables de faire sortir du courrier du pays.
Pour Roots, l'Estonie de 1918 peut servir de cas pour aller découvrir d'autres régions et pays de l'Empire russe entre les révolutions de 1917 et la guerre civile.
Le décentrement de l'exposition-anniversaire vers l'Europe du Nord a permis ainsi à des collectionneurs de faire découvrir aux visiteurs lointains les philatélies et les histoires postales scandinave et baltes.
Outre Estonia 1918, la difficile histoire de l'Estonie était également évoquée par la collection thématique Estonians outside Estonia 1944-1991 par le Suédois Mats Söderberg : comment maintenir l'identité nationale vivante pendant l'occupation soviétique ? Les activités d'associations d'Estoniens, en Europe et en Amérique du Nord, ont fait l'objet de courriers, de vignettes, d'expositions, etc.
Une histoire qu'a vécu le premier collectionneur, Jaan Roots. Aux questions du public sur pourquoi collectionner ce pays-là, il a répondu que ses parents ont fui l'Estonie du début de la Guerre froide après l'emprisonnement d'un membre de la famille, qui fut trop actif au temps de l'Estonie de la Seconde Guerre mondiale.
Merci à Jaan Roots d'avoir accordé une bonne heure de son temps au public.
Cependant, malgré la fête que constitue ce spectacle musical, depuis 201 , ce sont des chansons sérieuses qui ont remporté le vote des jurys et les suffrages des téléspectateurs européens : la rupture amoureuse avec Amar pelos dois des Portugais Luisa et Salvador Sobral en 2017, la déportation des Tatars de Crimée sous Staline avec 1944 de Jamala en 2016.
Deux chansons dans lesquelles les langues maternelles des deux interprètes sont importantes.
Mercy des Français Madame Monsieur semblent dans cette lignée.
Le Concours en France en 2019 ?
...
Dieu, aie pitié des collectionneurs de nouveautés si Phil@poste sponsorise le spectacle !
C'est un grand écart idéologique qui est proposé dans le numéro daté février 2018 de Stamp Magazine en matière de biographies de graveurs de timbres.
Dans sa série entamée récemment et liée à son blog-inventaire Stamp Engravers, Adrian Keppel sort de l'anonymat Lydia Mayorova (1927-2008), graveure pour l'administration soviétique des monnaies et de l'impression sécurisée Goznak de 1948 à sa retraite en 1983.
Utilisé de 1961 à 1991, le médaillon de Lénine du billet soviétique de dix roubles était l'œuvre de Lydia Mayorova (via base Commons de Wikimedia).
Anonymes les graveurs de l'URSS car leurs travaux étaient considérés des œuvres collectives, bien que Mayorova obtint de graver le portrait de Lénine du billet de dix roubles grâce à une visite de Nikita Khroutchtchev.
Dernier hasard que révèlent les archives est que la jeune Lydia n'était pas destinée partiulièrement aux arts... Vivant près de Moscou, son village ne fut pas pris par l'armée allemande, et, en 1943, elle fut lancée dans un apprentissage à Goznak qui recherchait alors à préparer la prochaine génération de graveurs, tandis que l'actuelle servait dans l'Armée rouge.
Présenté comme le successeur de David Gentleman, trois timbres d'Andrew Davidson orne la couverture du numéro de février 2018 de Stamp Magazine.
À l'opposé de l'Europe, des systèmes économiques et du siècle, Peter Marren raconte la partie philatélique de la carrière du graveur sur bois britannique Andrew Davidson (né en 1958).
Malgré l'inflation des émissions de la Royal Mail totalement privatisée depuis 2015, Davidson fait partie des choix artistiques de l'opérateur britannique qui permettent d'avoir quelques émissions graphiquement et thématiquement pertinentes et intéressantes.
C'est ainsi que les deux styles de Davidson peuvent se retrouver depuis 1988.
D'abord les gravures noires de la couverture du carnet Sherlock Holmes de 1993 aux Animaux de l'âge de glace en 2006. Ensuite, les aplats de couleurs jointes révélant de scènes animées et dynamiques : les transports postaux à travers l'émission Europa de 1988 et les timbres de distributeurs Post & Go depuis 2016, ou les timbres de Noël 1988 et 1990.
Les amateurs de taille-douce à la française liront régulièrement Stamp Magazine qui, tradition française maintenue, consacre régulièrement des articles sur les graveurs français : Pierre Béquet dans le numéro de janvier 2018 et Georges Bétemps est annoncé pour mars.
Parmi les nombreuses activités et sessions que ses volontaires proposent aux écoles et autres organisations, figurent des jeux de plateau et cartes pour découvrir le vocabulaire des langues étrangères.
Le plateau du jeu de découverte du français, créé par StampIT de The Association of Scottish Philatelic Societies.
Après l'espagnol et le japonais, ce mois d'août 2017 voit la sortie de la version avec timbres de France. Chaque jeu peut se télécharger gratuitement sur le site de l'ASPS sous la forme d'un fichier compressé .zip ; il contient une notice explicative (rappelant qu'une version manufacturée peut être commandée), le plateau et les cartes-timbres.
Comprendre l'iconographie communiste par le billet de banque.
À partir du dix-sept octobre et jusqu'au dix-huit mars 2018, rapporte The Guardian hier lundi quatorze août, le British Museum de Londres va exposer une collection de billets de banque de pays communistes pour marquer le centenaire de la Révolution d'Octobre 1917 en Russie.
Cette exposition relaiera celle de la British Library qui se termine le mardi vingt-neuf août. Elle a présenté l'abondante littérature et iconographie de l'époque des deux révolutions russes et de la guerre civile qui s'ensuivit.
Billet de cent shillings somaliens de 1975, consacré exclusivement au travail des femmes : de l'allégorie multi-tâches à l'usine agro-alimentaire (image fournie par le British Museum via The Guardian).
Les billets yougoslave de 1955, somalien de 1975 et chinois de 1980 permettent déjà de voir ce que l'État veut montrer du communisme et ce qu'il souhaite de son peuple - jusqu'à susciter l'ironie du conservateur Tom Hockenhull. En effet, la femme somalienne doit tout à l'État : le défendre au fusil-mitrailleur, nourrir avec une bêche, produire avec la pelle, le tout avec le bébé en bandouillère !
Espérons que les notices seront plus factuelles et que la lecture ne sera pas que la critique capitaliste ultralibérale du communisme.
Une grande partie des billets exposés appartiennent aux collections du British Museum qui compte également une collection de cartes postales, elles aussi étudiées avec la distance critique de ce que veut montrer son créateur, son éditeur et finalement son expéditeur.
Les collectionneurs de timbres, de billets et de monnaie, ou intéressés par les graveurs ont intérêt à visiter le musée londonien - malgré les masses touristiques des voyages organisés, quelques noms connus de nos disciplines y ont leur place.
Après que leurs auteurs ont mené des recherches détaillées, deux articles récents de sites web permettent d'aborder deux histoires aux marges économiques de la France au début et à la fin du vingtième siècle : des poissons austraux aux roubles indochinois.
Dans le contexte des conflits de pêche aux larges de Terre-Neuve et de la Norvège, la campagne expérimentale de l'été austral 1980-1981 permit d'étudier la ressource et aux navires de pêche d'évaluer la rentabilité de son exploitation. La suivante (1981-1982) ramena du poisson et, avec l'exemple du Zélande 2 de la Société nouvelle des pêches lointaines de Bordeaux, de suivre le parcours des navires de la France à l'océan Austral en passant par Suez.
Rafraîchissant... quoique la tramontane soufflant actuellement sur le Sud de la France évoquent les quarantièmes rugissant et les cinquantièmes hurlants affrontés par ces navires de pêche.
Restons dans les climats réputés frais, mais dans une ambiance de guerre civile.
La période entre les révolutions russes de 1917 et la stabilisation des frontières au début des années 1920 est complexe en Europe centrale, orientale et aux confins de la Russie en guerre civile (voir l'exemple des conflits entre Pologne et Ukraine). Mais, en Russie d'Asie, la situation fut tout aussi confuse.
Début 1918, dans le but de contrôler la Sibérie, les alliés envoient troupes, matériels et aide financière vers les chefs et groupes qui leur paraissent les plus aptes à lutter contre les bolcheviks. Si la confusion entre Russes est grande, il en est de même côté alliés à lire le déroulement de la mission du général français Maurice Janin chargé d'abord de commander l'armée tchécoslovaque se trouvant là...
Pour revenir à la numismatique, l'article explique comment le gouvernement français décide de stabiliser la situation monétaire : les roubles impériaux que les bolcheviks impriment encore concurrencent les roubles du gouvernement renversé de Kerenski. Et à Omsk, la principale ville « blanche » de Sibérie, on envisage une émission souveraine de billets.
Pour rassurer les populations de l'Orient russe qui auraient à faire aux militaires français, il est demandé à la Banque de l'Indo-Chine d'ouvrir une agence à Vladivostock et d'émettre des billets bilingues et libellés en rouble, lié par une parité fixe avec le franc français (un rouble pour soixante centimes). L'auteur signale le même stratagème par les Britanniques à Arkhangelsk.
En 1919, la Banque de l'Indo-Chine confie la création et l'impression à l'American Banknote Company qui comprend une allégorie au bonnet phrygien dans un médaillon entouré d'éléments de sécurité.
Cependant, les aléas militaires et politiques à Omsk empêcheront la mise en circulation de ces billets. Leur destruction a lieu en mai 1920 à New York... qu'ils n'ont jamais quitté. N'en restent que les séries spécimens circulant dans les ventes ou conservées dans les archives de la Banque de l'Indochine.
Petite trouvaille internautique : un site social et discrètement commercial de cartes postales de l'Union soviétique, accompagnées de quelques autres petits objets de collections : pin's et livres notamment.
Carte soviétique de nouvel an sur fond d'industries, pas très développement durable, mais très souriante (Soviet Postcards).
Avec les fêtes de fin et début d'année, les utilisateurs de réseaux sociaux multiplient les images de saison et c'est ainsi qu'à partir d'une reprise d'image, j'ai découvert le site social de partage d'images Soviet Postcards, tenu depuis sept ans par Katya.
Son lecteur plonge dans l'univers graphique de l'ère soviétique des quinze républiques. Et contrairement aux représentations de dictatures, égalitarisme par la pauvreté [à l'opposé, je ne suis pas béat face au capitalisme actuel de la lutte, encouragée par certains millionnaires, entre les prolétaires qui ne le sont pas, millionaires], industrialisation lourde à outrance, ce sont des scènes jolies, joyeuses qui s'offrent au regard.
Enveloppe pré-affranchie des années 1950 avec décor de patinage artistique et sapin décoré (Soviet Postcards).
Les thématistes seront aux anges : les fêtes de l'hiver donc, les champignons aussi, les reproductions de peintures d'artistes, etc.
La collectionneuse cède quelques-unes de ces pièces sur une boutique indiquée en introduction du site d'images.
Pour quelques minutes de voyages dans le temps chaque jour.
Je rassure tout de suite les collectionneurs et spéculateurs de nouveautés hors-programme : n'écrivez pas à Timbropresse, ni à la Fédération. Inutile que leurs chefs aillent envahir de nouveau le bureau de Gil@poste Livchitz, ni que Socrate et Gauthier Toulemonde nous répandent des pages entières sur leur rôle intermittent de défenseurs du collectionneur de nouveautés, comme dans le numéro de ce juin 2016 : c'est quoi ce trou d'actions de 2007 à 2015 pendant l'application délétère des états eslingériens de la φl@télie ?
Dans ce « hors les murs », aucune action secrète de Gil@poste pour émettre des timbres spéculatifs ou des entiers en douce en avertissant uniquement quelques happy fews franciliens.
« Paris-Philex hors les murs » est ma façon de profiter de trois jours parisiens - alléluia, une marée basse professionnelle, dommage qu'elle fut haute pour Monacophil 2015 - entre philatélie et découverte de Paris.
Car il suffisait de prendre le tramway devant le parc des expositions de la porte de Versailles, siège de l'exposition philatélique nationale pour rallier la porte Dorée et une scénographie colonialiste évoquant l'époque de naissance d'une grande partie des visiteurs de Paris-Philex et du volailler φl@postal.
Le monument ouvrant la zone honore les anciens combattants d'Indochine, fontaine-rivière minérale entouré de pelouse et de palmiers par l'architecte Louis Madeline, provenant d'une statue d'Athéna par Louis-Ernest Drivier. Il est suivi d'un bas-relief de l'expédition de 1898 du colonel Marchand du Congo à Djibouti, via un arrêt dangereusement imprévu à Fachoda, sur lequel tous les officiers français sont nommés et les tirailleurs sénégalais évoqués par leur nombre...
Tant de débats historiens et de réflexions invisibles quand sont évoqués les timbres créés pour les colonies.
Carte postale utilisée en 1907 : des bûcherons immigrés belges et leur... hutte... (collection Musée de l'histoire de l'immigration, Paris).
Quelle ironie d'y avoir installé le Musée de l'histoire de l'immigration depuis 2007, avec dans les premières pièces une carte postale du début du vingtième siècle, dans une mise en scène digne d'un timbre colonial de l'indigène exploitant l'hévéa grâce au Français civilisateur : une équipe de bûcherons belges œuvrant dans la forêt de Marchenoir, en Loir-et-Cher où la carte fut postée avec une Semeuse en 1907.
Le détail qui montre que le point de vue français est autant un problème que les migrants : « et leur hutte »... Habitat temporaire pour une taille d'accord, mais rudesse du confort : une cause du refus des bons Français de réaliser ce travail ?
Cartes postales (!) françaises sur l'expulsion de«romanichels »par les gendarmes, vers 1900 (collection Musée de l'histoire de l'immigration, Paris).
Pour le sens des frontières françaises au début du vingtième siècle, un lot de cinq cartes postales est présenté : des photographies prises, clairement mises en scène, imprimées, vendues, utilisées sur un sujet qui provoquerait un scandale médiatique aujourd'hui, quoique vu le débat britannique sur les frontières (exemple par UKIP)...
... des photographies d'opérations de gendarmerie expulsant des « Romanichels » du territoire, voire sur une autre carte « Nos campagnes. Voyageurs indésirables »... Pfiou.
Illustrées ci-dessous, deux affranchies sur l'image.
À gauche, une carte française mais avec une légende sommairement traduite en allemand. Sur la route entre Arracourt (Meurthe-et-Moselle) et Vic-sur-Seille (Moselle), au poste-frontière, une ligne bien rangée de gendarmes soldats allemands - et d'habitants endimanchés - posent barrant le chemin à des « romanichels serbes » qui posent avec leurs ours, après leur expulsion par les gendarmes français. Le montreur d'ours pyrénéen contre la loi de séparation des Églises et de l'État a été plus populaire...
La carte est utilisée côté allemand à « Vic (Seille) » le vingt-cinq mars 1916. L'oblitération sur timbre allemand m'étonne car elle conserve le nom français de la commune, allemande depuis l'annexion de l'Alsace-Lorraine, régions qui appraît beaucoup dans le premier tiers de l'exposition Frontières.
La carte de droite est encore plus révoltante. Les gendarmes posent avec les riverains lors d'une expulsion de « Bohêmiens », enfants bien placés dont le bébé voit sa joue pincer affectueusement par l'officier...
Barthélémy Toguo ( exposition temporaire Frontière, Musée de l'histoire de l'immigration, Paris).
Coincés entre les postes-frontières est le message que je retiens de nombreux documents et œuvres d'art de cette exposition. L'artiste camerounais Barthélémy Toguo résume cette situation humaine en 2010 : des sculptures en bois représentent des êtres humains tandis que le dessous est gravé comme des tampons douaniers, dont un porte un prénom.
Envie de jouer le douanier comme sur ces cartes postales : testez ce jeu vidéo.
Philatélie fiscale : un visa temporaire de réfugié célèbre (France) en haut et un passeport soviétique de1935 en bas (collection Musée de l'histoire de l'immigration, Paris).
À entrer ainsi dans les vies individuelles, l'exposition temporaire, comme l'exposition permanente, oblige le visiteur à se souvenir que les migrants sont des êtres humains au-delà des timbres fiscaux, visas et passeports présentés.
Si la collection de photographies de « voitures-cathédrales » des travailleurs immigrés retournant en vacances au Maghreb avec des achats pour toute la famille étendue provoquera à coup sûr des blagues racistes - et peut-être un gentil rappel à la sécurité routière, le retour sur terre a lieu peu après avec la carte temporaire de séjour de janvier 1962 avec timbre fiscal de cinq francs - photographie retirée - au nom du réfugié soviétique :
Conférence de presse aux Champs-Élysées six jours après sa demande d'asile à la France (SIPA / initialement Paris-Jour).
« Saleté de réfugiés, refoulons-les », « S'ils restaient pour combattre, ils sauveraient leur pays », etc., etc. Entre un président fils d'exilé hongrois et un premier ministre né espagnol d'un couple espagnol et italien...
Document de voyage visé à l'ambassade britannique de Paris en 1949.
Bref, ce musée est une œuvre de salut public pour éclairer bien des débats avec le recul de l'histoire, tout en œillades à destination des philatélistes postaux autant que fiscaux. Quelques dernières pièces que vous pouvez découvrir dans leur contexte individuel au musée de la porte Dorée.
Visa portant trois timbres fiscaux consulaires britanniques à l'effigie du Roi George VI pour seize shillings, déjà une belle dépense en septembre 1949, oblitérés à l'ambassade du Royaume-Uni à Paris.
Timbre fiscal belge sur un coin d'une affiche de cinéma de l'exposition temporaire Frontières (Musée de l'histoire de l'immigration, Paris, 2016).
Une partie de l'exposition temporaire est également consacrée au travail des douaniers, notamment leur matériel au fil des décennies - ce qui me rappelle l'exposition sur les douanes britanniques (Seized - Saisi) au Musée maritime du Merseyside de Liverpool : un grand musée qui rassemble de nombreux aspects du voyage maritime depuis le Titanic à la traite atlantique, en passant par la marine marchande, les peintures marines et l'exploitation humaine de nos jours.
Aspect culturel de ce métier avec l'affiche du film franco-italien La loi c'est la loi de Christian-Jacque avec les comédiens Fernandel et Totò, de 1958 - en pleine genèse du Marché commun européen.
Dans le coin inférieur droit, le philatéliste remarque un timbre fiscal belge oblitéré le vingt-cinq mai 1961... Une taxe sur l'affichage public ?
Facture italienne pour un accordéon commandé en France (Collection Musée de l'histoire de l'immigration, Paris).
Dans la collection générale, une galerie rappelle tout ce que les immigrés ont apporté à la culture française depuis Offenbach... Un immigré célèbre encore.
Une facture y est présentée pour la commande d'un accordéon (ou un harmonica, mes souvenirs musicaux sont vagues comparés à la philatélie) avec dans le coin un timbre fiscal italien d'une lire oblitéré le huit mars 1932, et donc conservé par la famille pour finir au musée. La fenêtre d'exposition évoquant la vie des immigrés arrivant en France avec quelques talents musicaux.
Un samedi matin enrichissant culturellement, politiquement et... philatéliquement.
Notes de l'après-midi :
Il suffit d'un tour en ville après avoir écrit pour enrichir un article déjà rassasiant.
Ainsi, actuellement dans les salles, l'histoire d'un jeune médecin zaïrois, seul volontaire pour s'installer avec sa famille à Marly-Gomont, dans l'Aisne, dans les années soixante-dix. D'après la jeunesse de l'humoriste Kamini qu'il avait évoquée dans un rap.
Bande-annonce de Bienvenue à Marly-Gomont (youTube).
Années soixante-dix oblige, le bureau des PTT et le courrier jouent de petits rôles secondaires dans l'intrigue.
À la librairie, dans ce thème, on peut toujours encourager à lire les essais de Gaston Kelman, né Camerounais, mais qui n'aime pas le manioc, comme le rappelle le titre d'un ouvrage de 2003 où il démonte les idées reçues sur les personnes noires. Pour les plus jeunes, Niourk, le roman de Stefan Wul ou sa récente adaptation en bande dessinée par Olivier Vatine.
Une fois n'est absolument pas coutume, j'ai parlé d'art contemporain avec Barthélémy Toguo. Une exposition de l'artiste a lieu à Montpellier depuis hier ! D'hier mercredi vingt-deux juin au six novembre prochain, Toguo a créé une exposition inédite sur le thème du Déluge, au Carré Sainte-Anne, au cœur du centre historique (et gratuite).
Dimanche, il y aura sûrement bien plus de monde que cet après-midi entre quinze et seize heures puisque le congrès aura lieu en présence de Claude Désarménien, le président de la ΦΦ@Π. Deux à trois personnes devant chacun des quatre stands de marchands de timbres, trois-quatre parmi les panneaux de l'exposition.
Après les quatre-vingt-dix ans de l'Association philatélique montpelliéraine en mai 2015 et la fête du timbre en octobre, plusieurs collections en compétition départementale ou régionale ont déjà été vues, même si mon manque de mémoire photographique et l'aspect éphémère d'une collection comparée à un livre à mes yeux m'empêchent de savoir si elles ont évolué d'un championnat à un autre.
Passons donc directement à celles qui m'ont attirées pour la première fois, tout en évitant soigneusement les thématiques, cartes postales anciennes et la croix-rouge, dont l'association thématique était l'invitée du salon.
Réalisée par J. Paraseit de l'Association philatélique et numismatique biterroise, une collection des tarifs postaux CFA du Département de la Réunion permet de revoir sa philatélie métropolitaine surchargée en franc des Colonies françaises d'Afrique de 1945 à 1975. Ainsi que quelques courriers à l'oblitération « convoyeur » de l'ambulant sur la seule ligne de chemin de fer de l'île, fermée en 1976.
Toujours de Béziers, en compétition départementale, la collection de J. Ara Somohano touche de nombreuses situations postales et humaines avec « L'exil des républicains espagnols en France » : vignette de propagande sur courrier, lettres adressées vers les camps ouverts par les autorités françaises, affranchies sous la République comme sous l'État français, ou encore envoyée de l'Espagne soumise par le franquisme.
En cour d'honneur, c'est un invité du Groupement régional Midi-Pyrénées, Henri Taparel, qui propose une étude des tarifs postaux en Russie pendant la période de la guerre civile russe de 1917 à 1923, ponctuée de textes détaillés sur les causes et la fonction des changements postaux. Président de l'Association philatélique gaillacoise, le spécialiste de la Russie propose un site sur ce pays et l'Union soviétique avec force textes et exemples de pièces. Une étude qui permet d'ajouter une pièce au puzzle de l'Europe orientale à la fin de la Grande Guerre que deux articles de février 2016 m'avaient permis de lancer. En effet, Edward Klempka signalait que les autorités ukrainiennes avaient surchargé leurs timbres impériaux pour empêcher l'afflux de timbres depuis une Russie en hyperinflation : en quoi ces flux sont-ils liés à la décision russe de multiplier par cent la valeur des timbres en kopeks faute de stocks face à l'inflation ?
Pour les collections précédemment vues en 2015, celle de Claude Pesche sur la poste à Jérusalem jusqu'en 1948 révèle décidément que le modèle « un pays / une poste / un timbre » est une vision très franco-jacobine du monde. Combien de « pays philatéliques » pour le territoire de Jérusalem ou la Palestine ? Entre la puissance historique ottomane, les postes - privées dans ce contexte des États d'Europe, les occupations militaires et mandataires de 1917 à nos jours, les émissions des indépendantistes sionistes des années 1940 auxquelles font écho l'indépendance progressive d'un État palestinien,... voire les timbres surchargés ou oblitérations des forces sous mandat des Nations unies... et si on élargit aux secteurs d'intervention de l'armée israélienne pendant les guerres avec ses voisins...
En voilà une que je dois revoir, avec les tarifs postaux russes, ou sinon me plonger dans les ressources livresques.
Dans le thème de l'histoire des puissances contemporaines, les élèves de terminale étudient deux « chemins de la puissance » : comment les États-Unis d'Amérique depuis 1919 d'une part, la République populaire de Chine depuis 1949 d'autre part, ont-ils atteint le niveau de puissance mondiale ?
Lors de l'épreuve Liban de la session 2015, les candidats doivent, à partir de l'étude de deux documents, expliquer les relations de la puissance chinoise avec les deux grandes puissances de la Guerre froide, et leurs évolutions.
Le second document est un article d'époque du Monde diplomatique sur la politique étrangère chinoise après l'annonce de la visite de Richard Nixon à Pékin, au début des années 1970... qui s'oppose donc à ce timbre-poste chinois marquant la signature du traité d'amitié sino-soviétique de 1950 : Staline et Mao se serrant la main avec extrait de mappemonde, drapeaux, monuments, etc.
L'ensemble symbolique de ce timbre permet d'expliquer que le citoyen chinois pouvait voir les symboles du communiste, qu'il vivait comme les Soviétiques sous un chef bénéfique, ami de celui du pays voisin.
Mais, critiquer le fait que le timbre ne développe pas ici le contenu concret de cette amitié : stratégique et idéologique pour l'Union soviétique, technique et matérielle pour la République populaire... Un traité très intéressé pour la Chine qui change de fusil d'épaule tout au long de la Guerre froide avant de se lancer dans le cheminement dictatorio-capitaliste d'exportation que nous lui connaissons.*
Idée entrevue dans un manuel, collection de timbres à disposition, hasard d'une recherche Google, la préparation des sujets de baccalauréat étant entourée du plus grand secret, nous ne saurons jamais comment un enseignant a imaginé un timbre plutôt qu'une affiche ou un discours de Mao pour illustrer la première partie des relations de la Chine communiste avec le reste du monde.
* : aux futurs élèves de terminale, ceci n'est pas un blog pédagogique. L'utilisation de mes expressions dans vos copies est à vos risques et périls.
Amusante collision d'informations au passage de 2011 à 2012.
Le 15 décembre, le mensuel Atouts timbres offre un feuillet soviétique à la gloire de la politique céréalière de feue le grand frère communiste. C'est gentil, thématique et historique... et pas cher : Trois semaines ensuite, dans Stamp Magazine de février 2012, Tony Lancaster rapporte le résultat d'une bien singulière vente aux enchères chez Spink : des cartons à débarasser le 29 novembre 2011.
Vingt millions de timbres d'URSS émis entre 1963 et 1991, en double par plusieurs dizaines de milliers. Les photographies dans le catalogue de vente montre des exemplaires collés sur les tranches pour se repérer dans ce stock d'invendus saisissant.
En prenant les cotes Yvert et Michel multipliées par le nombre d'exemplaires (voir tableaux dans ledit catalogue, la maison d'enchères assurait une ahurissante cote de plus de dix millions d'euros.
Mise à prix : 100000 €. Prix de vente : 97000 livres sterling, soit environ 115000 euros. 115000 euros divisés par 20 millions de timbres = j'ai bien acheté du papier journal avec un article surSerge Markó et pas le feuillet-cadeau.
Dernier mystère : d'où provient de stock ? Des stocks de la poste russe (Spink parle de cartons tels que préparés par la poste) ? D'un marchand-grossiste qui a perdu patience d'écouler tout cela ?
Pas un mystère : des offres d'années complètes d'URSS, de thématiques à gogo vont bientôt fleurir.
Le timbre-poste est souvent décrit comme un signe de la souveraineté d'un État.
Nombre de nouveaux États émettent des timbres, alors même que le gouvernement est encore provisoire, qu'une guerre est encore en cours, qu'il n'y a pas de système postal en place : de la Tchécoslovaquie en 1918 à la Transnistrie depuis 1991, sans oublier les trois opérateurs postaux de Bosnie-Herzégovine.
Plusieurs mouvements indépendantistes utilisent des vignettes dentelées pour se signaler : les porte-timbres bretons, les vignettes écossaises (voir Gibbons Stamp Monthly de janvier 2009), etc.
Les Armes de la Victoire, timbre commémoratif de la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Mais, les timbres-poste restent utiles aussi pour les États en place. Les tensions caucassiennes se rappellent à notre souvenir avec la tumultueuse relation entre la Géorgie et la Fédération de Russie, un an après un court conflit autour des problèmes abkhazes et ossètes, en plein Jeux olympiques, sans aller jusqu'aux conflits tchéchènes (république illustrée d'un timbre touristique cette année).
Côté russe, le programme philatélique 2009 déposé au Système de numérotation de l'AMDP annonce clairement la couleur de la fierté nationale par le fait militaire :
- les villes réputées pour leurs soldats... on est loin des timbres touristiques du reste du monde ;
- la victoire à la bataille de Poltava en 1709 ;
- l'anniversaire du musée central de la Marine (sous-entendu de Guerre de Saint-Pétersbourg) ;
- une histoire des Cosaques ;
- la victoire de 1945 d'après les armes utilisées par l'Armée rouge ;
- des anniversaires de pilotes d'aéronef militaires, dont la naissance de Youri Gagarine, qui meurt à bord de son chasseur.
Le message est également tourné vers l'étranger avec le rappel des cinquante ans de la flotte nucléaire.
Pour rappeler que la Russie accueille les peuples : timbre pour les quatre cents de la première mention de Kalmouks dans l'Empire. Le nom de ses descendants de migrants mongols signifiant « ceux qui sont restés ». Aujourd'hui, la république de Kalmoukie se trouve à proximité de cette charmante région montagneuse qu'est le Caucase.
La diplomatie évitera-t-elle de nouveaux conflits post-URSS ? Il faudra beaucoup d'efforts : émis le 18 juillet, un timbre en hommage au ministre soviétique Andreï Gromyko, alias monsieur Niet, diplomate et ministre des Affaires étrangères pendant les trente années les plus glaciales de la Guerre froide, un des plus conservateurs communistes des années 1980...